L’avenir du travail, sous la direction de Jacques Attali, chez Fayard

L avenir du travail, sous la direction de Jacques Attali, chez Fayard
L avenir du travail, sous la direction de Jacques Attali, chez Fayard

L avenir du travail, sous la direction de Jacques Attali, chez Fayard

Jacques Attali articule son livre en deux parties majeures, « demain, le travail dans le monde » et dans un second temps un thème plus ciblé sur l’avenir du travail en France.

Dans le début de cette première partie, Jacques Attali ne fait que décrire ce que d’autres ont fait 50 ans avant lui, en correspondance avec l’an 2000 au lieu de l’an 2050 : « en l’an 2000, on vivra avec des robots ». Très bien, mais cela ne ressemble qu’à un vague descriptif de « ce qui pourrait nous arriver » et bien que celui-ci s’appuie sur des faits de société tel que Second Life, il ne nous décrit malheureusement pas les mécanismes qui pourraient nous amener à de tels changements. En effet, dans cet ouvrage Jacques Attali énumère de nombreux lieux communs sur l’avenir du travail, avec une opposition Nord Sud, une augmentation de la population mondiale, l’allongement de la longévité dans les pays occidentaux, la remise en question du système de retraite…, mais ne va guère plus loin et reste en surface. En revanche, on ne peut nier son talent d’écriture.

D’autre part, la société se dirige vers une hyper informatisation, qui tend vers un genre « Big Brother » où selon l’auteur les mathématiciens, informaticiens et ingenieurs seront les acteurs prépondérants de cette future société. Mais ces prévisions sont à nuancer car il faudra évidemment des informaticiens mais surtout un langage informatique universel et intelligible par le travailleur lambda.

Ensuite, il nous fera un descriptif des changements opérés au niveau de l’organisation elle-même du travail avec le développement des travailleurs « nomades », en mode « troupe de théâtre » réunie pour un projet unique. Cette nouvelle organisation du travail pourrait effectivement bien évoluer dans ce sens avec le développement des entreprises de travail temporaire. Celles-ci pourraient alors avoir le rôle de chef d’orchestre du recrutement et ainsi pallier aux aléas démographiques du Papyboom. Ce que les entreprises ne seront pas prêtes à gérer seules.
Nous pouvons constater que J. Attali prévoit la disparition de certains secteurs d’activités, mais la création d’autres qui pallieront au chômage.
Les générations futures seront amenées à effectuer leur travail tel des « missions » et devront ainsi faire preuve de plus de mobilité et de formations en continue afin de pouvoir suivre les avancés technologique de plus en plus prédominante. Le travail s’effectuera donc en tant que tâches par intermittence. Dommage que dans son ouvrage, il ne s’attarde pas sur les différents types de contrats de travail considérés comme précaires, du type Contrat Nouvelle Embauche (CNE…).

Puis, il posera de nombreuses questions quel droit du travail ? Quels métiers seront exercés dans 50 ans ? Allons-nous vers une société hyperindustrialisée ? Les effets de la mondialisation pour la France (les transformations du travail, l’augmentation du temps contraint, la diminution du temps de travail, l’allongement du temps de loisirs…) ? Mais malheureusement ni J.Attali, ni personne ne peut répondre à ces questions de façon certaine et objective.

Cependant la deuxième partie de cet ouvrage, sur l’avenir du travail en France, paraît plus concrète et apporte quelques solutions qui nécessiteront un bouleversement social et culturel avec une approche du travail totalement différente aussi bien au niveau privé qu’au niveau public.
Par exemple, lorsqu’il aborde la Relocalisation des entreprises qui se sont expatriées pour des raisons de main d’œuvre bon marché, mais reviendront en France par soucis de compétences et savoir-faire.

En revanche, la question sur l’avenir du travail des femmes est ultra pessimiste et même réductrice en se bornant à la fonction procréatrice de la femme, une approche sexiste, voire misogyne!

Nous pouvons donc nous interroger sur ce futur proche qui s’avère rassurant ou alarmant :
Faut-il être rassuré quant au développement de divers services prédominants ou craindre cette mouvance perpétuelle qui, à fortiori, s’accentuera dans les années à venir ?
Jaques Attali, par le biais de ce livre, cherche – t – il à nous prévenir afin de nous préparer à ces hypothèses concernant l’avenir du travail ?

Ce que nous retiendrons du livre :
« A partir des développements qui précédent, on voit se dessiner un monde de plus en plus mobile, changeant, précaire, instable. Jamais le travail des hommes n’aura évolué autant qu’il se trouvera modifié au cours des cinquante prochaines années ». p.147
Une citation qui se veut définir le monde du travail mais qui peut tout aussi bien être adaptée au monde de l’intérim.

Extrait du livre L’avenir du travail :

« Demain, le travail dans le monde : de plus en plus de demandeurs d’emplois. Commençons d’abord par quelques évidences démographiques : demain le monde sera peuplé par de plus en plus de personnes à la recherche d’un emploi. La population mondiale en âge de travailler continuera d’augmenter, comme elle augmente depuis toujours : de 1995 à 2005, elle est passée de 3,9 milliards à 4,6 milliards. Si l’on extrapole d’après les lois de l’histoire les plus vraisemblables, à l’horizon 2015, la population mondiale en âge de travailler s’élèvera à quelque 5,35 milliards de personnes dont les deux tiers seront économiquement actives, soit près de 3,5 milliards. Environ 3 milliards d’entre elles vivront dans les pays en développement, dont 60 % en Asie. En 2050, la population en âge de travailler aura augmenté de près de moitié, pour atteindre environ les 7 milliards.
Autrement dit, 40 millions de personnes rejoindront chaque année le marché mondial du travail, soit l’équivalent d’une fois et demie la population active française. Ces nouveaux arrivants seront principalement des pauvres vivant dans les campagnes et les bidonvilles des grands pays émergents. Tous ne travailleront pas ; tous souhaiteront le faire.
Malgré cette croissance du nombre d’êtres humains en situation de demande d’emploi, les pays du Nord, eux, manqueront de main-d’oeuvre en raison de leur vieillissement. Aussi le chômage s’y réduira-t-il par un simple effet démographique, et d’autant plus vite que la formation professionnelle sera adaptée aux besoins.
Par exemple, aux États-Unis, selon les estimations de l’Employment Policy Foundation, dans les trente prochaines années, une pénurie structurelle d’actifs bouleversera la situation : le nombre de jeunes arrivant sur le marché du travail sera très inférieur au nombre de membres de la génération des baby-boomers qui partiront à la retraite. Cela entraînera certes une réduction très significative du chômage, mais aussi une hausse de l’inflation et un ralentissement massif de la croissance » p. 13

La critique de cet ouvrage a été réalisée par Cécile, Caroline et Estelle, diplômées de l’ESP.

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Planneur stratégique. Profil de Serge-Henri Saint-Michel et articles publiés.


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