4 tendances de l’industrie alimentaire mondiale

Au menu : santé digestive, naturalité, nouvelles expériences sensorielles, minceur

Quatre grandes tendances de l’industrie alimentaire mondiale livrées à l’occasion du salon Food Ingredients Europe 2011 (à Paris !).

Au menu : santé digestive, naturalité, nouvelles expériences sensorielles, minceur

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La santé digestive

La santé digestive bénéficie du niveau de connaissance des consommateurs, lesquels sont prêts à payer plus cher pour des produits dont ils perçoivent un réel bénéfice. Tous sont convaincus par le caractère préventif, voire curatif, des probiotiques, prébiotiques et autres fibres sur leur système digestif, centre névralgique de la santé globale d’un individu.

Le marché des probiotiques. Les nouvelles technologies (comme la micro-encapsulation) permettent désormais d’inclure des probiotiques dans de nombreuses applications (chocolat, glaces, confiseries, jus de fruits, etc.). Mais les industriels doivent passer un cap réglementaire : les experts de l’EFSA ont pour l’instant rejeté en bloc les demandes d’allégations concernant les probiotiques.

Le marché des prébiotiques. Moins connus des consommateurs que les probiotiques, les prébiotiques nourrissent les bonnes bactéries dans l’intestin, et favorisent leur prolifération. Plus faciles à incorporer dans les formulations, plus résistants aux process, les prébiotiques seraient également mieux assimilables par l’organisme que les probiotiques. On les retrouve notamment dans les produits laitiers, les produits céréaliers, mais aussi les boissons, la confiserie, la baby-food…

Les fibres, les enzymes et certains extraits végétaux. Ils sont reconnus par le savoir populaire pour leurs vertus digestives. La consommation de fibres est en plus recommandée par les pouvoirs publics et les nutritionnistes.

La naturalité

Selon Euromonitor, le marché mondial des produits naturels pourrait représenter près de 155 milliards d’euros à l’horizon 2012. Toutefois, ne peut être considéré comme « naturel » par la réglementation en vigueur, qu’un produit, qui se trouve dans la nature, vendu en l’état ou après une transformation mécanique n’entraînant pas de modification profonde… Le « naturel », une utopie ?

Dans les faits, la naturalité s’illustre de trois manières : on trouve d’une part les produits « sans » éléments indésirables, les produits dits « enrichis en nature », ou encore les « back to basics » présentant une simplification de la liste des ingrédients.

Les produits « Free from… », ou comment mettre en avant ce que le produit ne contient pas. Si la tendance ne concernait au départ que les produits sans allergènes (gluten, lait, œufs…), elle a aujourd’hui gagné de nombreux autres segments, tels que le « clean label » (sans additifs, sans conservateurs, sans colorants, sans arômes artificiels, etc.), en écho à la montée en puissance des produits bio et à la publication en 2007 du rapport Southampton.

Autres bannis des formulations, les indésirables nutritionnels (acides gras trans, sucre, sel, aspartame, sirop de glucose-fructose) et environnementaux (OGM, pesticides, huile de palme, antibiotiques, hormones de croissance, etc.).

La tendance « toujours plus de nature ». Forts de l’ajout de naturel dans les formulations, les ingrédients mettent le végétal à l’honneur : fruits, légumes, céréales complètes, algues… de préférence bruts, pour effacer toute trace d’industrialisation : sucre de canne non raffiné en substitut du sirop de glucose, graines et noix grossièrement concassées plutôt qu’en poudre…

L’ère du « back to basics ». Simplifier la liste des aliments nécessaires à l’élaboration d’un produit rassure le consommateur : on n’utilise que des ingrédients connus et disponibles à la maison. On aurait pu le faire nous-mêmes, mais on nous simplifie le travail, en somme !

Tous les additifs – ou presque – existent désormais en version naturelle et/ou bio. Les fabricants d’ingrédients sont par ailleurs source de propositions pour répondre aux attentes des consommateurs, avec les substituts de gras, de sucre, de sel, les édulcorants naturels (stévia en tête), l’huile de palme issue de la production durable, et bien sûr les ingrédients bio.

Les nouvelles expériences sensorielles

Si la crise a provoqué chez les consommateurs une nostalgie du bon vieux temps, sur fond de packaging rétro, de recettes à l’ancienne, de terroir et de local, la recherche de nouvelles expériences sensorielles engendrée par la mondialisation s’est développée en parallèle, notamment pour les plus jeunes générations, avides de découvrir de nouvelles sensations venues d’ailleurs. L’idée : réveiller les sens, mettre un peu de vie et de gaieté dans le pessimisme ambiant.

La minceur

La planète compte 1,6 milliard de personnes en surpoids ou obèses : les chiffres devraient atteindre les 3 milliards d’ici 2050. Le marché de la minceur et de la gestion du poids reste donc très prometteur, avec un chiffre d’affaires estimé par Business Insight à plus de 116 milliards de dollars entre l’Europe et les Etats-Unis.

Deux courants illustrent la tendance : le marché de la minceur active (modérateur d’appétit, brûle-graisses, capture-graisses…) et la tendance « better for you » basée sur une meilleure hygiène de vie.

La minceur active. Modérateurs d’appétit, protéines, fibres, brûle-graisses, capture-graisses… Le marché de la minceur active était promis à un bel avenir jusqu’à ce que la crise et la nouvelle réglementation européenne sur les allégations de santé viennent mettre un frein aux innovations en Europe. La majorité des demandes d’allégations ont été rejetées : pour l’instant, seul le Glucommanan a reçu une allégation en matière de perte de poids, et quelques ingrédients ont reçu un avis positif concernant la réduction de la réponse glycémique post-prandiale.

L’ensemble des allégations autorisées seront publiées courant 2012 : les produits et ingrédients en bénéficiant devraient se développer rapidement sur le marché.

Le « better for you ». Si l’innovation est à la peine sur le marché de la minceur active, elle reste soutenue sur son pendant passif : les produits allégés en gras ou en sucre sont toujours plus nombreux.
Sur le marché des édulcorants intenses, le controversé aspartame reste en tête des ventes avec 44 % de parts de marché, devant le sucralose (17 %), qui a connu son heure de gloire avec la marque Splenda de Tate & Lyle. La stévia se retrouve déjà en 3ème position (14 %, contre seulement 1 % en 2007), alors que son autorisation de mise sur le marché européen n’a été approuvée qu‘en France et en Suisse. L’acésulfame-K (10 %) et le cyclamate (9 %) ferment la marche.

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Planneur stratégique. Profil de Serge-Henri Saint-Michel et articles publiés.


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