Le Nutri-score oriente la consommation et s installe en référence chez les consommateurs - Marketing Professionnel e-magazine

Le Nutri-score oriente la consommation et s installe en référence chez les consommateurs

Nutri-score : les ventes de produits équivalents 'A' et 'B' représentent 31% du chiffre d'affaires alimentaire en grandes surfaces ; sa notoriété s'accroît chez les consommateurs

Après bientôt deux ans depuis l’entrée en vigueur du Nutri-score, près de 200 industriels apposent le logo sur leurs produits. Au-delà de ces entreprises déjà engagées, Nielsen s’est appuyé sur différentes sources pour faire la première analyse « nutritionnelle » des ventes de produits alimentaires en France. Ce sont ainsi 92 000 produits qui ont été étudiés selon leur valeur nutritionnelle, traduite par leur score Nutri-score A, B, C, D ou E.

Si 14% des consommateurs accordent déjà de l’importance au Nutri-score présent sur les emballages, ce dernier s’inscrit dans un mouvement général vers des produits plus sains. Globalement, les ventes de produits équivalents ‘A’ et ‘B’ représentent 31% du chiffre d’affaires alimentaire en grandes surfaces. Les deux scores sont en progression quand l’ensemble ‘C’, ‘D’ et ‘E’ est en recul.

Dynamisme des produits en Nutri-score « A » et « B »

Les produits avec de meilleures valeurs nutritionnelles (‘A’ et ‘B’) s’avèrent plus dynamiques que les autres sur la dernière année : le chiffre d’affaires des produits alimentaires typés ‘A’ et ‘B’ est en hausse (respectivement +1.0% et +0.8%) quand le total des produits ‘C’, ‘D’ et ‘E’ est en recul (seuls les ‘E’ résistent). Pour Emmanuel Fournet, Directeur Insights Distribution chez Nielsen, « ces chiffres sont la résultante d’un triple phénomène, conjonction de la volonté gouvernementale, des aspirations sociétales et des initiatives des différents acteurs, industriels et distributeurs. Les marques sont de plus en plus enclines à lancer des produits plus sains, à revoir leurs recettes, et les consommateurs montrent un appétit certain pour des produits plus sains. »

Les bonnes notes des rayons épicerie salée et surgelés salés

Mêmes si les produits ‘A’ et ‘B’ gagnent du terrain, leurs ventes restent en-deçà des autres groupes nutritionnels ; les ventes des ‘D’ et ‘E’ représentent près de la moitié des ventes des produits alimentaires étudiés.

En revanche au sein des rayons épicerie salée et surgelés salés, les produits notés ‘A’ et ‘B’ sont très bien représentés dans les ventes.

Les rayons les plus vertueux en 2019 : épicerie, frais non laitier et boissons

Si les produits typés ‘A’ et ‘B’ sont ainsi davantage vendus dans certains rayons, c’est la tendance qui est particulièrement révélatrice. On note en effet la progression de leurs ventes dans la majorité des rayons, tout particulièrement parmi les boissons sans alcool (tant produits ‘A’ que ‘B’), en épicerie (produits ‘A’) et au rayon frais, dans les univers traiteur et charcuterie (produits ‘B’ essentiellement).

« De plus en plus, les nouveaux produits arrivant en rayon proposent des compositions moins sucrées, moins grasses… Les biscuits, les glaces et boissons sans alcool sont particulièrement attentives aux attentes de « manger sain » des consommateurs, et revoient leurs recettes en conséquence, voire innovent comme les marques de soft-drinks avec de récents lancements de boissons au thé faibles en calories. Néanmoins, le manger sain ne saurait occulter totalement la gourmandise, c’est pourquoi les produits ‘E’ progressent encore dans leurs bastions, notamment au sein des glaces, des boissons ou de l’épicerie sucrée », précise Emmanuel Fournet.

Au sein des boissons aux fruits plates, les produits typés ‘B’ progressent (+14% en chiffre d’affaires), comme les ‘C’ (+23%) quand les ‘D’ progressent de 8% et les ‘E’ reculent (-1%).

Sur certaines catégories, la nouvelle dynamique nutritionnelle est flagrante. Ainsi sur les produits panés au rayon traiteur (type cordons bleus) : les références typées ‘A’ (+30% de ventes) et ‘B’ (+8%) gagnent du terrain sur les produits ‘D’ (-14%) et ‘E’ (+2%). Sur les jambons cuits également, le marché s’oriente vers davantage de produits ‘A’ et ‘B’.

Le Nutri-score s’installe chez les (jeunes) consommateurs

Aux côtés des applications comme Yuka qui ont pris place dans le quotidien des consommateurs, le Nutri-score complète l’arsenal des informations utilisées par les Français pour guider leurs achats alimentaires. Alors que le Nutri-score n’est pas obligatoire, il atteint déjà une notoriété conséquente et un impact significatif.

14% des Français disent prêter attention au Nutri-score : le label se classe pour l’instant n°11 sur 20 parmi les logos et labels, un classement dominé par le Label Rouge, les AOC (Appellations d’Origine Contrôlée) et AOP (Appellations d’Origine Protégée). Malgré sa récente création, un consommateur sur sept prête déjà attention au Nutri-score lors de ses achats, nettement devant les certifications commerce équitable Max Havelaar et UTZ, et proche de la pêche durable MSC ou encore des IGP (Indications d’Origine Protégée).

Ce sont les plus jeunes qui y sont le plus sensibles : 20% des moins de 35 ans prêtent attention au Nutri-score, contre 16% des 35-49 ans, 14% des 50-64 ans et 9% seulement des plus de 65 ans.

Nielsen a également scruté les affinités des différents groupes de sa typologie nutrition* : le Nutri-score influence plus les consommateurs qui « contrôlent » leur alimentation comme les « bio-locaux », ainsi que les « esthètes » et les foyers montrant une « conscience animale ».

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Méthodologie

Afin d’observer les changements de consommation, Nielsen étudie les ventes de produits selon leur qualité nutritionnelle. Le travail de collecte résulte de la combinaison des fiches-produits des industriels, du site internet Open Food Facts et d’autres informations disponibles online.

* Les Français restent plutôt classiques (traditionnels, conviviaux). Les adeptes des régimes paléos, ayurvédiques, vegan etc… restent minoritaires mais ne sont pas à négliger. 6% des consommateurs sont typés « conscience animale », cf. https://www.nielsen.com/fr/fr/insights/article/2018/french-relationship-to-food-1-in-6-is-typed-bio-local/

2 Commentaires

  1. avatar

    Ehrard

    7 octobre 2019 at 17:04

    Petite distraction : contrairement à ce que dit votre intertitre, non, « Les produits salés » ne sont pas « mieux notés », mais les moins salés parmi les salés !
    Cdt

    • avatar

      Serge-Henri Saint-Michel

      8 octobre 2019 at 19:50

      Bien vu François et ravi que vous et l’ILEC nous lisent 😉
      #fierté
      Du coup, j’ai modifié l’intertitre, merci !

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