L’image du Front National se banalise…

Près d'un tiers des Français d'accord avec les idées du FN ; banalisation croissante du parti et de ses idées

Près d’un tiers des Français (31%) se disent d’accord avec les idées défendues par le FN, soit une évolution de +9 points par rapport à la précédente enquête de TNS Sofres menée en 2011, pour atteindre le niveau le plus haut depuis 1991 (32%) et permettre au FN d’être perçue comme moins dangereux et de gagner en crédibilité. Mais il s’agit plus d’une banalisation que d’une adhésion.

Près d'un tiers des Français d'accord avec les idées du FN ; banalisation croissante du parti et de ses idées

Près d'un tiers des Français en accord avec les idées du FN. Banalisation croissante du parti et de ses idées

Une leçon que pourraient méditer les marques (cf. la notion d’engagement).

Adhésion aux constats, pas aux solutions

A l’inverse, 62% se disent en désaccord avec ces idées (-10 points par rapport à 2011) dont 35% tout à fait en désaccord. Par ailleurs, 33% des Français adhérent aux constats exprimés par Marine le Pen mais pas aux solutions qu’elle propose (+1 par rapport à 2011), 11% adhérent aux constats et aux solutions (+4) et 47% ni aux constats ni aux solutions, en recul de 8 points par rapport à 2011. L’adhésion aux constats, mais pas aux solutions, est partagée par 30% des sympathisants socialistes et 50% des sympathisants UMP.

Les cadres et les urbains moins en accord avec les idées du FN

Les idées du FN reçoivent un écho particulièrement important dans les ménages ouvriers (40% d’accord) et dans les zones rurales (41% d’accord). A l’inverse, les plus rétifs à ces idées sont les ménages cadres (76% en désaccord) ainsi que les habitants des zones urbaines (67% en désaccord, 78% dans l’ensemble Paris-Lyon-Marseille).

Cette porosité plus forte de l’opinion à l’égard des idées du FN correspond cependant plus à une forme de banalisation du parti plutôt qu’à un fort regain d’adhésion à l’égard de ses idées-phare qui restent à des niveaux relativement stables et inférieurs à celui observé il y a une dizaine d’années : 66% considèrent ainsi que la justice n’est pas assez sévère avec les petits délinquants (+2 par rapport à 2011), 52% qu’il faut donner plus de pouvoir à la police (+3), 51% qu’on accorde trop de droits à l’Islam et aux Musulmans en France (+2), 51% qu’il y a trop d’immigrés en France. Par ailleurs, au niveau de l’emploi, 22% pensent que l’on doit donner la priorité à un Français sur un immigré en situation régulière (+3).

Banalisation relative des idées du FN

En baisse, la dangerosité perçue

On assiste donc à une forme de banalisation relative : 53% des Français estiment que le FN représente un danger pour la démocratie (-3 par rapport à 2011), contre 39% pour qui il ne représente pas un danger (+2). Cette crainte est pratiquement à son niveau le plus faible depuis 1985 (50% en 1985, 52% en 2010). Jusqu’à présent cette dangerosité perçue était très liée au poids électoral du parti d’extrême-droite : c’est quand le FN connaissait ses succès électoraux (milieu des années 80 et 90, 2002) qu’il apparaissait comme un danger pour l’opinion.

Aujourd’hui, à un moment où les Français savent que le potentiel électoral de Marine le Pen est élevé (36% pensent qu’elle sera présente au second tour de la présidentielle, 26% le souhaitent), le niveau de cet indicateur témoigne bien d’une certaine banalisation du parti.

En hausse : la crédibilité

Le FN gagne aussi en crédibilité : 31% pensent aujourd’hui qu’il a la capacité à participer à un Gouvernement, soit 6 points de plus qu’en 2011. Pour 57% en revanche (-5), c’est un parti qui a vocation à rassembler les votes d’opposition. Pour près d’un tiers des Français (32%, +1) et pour 45% des sympathisants de l’UMP (+2), le parti présidentiel peut passer des alliances avec le FN.

Méthodologie

Enquête réalisée par le département Stratégies d’Opinion de TNS Sofres pour Le Monde, Canal+ et France Info, auprès d’un échantillon national de 1000 personnes représentatif de l’ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus interrogées du 6 au 9 janvier 2012 janvier en face-à-face, à leur domicile. Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage PCS) et stratification par région et catégorie d’agglomération.

La vraie information commence à la 40e seconde

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Planneur stratégique. Profil de Serge-Henri Saint-Michel et articles publiés.


2 commentaires

  1. avatar

    imasoulchild

    15 janvier 2012 at 20:45

    Je trouve l’idée d’observer le FN et son évolution par le prisme de l’image et du marketing intéressante.
    Malheureusement, cette analyse sous cet angle éditorial mériterait peut-être d’être un peu plus creusée pour ne pas faire doublon avec les articles du Monde et Libération sur le même sujet…

  2. avatar

    Serge-Henri Saint-Michel

    16 janvier 2012 at 19:44

    Merci. Oui, le sujet mériterait effectivement d’être creusé. Mon opinion intéressera peu les lecteurs, mais je suis certain que la leur ferait avancer le débat.
    Je me contente d’ouvrir la porte.

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