L ère du contexte, R. Scoble et S. Israel

L'ère du contexte de Robert Scoble et Shel Israel, publié chez Diateino : critique

La préface l’annonce : « L’ère du contexte décrit notre capacité d’adapter notre environnement à nos besoins, d’en extraire les informations pour optimiser nos choix et d’accroître notre efficacité » (9). Et de poursuive et citant Robert Scoble et Shel Israel : « il résultera de ce lien entre les gens et les machines une population en meilleure santé, mieux informée, plus consciente des changements de son environnement, plus sûre, plus efficace et plus productive » (13). Ah, cette tentation de la performance, par ailleurs décrite (décriée ?) par Lipovetsky !

L'ère du contexte de Robert Scoble et Shel Israel, publié chez Diateino

L’ère du contexte de Robert Scoble et Shel Israel, publié chez Diateino

Les auteurs de L’ère du contexte sont aussi ceux de Naked conversations, publié 2006. Tout comme son prédécesseur, cet ouvrage au titre marquant permettra, lui, de découvrir les objets connectés, prémisses à des approfondissements sur divers secteurs et marchés comme la santé (11, 168), la maison (235), l’automobile (113) ou l’hôtellerie restauration (248), mais aussi sur l’intérêt des little data (38).

Ce livre examine en effet cinq technologies : « appareils mobiles, réseaux sociaux, Big Data, capteurs et technologies géolocalisées » (18)… avec une faible profondeur d’analyse et avec un désordre intra chapitre déroutant.

Le lecteur goûtera le rappel de L’économie de l’intention, chère à Doc Searls, les exemples intéressants versant parfois dans le catalogue d’exemples presque tous US et non liés (200). Il sera navré des tranches de vie (145, 149…) inutiles, des fictions improbables (215), des synthèses de l’existant (ch. 2 sur Google Glass) sans éclat, des conseils raplapla : « amenez votre entreprise au client au lieu de faire venir votre client à vous  » (243) et du bullshit réitéré (18, 19, 171, 254). Sans compter l’écologie, butinée (161), les business models, la sociologie et la stratégie totalement ignorés (mobiliser Rifkin ne suffit pas), l’absence de renvois à des études, au-delà de leur simple citation (16, 198)… tandis que les auteurs parlent longuement et anecdotiquement d’eux, pour finir par nous faire part de leurs de rêves inquiétants, comme ceux formulés dans l’Épilogue.

A ce propos, et si nous usions de notre discernement pour mieux déterminer les avantages et inconvénients des « little brothers » (non abordés) au-delà d’une vision fantasmée et idéalisée (250) ? Et si la surveillance de nos actes, de notre santé et de nos échanges vocaux (262) préfigurait celle de nos pensées (274) ?

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Les citations-clé

  • Les données, c’est l’oxygène de l’ère du contexte (37)
  • Plus vous donnez d’informations sur vous, plus le monde peut vous apporter ce que vous voulez (92), citation de Sam Lessin, qui nous semble proche des thèses de Jeff Jarvis et hyper globalisant puisque « le monde » est surtout mis pour Google…
  • Les technologies contextuelles aident les vendeurs en ligne à se rapprocher des clients, tout en aidant les entreprises traditionnelles à s’en éloigner (106).

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Un article de notre dossier Marketing des objets connectés

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Planneur stratégique. Profil de Serge-Henri Saint-Michel et articles publiés.


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