Les sept savoirs nécessaires à l éducation du futur, Edgar Morin - Marketing Professionnel e-magazine

Les sept savoirs nécessaires à l éducation du futur, Edgar Morin

À la demande de l'UNESCO, Edgar Morin propose les savoirs nécessaires à intégrer à l’enseignement pour s’adapter à la complexité du monde actuel.

L’erreur et l’illusion menacent la connaissance. Edgar Morin fait un rapprochement entre la maladie « cécité », qui est une déficience visuelle totale, et un aveuglement de la véritable connaissance.

Les perceptions sont le fruit d’une accumulation de ressentis délivrés par nos sens : le toucher, la vue, l’odorat, le goût, l’ouïe. Les erreurs de perceptions parasitent l’esprit humain puisque très subjectif et unique à chaque individu.

À cette erreur de perception s’ajoute l’erreur intellectuelle. La connaissance peut être déformée par notre interprétation de cette information ou bien en fonction des interlocuteurs.

L’esprit humain nous joue des tours. Inconsciemment, nous modifions et nous mentons à nous-mêmes, ce qui provoque des erreurs de décryptage. La mémoire fait partie de nos faiblesses car nous changeons le cours de nos souvenirs en les rendant plus ou moins beaux. Ce sentiment de déjà vécu ou de ne jamais avoir été présent à un souvenir est très courant et fait de la connaissance une évidence très bancale.

Toute connaissance humaine est menacée par l’erreur et l’illusion. Si l’homme venait à l’ignorer, là serait sa plus grande erreur et désillusion. Nous devons donc prendre du recul sur ce que nous souhaitons communiquer et nous appuyer sur des informations prouvées et universelles.

La croyance : unique et personnelle

Un paradigme est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent du monde qui repose sur un fondement défini. Nous agissons donc de la manière dont nous pensons que nous devons agir. Seulement ce paradigme peut aveugler l’être humain.

Les croyances et convictions qui règnent sur une société imposent à tous de les suivre. Mais cette situation emprisonne la connaissance en la plaçant dans une case unique. Les êtres humains entrent donc dans un conformisme qui les aveugle sur la vérité. En société, cela se confirme et il est important de se différencier car nos idées et nos croyances reposent sur nos expériences : ce n’est pas inné.

Mais il faut faire attention, le vécu et l’appropriation de ces idées renforcent notre entêtement à vouloir les croire. Le principal obstacle intellectuel à la connaissance est nous-mêmes.

Une idée évolue car le futur accueille de nouvelles théories et nous devons nous préparer à la remettre en question pour embraser cette nouvelle pensée plutôt que de la rejeter en restant dans le passé. Les possibilités d’erreurs et d’illusions sont multiples et constantes,  autant issues des idées extérieures que nos idées.

Un puzzle construit vaut mieux que des pièces détachées

Edgar Morin préconise de ne pas nous contenter de données isolées car celles-ci sont erronées. Elles ont besoin d’être situées dans leur contexte pour prendre sens. Il faut allier la connaissance des différentes parties avec la connaissance de la globalité.

Prendre partie par partie n’est pas bénéfique : c’est le global qui prime. Chez un être humain qui est à la fois biologique, physique, social, affectif, rationnel ou la société qui comporte des données historiques, économiques, sociologiques, religieuses… offre une multi dimensionnalité des données. Chaque donnée a besoin des autres pour se définir. En communication, cela se définit similairement. Il ne faut pas se fier uniquement à la globalité de l’information mais s’attarder sur chaque détail qui la compose. C’est grâce à cela que nous allons comprendre au mieux l’idée.

La condition humaine au cœur de tout enseignement

Prendre conscience du processus évolutif qui a progressivement transformé des primates en humains est primordiale pour l’éducation.

L’homme porte une unidualité : pleinement biologique, pleinement culturel et sont pris dans trois boucles :

  • La boucle cerveau/ esprit/ culture
  • La boucle raison/ affect/ pulsion
  • La boule individu/ société/ espèce

En plus de leur unité, il y a une diversité humaine dans le domaine individuel (cérébrale, mentale, psychologique, affective, intellectuelle), dans les cultures, et dans la société.

Une nouvelle identité terrienne liée à la mondialisation

Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur, Edgar Morin

Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur, Edgar Morin

Le XXème siècle a été marqué par le processus de mondialisation. On peut caractériser ce phénomène comme l’ouverture des économies nationales sur un marché mondial, entraînant une interdépendance croissante des pays. A l’origine de ce processus nous trouvons les guerres du XXème siècle, elles ont participé à l’augmentation de la communication entre les communautés et les continents. Cette mondialisation a changé les habitudes de penser et de vie de chaque individu sur Terre. Grâce à ce processus les systèmes d’informations et de communication se sont fortement développés, jusqu’à aujourd’hui noyer les hommes sous des tonnes d’informations. La mondialisation a rendu le fonctionnement du monde complexe, en effet nous rencontrons des conflits en l’unité de l’homme grâce à la mondialisation vs. sa diversité de par ses cultures différentes. Ce monde fonctionne de façon complémentaire mais aussi antagoniste.

Nous pouvons donc remarquer que le XXème siècle a fortement modifié le monde et les entreprises qui maintenant travaillent de plus en plus dans le cadre de la mondialisation (ouverture des marchés à l’étranger) ; il a donc fallu adapter les techniques de communication à l’unité du monde tout en respectant la diversité des communautés. Les supports de communication ont aussi évolué (télé, radio, internet…) ; il a donc fallu changer les modes de communication pour s’adapter à ces différents supports.

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Les legs du XXème siècle et changement des mentalités

Le XXème siècle a laissé derrière lui plusieurs héritages à la communauté terrienne. Ces héritages ont laissé des traces et ont changé la vision du monde pour les individus. D’après Edgar Morin, le XXème siècle a laissé plusieurs héritages :

  • La mort : avec la naissance des armes nucléaire et donc la possibilité de la mort globale, les enjeux liés à la mort écologique et donc à la mort de la planète ;
  • La mort de la modernité : la science est ambivalente elle peut provoquer la vie mais également la mort ;
  • L’espérance : le troisième millénaire repose sur la possibilité d’une nouvelle création du XXème siècle.

En somme,la science va permettre d’aider au développement de la Terre, mais elle peut aussi aider à la création des pires conditions de mort.

Ces héritages ont changé la vision du monde, en changeant cette vision la communication a aussi évolué. Nous devons de nos jours communiquer sur les nouveaux enjeux, communiquer sur les aspects futurs de nos vies comme l’écologie, et éduquer ces nouvelles générations en utilisant la communication.

Vers une communication globale ou unitaire

Le processus de mondialisation fait ressortir une question : sommes-nous d’abord terriens ou français ?

Cette interrogation sous-entend que la terre serait notre patrie ets que les individus ont une culture d’être terriens qui se base sur…

  • La conscience écologique, nous vivons sur la même sphère vivante ;
  • La conscience civique, la responsabilité et la solidarité entre les Hommes ;
  • La conscience spirituelle, l’exercice complexe de la pensée qui permet de nous entre-critiquer.

Au vu de cette question, il faut faire ressortir une seconde interrogation : doit-on faire de la communication globale pour tous les terriens ou bien l’adapter à une plus petite échelle ?

Malgré la mondialisation, il ne faut pas oublier que l’être humain est une personne à part entière et que chaque être humain est une personne différente. Le pays de naissance et la culture présente dans ce pays qui va sociabiliser l’individu. Il ne faut donc pas oublier d’adapter sa communication aux différentes cultures malgré la mondialisation et la naissance de la culture terrienne.

La communication pour la compréhension afin de lutter contre l’incertitude

Le monde est un milieu incertain, il a été créé sur une incertitude qui est que la Terre a été créée avec un ramassis de matière (Big Bang). Le futur est aussi un élément incertain, nous ne pouvons pas prédire celui-ci. Il faut donc affronter ces incertitudes avec l’éducation et l’information qui passe tous deux par la communication. Cette éducation doit revenir sur les incertitudes liées à la connaissance :

  • Connaissance cérébro-mentale : traduction et reconstruction ;
  • Connaissance rationnelle : qui relève de la raison ;
  • Connaissance logique ;
  • Connaissance psychologique : l’Homme ne peut être à 100% conscient de ce qui se passe dans son esprit.

Après avoir lutté contre ces incertitudes il faut enseigner la compréhension. Pour enseigner cette compréhension aux Hommes il faut communiquer, mais la communication peut tout de même laisser une incompréhension générale. La compréhension est une finalité de l’éducation future ; l’un des éléments de cette compréhension est la communication. Cependant la communication ne peut pas apporter à elle seule la compréhension. La communication transmet l’information et cette information apporte l’intelligibilité qui est la première condition à la compréhension, mais ce n’est pas suffisant.

Cependant il existe des obstacles à la communication…

  • Le bruit qui peut parasiter la transmission du message et sa compréhension ;
  • La polysémie : l’orateur énonce son message dans un sens mais il est entendu dans un autre par le récepteur ;
  • L’ignorance des rites et des coutumes d’autrui, la communication doit s’adapter à autrui afin de réussir la transition du message et sa compréhension et son acceptation ;
  • L’incompréhension des valeurs d’autrui, ne pas tenir compte des valeurs d’autrui ne permet pas de faire passer un message ;
  • L’incompréhension des impératifs éthique ;
  • Une vision du monde différente selon les individus ;
  • L’incompréhension d’une structure mentale à une autre.

Afin de réaliser une bonne communication nous devons tenir compte de ces freins à la compréhension, nous y adapter et trouver des solutions.

Avec la mondialisation la compréhension et la communication sont devenues internationales. Mais mondialiser ne veut pas dire rendre ces deux éléments similaires pour tous.

Auteures : Marion Castaldi et Léa Lambermont

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Un article du dossier : Les auteurs du XXIe à dévorer cet été

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Sources :

  • http://ressources.be/blog/les-sept-savoirs-necessaires-leducation-du-futur-edgar-morin
  • https://www.travail-social.com/Les-sept-savoirs-necessaires-a-l https://fr.wikipedia.org/wiki/Sept_savoirs_nécessaires_à_l%27éducation_du_futur
  • http://www.ecole-des-finances-personnelles.fr/les-sept-savoirs/
  • https://www.festival-ecole-de-la-vie.fr/7-savoirs-necessaires-a-leducation-futur/
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