Farines et ententes : la meunerie prise le nez dans la farine

L'Autorité de la concurrence vient de rendre une décision par laquelle elle sanctionne une entente, un cartel franco-allemand des farines à hauteur de 95,5 millions d'euros

Axiane Meunerie (44 M€ d’amende), Euromill Nord (35 M€ d’amende), Grands Moulins de Paris SA (24,6 M€), Minoteries Cantin (23,6 M€), Grands Moulins de Strasbourg (18,9 M€)… En tout sept meuniers français fabriquant de la farine en sachets sont sanctionnés par l’Autorité de la Concurrence pour la somme rondelette de 146,9 millions d’euros.

« France Farine », une des société ayant « joué le rôle de meneur » a même vu sa sanction majorée de 10% !

« Meunier tu nous endors »

Les arguments relevés par l’Autorité de la Concurrence, plutôt consuméristes, sont que « ce cartel constitue l’une des infractions les plus graves aux règles de concurrence, dans la mesure où il confisque le bénéfice que les consommateurs sont en droit d’attendre d’un fonctionnement concurrentiel de l’économie. La farine est un produit de base entrant dans la composition de nombreuses préparations culinaires faites à domicile, ce qui en fait un produit de consommation courante indispensable. Le dommage aux consommateurs généré par l’entente est donc d’autant plus important que la demande des consommateurs en farine en sachets est relativement peu élastique au prix compte tenu de l’absence de produits de substitution. » car ce carte « a mis les meuniers français à l’abri de la concurrence des meuniers allemands et empêché que ces derniers viennent animer la compétition sur le marché français », conduisant au « verrouillage du marché français » et « causant aux consommateurs français un dommage important notamment du fait de sa durée très longue » (de 2002 à 2008).

L'Autorité de la concurrence vient de rendre une décision par laquelle elle sanctionne une entente, un cartel franco-allemand des farines à hauteur de 95,5 millions d'euros

Cartel des farines : tamisé sur le mauvais cheval :)

Outre le plaisir de voir la justice passer, après 3 années d’enquête, le marketeur prendra plaisir à la clarté des références théoriques de l’Autorité, qui parle de demande élastique, pas de prix élastique (mes étudiants comprendront le clin d’œil), et évoque les produits de substitution, dans une logique chère à Michael Porter !

Notons que cette décision est susceptible de faire l’objet d’un recours devant la cour d’appel de Paris et que d’autres procédures sont en cours concernant le secteur de la meunerie en Europe (Allemagne, Pays-Bas, Belgique).

Jeu : Quel fut le lien entre le milieu de farine / meunerie et celui des télécoms ? Réponse ici… Bon sang ne saurait mentir, en effet.

Aller plus loin :

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Planneur stratégique. Profil de Serge-Henri Saint-Michel et articles publiés.


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