Tout va mal… je vais bien ! Philippe Bloch

Critique du livre Tout va mal... je vais bien ! de Philippe Bloch

Miser sur la « force de la contagion émotionnelle » (34), contourner la peur panique de l’avenir (qui vient après celle du progrès comme le précise par exemple Edgar Morin, avec la « l’ère damocléenne »), pour nous « obliger à tout repenser et à imaginer de vraies solutions de rupture » (258), faire preuve d’initiative (262), « parvenir à cumuler la dimension plaisir de la vie et fierté d’avoir un but et de faire chaque jour des choses qui ont du sens » (279)… sont les objectifs de cet ouvrage de Philippe Bloch, orienté développement personnel.

Tout va mal... Je vais bien ! de Philippe Bloch

Tout va mal… Je vais bien ! de Philippe Bloch

Les premiers pas ? « Modifiez le regard que vous portez sur votre vie. Recommencez à croire en vous. Arrêtez de préférer la souffrance au changement. » (280). Inspirez vous de Tu seras un homme, de R. Kipling… et des nombreuses citations pertinentes.

Nous restons cependant interloqués par quelques passages comme « les signes avant-coureurs d’une renaissance par le peuple » (267), l’invitation à mettre en place une société dans laquelle chacun pourra « être libre de vivre, d’entreprendre, de travailler et de consommer comme [il] le souhaite » (266).

Pas certain que cela se fasse à grands coups d’idéologie libérale, de mondialisation, d’autonomie contrainte et « d’entrepreneur de sa propre vie » impulsée par une société liquide qui pousse les individus à s’autonomiser et parfois à se faire exploiter sous une forme « consentie » par des hédonistes, des chasseurs de prix et des détricoteurs de solidarité ? Certes, c’est une question de point de vue… Alors oui, comme le dit Philippe Bloch, « nous ne pouvons pas à la fois adhérer à la révolution collaborative des usages et en rejeter les conséquences sur l’organisation sociale, fiscale, juridique, économique, concurrentielle et politique de notre société ». Et, prophète, d’affirmer que « les tensions vont le multiplier dans tous les secteurs d’activité ».

Surtout si chacun voit midi à sa porte et est le client et le fournisseur du voisin… Le « monde de merde » est aussi un monde sans lien, un monde 100% commercial.

Acheter Tout va mal… Je vais bien ! de Philippe Bloch, pour « vivre heureux dans un monde de merde » (couv.).

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Pour une future édition, à noter qu’aucun avion ne s’est jamais écrasé aux pieds des Alpilles (56).

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Planneur stratégique. Profil de Serge-Henri Saint-Michel et articles publiés.


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