Une allure plus fluide avec le vélo

(c)www.vsf.de
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Une enquête publiée en août 2008 par La Tribune fait état de la progression constante des ventes de bicyclettes ; on ne saurait dire si cette tendance ignore la crise ou en est un effet. Même si cela ne traduit pas toujours un essor du vélo comme moyen de transport, on ne saurait nier que cette pratique est en hausse dans beaucoup de villes : une évolution qui n’a pas que des raisons « éco ».

Outre son intérêt écologique et économique (son entretien pour un usage citadin revient à deux fois 30 euros par an environ, en comptant un repos hivernal de 4 mois), la bicyclette a un effet immédiat sur la forme physique et le mental. On sait les effets euphorisants et cardiovasculaires d’un effort régulier ; ici il peut se pratiquer avec une tenue citadine (adaptée), et sans les désagréments de transpiration du footing par exemple. De plus, le cycliste inhale un peu moins de polluants que le conducteur d’une voiture en ville, même s’il inhale plus d’air en pédalant (voir l’explication sur le site de la FUBicy (Fédération des utilisateurs de Bicyclettes) fubicy.org).

Le vélo allie ludique et urbanité

Le vélo, compagnon de notre enfance, a aussi un aspect ludique : pour cette raison, il constitue une occasion de mise en forme un peu différente de l’arsenal qu’offre le marché du bien-être ; car il pourra être intégré à la vie quotidienne, sans nécessiter un temps spécifiquement dédié à l’activité sportive : l’utile et l’agréable sont joints. Parallèlement, le trajet à vélo est assez lent et « découvert » pour donner la sensation de traverser des paysages tout en s’y inscrivant ; il est même parfois possible de saluer les personnes que l’on croise quotidiennement, ce qu’on ne ferait pas en voiture. Il nous réapprend le sens de l’urbanité !

A en croire le sociologue Le Breton, le shopping de la santé révèle la distance prise entre le corps individuel et le corps social. Historiquement, le rapport que nous avons à notre corps a évolué vers une individualisation croissante, alors que le corps dans les sociétés traditionnelles est d’abord et avant tout le corps social, dont le corps individuel n’est qu’une partie. Il en découle une mise à l’épreuve narcissique pour nos contemporains, car la référence de chacun repose non plus sur l’ensemble de la communauté, mais seulement sur son image (image qu’il a ou qu’il donne de lui-même). On peut supposer que le vélo quotidien, en associant travail et détente, et en nous reliant à l’environnement humain, compense cet écartèlement dans nos modes de vie.

La fluidité alternative

La progression du vélo dans les villes est sans doute due à la fluidité qu’il permet, évitant souvent les embouteillages, permettant certains raccourcis (parfois sauvages). C’est tout bonnement une nouvelle allure qui est possible : moins rapide dans ses pointes de vitesse que la voiture sur route, mais permettant de gagner son lieu de travail avec une vitesse moyenne garantie (sauf gros aléa) ; on s’arrête moins souvent et on attend moins qu’avec la voiture. Cette fluidité si chère à l’individu moderne dans ses relations avec le monde se traduit certes par des modes de conduites allant jusqu’à l’irresponsabilité (dépassement des limites telles que feu rouge au stop, empiètement sur les espace réservés aux piétons). Mais aussi, on peut inventer une autre façon de circuler : les cycles, tolérés dans les sens interdits, sont maintenant annoncés par un marquage au sol qui permet de modérer l’allure des voitures. Et l’accroissement du nombre de cyclistes dans une agglomération rend les automobilistes plus attentifs, ils anticipent mieux la présence de cycles sur leur trajet. Contre une idée reçue, on retiendra pour finir que 4% des transports privés se font à vélo, occasionnant la même proportion d’accident et de personnes tuées : une dangerosité bien inférieure à celle des voitures, et qui doit être évaluée au cas par cas.

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