A l’aise la crise (pour les français les plus riches) !

Les Français les plus riches sont relativement épargnés par la crise

Les Français les plus riches sont relativement épargnés par la crise

Le moral économique des Forts Potentiels Economiques se dégrade

Le moral économique des FPE (les 10% de la population française vivant dans les foyers les plus aisés), déjà malmené lors de la précédente vague d’enquête en janvier 2008, poursuit sa chute. Il atteint même son plus bas niveau depuis la création du baromètre : pour la première fois, l’indice du bilan rétrospectif est négatif (-12 points vs + 5 points en janvier 2008 et + 12 points en juin 2007).

En effet, la part de FPE dressant un bilan positif de l’année passée est en net recul (15%, -14 points par rapport à janvier 2008).

Pour autant, les FPE ne sont pas tellement plus nombreux qu’en janvier 2008 à constater une détérioration de leur situation financière (27%, +3 points). En revanche, une proportion plus importante fait état d’une situation financière stable (58%, +11 points).

Cette évolution négative concerne plus particulièrement les moins de 35 ans : ils étaient 41% en janvier 2008 à faire état d’une amélioration de leur situation financière. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 19% à établir un bilan positif. Cette population, qui avait déjà connu une dégradation de son moral lors de la dernière vague, paraît donc de plus en plus morose. Les plus de 35 ans subissent eux aussi les effets de la crise sur leur moral économique, mais dans des proportions moins drastiques.

On observe le même phénomène lorsque les FPE se projettent sur les deux prochaines années : la part de FPE envisageant une amélioration de la situation financière de leur foyer au cours des deux prochaines années recule (20%, -7 points). Pour autant, les FPE ne sont pas tellement plus nombreux à anticiper une détérioration (24%, +2 points). En revanche, une proportion plus importante prévoit une situation stable (53%, +5 points). L’indice de défiance en l’avenir retrouve ainsi sont niveau de janvier 2007. A noter que cette baisse d’optimisme est portée par les 35 ans et plus.

La situation économique selon les FPE : pas terrible, mais sans grand impact sur les habitudes de consommation

Une très large majorité de FPE (85%) qualifie la situation économique en France de mauvaise. Cette répartition est quasi identique chez l’ensemble des Français : 89% d’entre eux jugent la situation économique mauvaise*.

Pour autant, la majorité des répondants (55%) n’ont pas l’intention de modifier leurs habitudes de consommation dans les trois prochains mois. Et parmi les FPE envisageant un changement à ce niveau, la plupart (40%) ne modifieront que peu leurs habitudes.

Un sentiment de pouvoir d’achat stable mais une « envie de dépenser » en baisse

La perception du pouvoir d’achat ne paraît pas affectée par ces perceptions négatives sur la situation financière du foyer.

En revanche, l’inquiétude des FPE envers l’avenir se traduit par une baisse d’envie de dépenser (-4 points). Une baisse à relier certainement à la prévoyance de la cible et à une baisse d’envie de consommer dans un contexte économique morose.

Plus de difficultés à épargner depuis janvier 2008

Avec un indice de facilité d’épargne en baisse constante depuis juin 2007 (baisse de 4 points par rapport à janvier 2008, de 17 points par rapport à juin 2007), les FPE témoignent plus de difficultés à épargner.

Pour autant, s’il a subi une baisse de 4 points en janvier 2008 par rapport à juin 2007, l’indice d’épargne n’est pas affecté sur cette vague : les FPE sont aussi nombreux à épargner qu’en janvier 2008, malgré les difficultés croissantes rencontrées pour mettre de l’argent de côté.

Notons que les moins de 35 ans sont particulièrement concernés cette baisse de la facilité à épargner. Cette cible, qui avait traditionnellement plus de facilité à épargner que les FPE dans leur ensemble, se fond ainsi peu à peu dans la moyenne.

Le livret : la part belle à la sécurité en termes de placement dans la conjoncture actuelle

Lorsque l’on interroge les FPE sur le type d’épargne ou de placement qu’ils privilégient dans la conjoncture actuelle, le livret arrive nettement en tête, loin devant les autres produits d’épargne ou de placement : 40% le citent en premier. Au total, 61% des FPE se réfugient sur le livret dans le contexte actuel. Le livret est surtout apprécié des jeunes et des FPE qui ne vivent pas en couple.

Derrière, l’Assurance vie obtient au total un score de 40% (45% chez les 35 ans et plus et 61% chez les retraités), suivie par les placements immobiliers (34%).

Dans les dernières positions, on retrouve assez logiquement les placements réputés comme étant moins sécurisés : les produits garantis / structurés (16%), les actions (11%), les OPCVM (7%).

Une vision prudente, mais la moitié des FPE demeurent confiants

Dans l’esprit des FPE, la crise économique et financière va clairement durer : la quasi-totalité des répondants (94%) est de cet avis. Cette opinion est également très majoritairement répandue (à 95%) chez l’ensemble des Français*.

En revanche, quand il s’agit d’anticiper la durée de cette crise, signe de la plus grande incertitude sur la question, les avis sont partagés de manière parfaitement égale : 47% estiment qu’elle durera plusieurs mois, 47% estiment qu’elle durera plusieurs années. On soulignera qu’à cet égard, les Français dans leur ensemble sont plus pessimistes : 39% estiment que la crise durera plusieurs mois, 56% qu’elle durera plusieurs années*.

Enfin, lorsqu’ils envisagent le futur d’une manière générale, les FPE font preuve d’une confiance très mitigée : 49% s’estiment confiants. Mais la majorité des répondants se positionnent sur les items « plutôt confiant » ou « plutôt inquiet », sans oser formuler un avis plus radical. Là encore, on peut y voir la manifestation d’une grande incertitude quant à l’avenir de la situation économique et les issues possibles de la crise.

Source : Ipsos

avatar
Planneur stratégique. Profil de Serge-Henri Saint-Michel et articles publiés.


Commentez !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *