Les 10 attentes du citoyen face à la consommation face à l’économie en panne qui cherche le citoyen-investisseur

Toute crise à du bon, quand face à elle, on réagit par la créativité et la modestie : elle génère du nouveau positif… très souvent.

Mais il semble que les trois gens du pouvoir ne veulent pas le voir ainsi : il faut sauver le bateau qui coule en encourageant le citoyen à consommer.

– Car il est un fait, le 1er pouvoir qu’est la machine financière mondiale est discréditée, les banques comme l’UBS, reconnaissent avoir fait des erreurs et des fautes.
– Le 2ème pouvoir, l’économie de marché ne tient plus et demande aux gouvernements de colmater les brèches.
– Et enfin, le 3ème pouvoir qu’est le politique tente de garder ce même pouvoir charpenté par ces deux premiers, leurs financeurs ou presque.

Les Etats comme la France ou l’Allemagne offrent de l’argent, ou des primes pour relancer l’économie. En Suisse, la ministre de l’économie et des finances, Doris Leuthard, lance un appel on ne peut moins surprenant « Pour sauver la Suisse, pour soutenir son économie, vous devez dépenser, voire même anticiper des investissements ». En clair, un bon citoyen doit consommer.

On croit rêver…

Oserais-je proposer un cours de marketing à nos élus ? Car lorsque l’entreprise va mal, le marketing demande de revoir l’adéquation entre son offre et le besoin de ses clients. Et bien plus que l’acte d’achat, le client attend du respect, de l’écoute et du lien social. Il n’est pas né pour consommer, mais pour vivre bien, vivre mieux ou vivre tout court. Encore moins pour faire vivre l’entreprise !
Et le marketing n’est pas là pour résoudre des problèmes de l’entreprise, mais pour optimiser la relation entre deux acteurs : celui qui demande et celui qui répond. Et si je complète cette approche par le concept économique qu’est le marketing non marchand, il est là pour optimiser le lien social ayant pour conséquence un développement économique légitime.

L’économie n’est pas une entité ou une structure et encore moins une personne que l’on pourrait croire vitale et immuable : elle est une résultante, une des réponses des attentes des citoyens. De fait, la consommation n’est pas un acte citoyen, du moins pas comme ça. Il n’y a pas l’Economie (avec un grand E), mais des systèmes d’échanges1 qui marchent et d’autres qui ne marchent pas ou plus.

Que devraient faire ces 3 pouvoirs ?

– Au regard de ce qui précède, le pouvoir financier devrait arrêter de spéculer et de vivre dans le virtuel. La finance doit avoir du sens en lien avec la communauté de proximité et pas seulement mondiale. Elle ne devrait pas (plus !) avoir pour but de faire de l’argent avec l’argent, mais de s’enrichir pour aider ceux qui créent de la valeur par leur travail, qu’il soit économique, spirituel ou psychologique.
– Le pouvoir économique devrait arrêter d’avoir le profit pour seul objectif. Mais, au contraire, de répondre aux besoins des citoyens par sa production :
La création de produits n’est pas là pour « faire tourner l’économie », mais pour aider le citoyen à vivre mieux, à l’aider sans détruire la planète, la famille, les jeunes et les vieux 2.
– Et enfin, le pouvoir politique devrait proposer des projets d’intérêt général. Il est outrancier, voire provocateur que nos élus nous demandent de faire vivre les entreprises ! C’est à l’entreprise de donner des moyens de vivre et non l’inverse. Ce pouvoir doit être constamment validé grâce à son autorité reconnue, sa compétence à nous donner du rêve, de l’espoir, une vision, un défi. En clair encourager à investir dans le risque du nouveau, c’est-à-dire être cré-a-tif.
L’économie ne peut exister en l’absence de sens. Elle n’est pas inodore et ne peut pas faire l’impasse de considérer le consommateur comme un être holistique3.

Donnez-nous un rêve à manger

Qui sera capable de proposer du rêve ? Une vision ? Un vrai projet de société ?

Une économie légitime est, celle qui s’engage à restaurer, à relever et à bâtir (ou rebâtir) une communauté équitable, celle qui s’engagera à supprimer les clivages et le duo dominant – dominé.

…Et le succès appartiendra à ceux qui considèrent le don plus fort que le dû : Si je donne ma confiance à un produit ou à une entreprise, il est clair que j’achèterai.

Si nous donnons notre confiance à un produit ou une entreprise, il est clair que nous achèterons. Et si en plus ce produit est bon, je le recommanderai à mon entourage et non pas parce qu’on m’a demandé de l’acheter !

Je (nous tous) ne suis pas un mouton qui suit bêtement le troupeau, mais un consomm’acteur… responsable et qui demande aux producteurs de produits d’être eux aussi responsable en répondant aux besoins des citoyens et non à ceux de l’entreprise.

Cette attitude vient à dire que le lien importe plus que le bien. Et il n’y a rien d’un idéal ni d’être un doux rêveur. Comme moi, vous êtes à même de le confirmer dans vos actes d’achats : un vendeur aimable qui vous connaît et vous comprend entraîne votre confiance en tant que client. Ce genre de lien social développe une économie en parfaite adéquation avec un vrai marketing.

Qui doit être un bon citoyen ?

C’est ce que semblent demander nos amis politiciens. Mais pourquoi de pas adresser cet appel aux entreprises ? : « Soyez une bonne entreprise, répondez aux besoins de vos clients ! » Ou à nos politiques : « Soyez un bon politique, donnez nous un vrai projet d’intérêt général et non partisan !». Il est quand même curieux que face aux échecs de l’économie et de la finance nos gens de pouvoir demandent à ceux qui n’en sont pas responsable, entendez les consommateurs, de colmater leurs brèches. A nous encourager à consommer, l’entreprise n’a donc rien à changer ?

Une entreprise devrait être tout autant citoyenne que devrait être un élu politique. Mais je crois que la citoyenneté proposée par la consommation est contraire à l’originel du vrai marketing. Si la consommation, ou l’accès à un certain confort via les produits proposés, a été source d’un certain confort dans les années après guerre, la consommation aujourd’hui ne répond plus à cette attente du vivre bien. Nous sommes aujourd’hui dans la tendance du vivre mieux, du vivre autrement que par la consommation effrénée. Etant né avec et dans la consommation, le consommateur lambda n’attend plus rien. La tendance d’aujourd’hui est plutôt d’être un acteur – citoyen du mieux vivre ensemble.

Les 10 attentes du citoyen face à la consommation

Allez, on est d’accord qu’une économie ne peut pas être elle aussi citoyenne, mais disons plutôt qu’elle pourrait être une économie légitime, équitable et empreinte de réciprocité. Lorsqu’une entreprise veut créer un produit, elle devrait donc pouvoir tenir compte de ces 10 besoins du citoyen auquel vous pourriez donner du sens à un acte d’achat ou dans un acte civique :

1. Le don vaut plus que le dû : Donnez lui votre temps et votre confiance, voir un produit… vous gagnerez en retour.
2. Croire et oser chercher un idéal : Osez vivre avec la passion de créer du nouveau en réponse à ses attentes.
3. Avoir une vision, un projet : En qui ou en quoi croyez vous ? Ayez une vision d’avenir et soyez créateur de projet utile. Sans vision, la communauté se meurt.
4. Le lien vaut plus que le bien : La consommation n’est pas un objectif. L’achat d’un produit n’apporte pas le bonheur, mais une satisfaction ponctuelle ou éphémère. Le confort est d’avantage dans le lien social que peut apporter un produit.
5. Dire la vérité : Un citoyen cherche davantage la vérité que la sécurité. La vérité rend les relations libres.
6. Recycler ou réparer : Le service après-vente n’est rien d’autre aujourd’hui que de vendre ou de jeter. Mais s’engager dans la réparation, le recyclage ou la réhabilitation de matériel défectueux, est une nouvelle économie qui créera des emplois.
7. Financer le durable et le naturel : Nos gouvernements financent la voiture polluante, alors que les voitures peuvent aujourd’hui rouler à l’air comprimé, à l’eau ou à l’électricité. Les produits du commerce équitable prennent une place non négligeable dans les actes d’achats, pourtant plus chers. Les commerces de proximité ou la vente à la ferme sont aussi des opportunités à saisir et une attente des consommateurs.
8. Répondre à son besoin : Et non aux vôtres en premier, car un citoyen satisfait dans son besoin vous recommandera.
9. Stopper le recrutement partisan : Pour un citoyen un parti politique ou un club d’affaire ne servent à rien sauf si leur projet est d’intérêt général. Recruter des partisans à sa «cause » pour seul but d’avoir plus de pouvoir ou de force dominante génère de l’exclusion et de la suspicion. Un client recruté par force (ruses et arguments duplicites) vous créera une très mauvaise réputation.
10. Connaître et dialoguer : Une personnalité politique, comme économique est souvent un paradoxe : elle décide pour la communauté sans vivre avec eux et sans connaître leurs attentes quotidiennes. (Il est bien connu qu’elle ne connaît pas le prix d’une baguette ou d’un litre de lait !). Ecouter, vivre avec, connaître la personne que je rencontre est le « B.A BA » d’un équilibre communautaire ! Et ça, c’est du vrai marketing !

Les institutions et le marketing

Il y a bien sûr d’autres aspects important à considérer chez le citoyen que ces10 clés et je ne prétends pas avoir donné une liste exhaustive le concernant. Néanmoins l’analyse de ses attentes est un élément clé d’une étude du marché « non marchand » que devraient faire les institutions politiques, économiques et financières. Elles devraient considérer que le citoyen donne d’abord une valeur sociale à un produit marchand, et non l’inverse. Ces comportements sociologiques, s’ils ne s’expriment pas toujours ouvertement, sont latents et existent aujourd’hui comme une tendance lourde dans la plupart des pays industrialisés.

Alors ? Qui vivra ?

Malgré la grande baffe de la crise économique et financière, nos 3 pouvoirs, que je décrivais en début de cet article, semblent continuer à se débattre pour que leur fier Titanic ne coule pas. A renfort d’argent, nos gouvernements ont besoin de s’investir dans le courage, le risque et l’amour pour proposer un vivre mieux à la communauté. Les citoyens que nous sommes ont besoin plus que jamais de s’investir dans la vérité plutôt que dans une sécurité qui n’existe pas. Ou plutôt si ! elle existera comme une résultante de la vérité. Et la vérité est une absence de mensonge.

Si la consommation et l’économie de marché fonctionnent avec cette valeur, il est facile de vous prédire que nous serons tous bientôt de vrais citoyens acteurs…économiquement !


Notes :
1 : une économie s’exprime par l’échange via une transaction que sont la monnaie bien sûr, mais aussi le troc, le don, le bénévolat, le vote, la participation, la foi, l’amour, l’adhésion, etc.
2 : Beaucoup de produits inventés ont une conséquence néfaste sur la vie : pollution, stress, manifestations de ras-le-bol, divorce, consommateur – zappeur, dépendances, etc. Il existe et peuvent exister des produits pour servir la vie active plutôt que de nous mettre en prison ou nous entraîner dans des morts lentes.
3 : Au regard de la pyramide des besoins de Maslow, les attentes de l’homme sont considérés dans son entier : corps, âme, esprit. Un consommateur ne se coupe pas en trois dans son comportement même s’il ne l’exprime pas ouvertement.



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