Quora, l’enfant caché de aSmallWorld et Wikipedia

Quora.com fait figure d'ovni au milieu de la galaxie des réseaux sociaux en offrant des possibilités et une organisation profondément originales.

Ouvert au grand public depuis seulement quelques mois, le site communautaire Quora.com fait figure d’OVNI au milieu de la galaxie des réseaux sociaux en offrant des possibilités et une organisation profondément originales.

« Quels sont les blogs les plus utiles pour les bases de données ? » « Comment changer la culture d’une agence de publicité ? » « Quelle est la recette la plus simple pour préparer des sushis ? » Ou encore, « que se passerait-il si un million de personnes sautaient au même endroit ? » Voici le genre de questions que l’on peut retrouver sur le réseau social Quora.com. Le principe est assez simple : tout membre peut sélectionner des thèmes parmi une infinité de sujets et poser sa question, en attendant qu’un autre membre lui réponde. Les meilleures interventions peuvent ensuite être classées via des votes selon ce qu’elles apportent à la communauté. En étant abonné à un thème, on peut également recevoir des notifications concernant de nouvelles questions ou des réponses supplémentaires.

Quora.com fait figure d'ovni au milieu de la galaxie des réseaux sociaux en offrant des possibilités et une organisation profondément originales.

Quora.com, OVNI au milieu de la galaxie des réseaux sociaux

Créé en juin 2009 par Adam D’angelo, ancienne tête pensante de Facebook, la plateforme a été lancée en béta pour être finalement ouverte au public en juillet 2010. Quora est encore peu connu du grand public et ne bénéfice pas d’un écho retentissant en France, d’autant plus que le site est exclusivement disponible en Anglais. Avec 500 000 utilisateurs, ce petit nouveau est encore très loin du succès de Facebook ou Twitter. Cependant, depuis début janvier, la plateforme est devenue la coqueluche des bloggers et des spécialistes de la sphère digitale : que ce soit pour des critiques ou des éloges, Quora ne laisse décidément pas indifférent.

Le réseau le plus hype depuis l’apparition de Twitter

Depuis début janvier, on a pu assister à une effervescence exceptionnelle autour de ce réseau social au sein de la blogosphère et des leaders d’opinion du digital. Techcrunch, Owni et de nombreux experts influents se sont passés le relais durant plusieurs semaines sur le même sujet. Les angles étaient variés, les opinions diverses, mais la plupart s’accordaient sur deux points majeurs : la qualité des contenus et le potentiel de la plateforme. En effet, les utilisateurs de Quora sont en général des experts et des passionnés et la pertinence des réponses, tout comme la portée des discussions, peut s’avérer impressionnante.

Il faut dire que le site n’est disponible que sur invitation, ce qui explique en partie « l’élitisme » de ses membres alors que le fonctionnement et l’essence de la plateforme sacrifient ouvertement le divertissement au profit de l’efficacité. Là où de nombreux sites de Q&A (Questions and Answers), comme Yahoo Answers par exemple, sont envahis de « trolls » (commentaires futiles et répétitifs postés à grand renforts de « LOL » et de smileys), Quora parvient ainsi à rester vierge de toute pollution. Autre gage de sérieux : pas de pseudo, il faut s’inscrire sous sa réelle identité. Il est même fortement conseillé de renseigner sa « bio » via ses centres d’intérêts et d’expertise sur différents sujets.

Vers l’émergence d’un Quorapedia ?

Fort de la qualité des échanges et des contenus, le réseau a pour ambition d’intégrer une accumulation de connaissances gargantuesque. Cet objectif est explicitement affiché sur la page d’introduction du site, About Quora : « nous espérons que la somme de connaissances permettra à n’importe qui d’obtenir les bonnes informations à propos de quoi que ce soit. » Ce souhait permet de clarifier l’essence même du site, diamétralement opposée à celle d’une plateforme de blogging. En effet, l’objectif n’est pas tant ici l’apport personnel ou l’expression d’opinions mais l’accumulation de connaissances pour couvrir l’ensemble des sujets soulevés par une interrogation pertinente. Cette quête du savoir alimentée par l’expertise de chacun se rapproche des idéaux d’un service comme Wikipedia et expliquerait en partie l’enthousiasme de la sphère digitale à l’encontre de Quora qui a, par exemple, été classé deuxième au sein de la liste des prédictions techno de TechCruch US pour 2011. La mayonnaise semble donc prendre et l’on commence à voir fleurir les « Comment avoir une invitation Quora ? » sur Google.

Des ambitions paradoxales

Le succès de Quora semble donc bien engagé et, à défaut de plaire à tout le monde, le site est aujourd’hui reconnu comme un projet original, innovant et ambitieux. Pourtant, de nombreux analystes ont souligné le paradoxe d’une plateforme qui souhaite à la fois bénéficier d’une communauté de spécialistes disciplinés et séduire de plus en plus d’internautes. Le site peut en effet être comparé au réseau huppé pour millionnaires aSmallWorld (lui aussi uniquement accessible sur invitation) pour son élitisme particulier et à Wikipedia pour son ambition de partage des connaissances à grande échelle.

Pour TechCrunch, qui a déjà publié plusieurs articles sur le réseau depuis l’année dernière, Quora pourrait bien être victime de son succès et un engouement sous estimé pourrait mettre à mal le fragile équilibre dont bénéficie pour l’instant ce projet de « communauté d’experts ». Il faudrait alors repenser la structure pour que l’ouverture au grand public s’organise sans dégâts : un défi probablement anticipé par les fondateurs du site, conscients que la pertinence de leurs contenus traduit l’essence même de Quora.

Comme le disent si bien nos amis anglais, « wait and see. ».

Auteur : Thomas Genet

Dossier marketing, innovation et prospective



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