SmartAngels favorise l ascension des start-ups

SmartAngels favorise l'ascension des start-ups

SmartAngels, lancée en mars 2012, est l’un des pionniers du crowdfunding en France. Première plateforme à proposer d’investir en direct dans les entreprises, elle rapproche les entrepreneurs et les investisseurs pour leur permettre de créer de la valeur.

Benoît Bazzocchi, Fondateur et Président de SmartAngels, aborde les critères de sélection et le planning de montée en charge des dossiers présentés par les porteurs de projet et retenus par la plateforme de crowdfunding. Il relève enfin les aspects qui mériteraient des améliorations de la part des créateurs d’entreprise pour rendre leur projet séduisant auprès des Business Angels.

Quels services proposez-vous aux startups en matière de recherche d’investisseurs ?

Notre plateforme propose trois offres distinctes aux entrepreneurs :

  • La mise en relation avec tous les acteurs de l’entrepreneuriat : les entrepreneurs créent leur profil et gèrent leur présence sur la plateforme, afin de donner de la visibilité à leur entreprise auprès de tous les acteurs de l’écosystème. Il s’agit d’un service entièrement gratuit.
  • L’accompagnement lors de la levée de fonds : notre équipe, spécialiste du financement des PME, accompagne les entrepreneurs dans la définition et la structuration de l’opération. Nous constituons à leurs côtés le dossier qui sera transmis aux investisseurs, présentant de manière exhaustive les dimensions stratégique, opérationnelle, financière et juridique. Notre équipe intervient également dans la mise en relation entre entrepreneurs et investisseurs. Nous sommes rémunérés en fonction de la réussite de l’opération (« success fees »).
  • La gestion de la relation entrepreneurs / investisseurs : nous mettons à disposition des entrepreneurs tous les outils leur permettant d’optimiser la relation avec les investisseurs sur le long-terme, en ligne, en direct et en toute sécurité. Qu’elles aient ou non levé des fonds sur notre plateforme, les entreprises peuvent répondre aux questions de leurs actionnaires, leur transmettre de la documentation (juridique, financière, etc.), les tenir informés de leur activité et bénéficier de leurs conseils. Il s’agit là encore d’un service entièrement gratuit.

Avec des frais de référencement et de montage des dossiers, les plateformes de crowdsourcing ne sont-elles pas les seules à gagner de l’argent ?

Le « référencement » des entreprises sur notre plateforme est totalement gratuit. Afin d’accroître leur visibilité, start-up et PME de croissance peuvent ainsi devenir membre, créer leur profil, administrer leur communauté et gérer leur présence en toute liberté !

Quant à la rémunération que nous percevons lors de la levée de fonds, elle se compose de frais de dossiers de l’ordre de quelques centaines d’euros seulement, gage, avant tout, de l’implication de l’entrepreneur dans sa levée de fonds et qui sont loin de couvrir nos frais réels, ainsi que d’une commission sur la réussite de l’opération, un « success fee ». Notre business model repose donc entièrement sur la réalisation de la levée de fonds… Les intérêts des entrepreneurs, des investisseurs et de SmartAngels sont donc totalement alignés !

Quels moyens mettez-vous en œuvre pour que les investisseurs soient nombreux pour chaque projet ?

Tout d’abord, les dossiers présentés aux investisseurs doivent passer le filtre d’une sélection rigoureuse : nous nous assurons de leur solidité et de leurs perspectives de croissance car nous voulons être sûrs qu’ils auront une chance de convaincre les investisseurs. La relation de confiance que SmartAngels entretient avec eux participe également à rassurer ces derniers et à les inciter à investir sur notre plateforme.

Parce que nous sommes conscients de l’importance de « l’humain » dans une levée de fonds, nous organisons des rencontres avec nos 5 000 membres investisseurs afin que les entrepreneurs puissent présenter leur projet, répondre aux questions et ainsi les convaincre. Pour nos investisseurs « premium », nous organisons également des rencontres « one-to-one ».

Enfin, il convient tout de même de rappeler que sur une plateforme de crowdfunding, c’est avant tout l’entrepreneur qui gère sa levée de fonds. Nous lui apportons à la fois une vitrine pour présenter son entreprise, notre expertise pour préparer l’opération et une communauté d’investisseurs intéressés, mais c’est à lui seul de créer le buzz autour de son projet. Tous les dossiers que nous sélectionnons et préparons peuvent susciter l’intérêt des investisseurs : aux entrepreneurs de transformer l’essai !

Face aux nombreuses plateformes concurrentes, quels sont vos points de différenciation ?

SmartAngels ne se contente pas de présenter des levées de fonds en ligne, de faire du simple référencement… Nous offrons une grande visibilité aux entrepreneurs auprès de tous les acteurs de l’entrepreneuriat présents sur notre plateforme et nous les dotons de tous les outils qui leur permettront d’accroître leur notoriété sur le web. Qu’elles souhaitent ou non lever des fonds, toutes les start-up et PME de croissance peuvent rejoindre notre communauté.

Benoît Bazzocchi, Fondateur et Président de SmartAngels

Benoît Bazzocchi, Fondateur et Président de SmartAngels

Sur la partie « levée de fonds », nous attachons beaucoup d’importance à tout le travail de sélection, de due-diligence, de structuration de l’opération et de constitution du dossier afin de présenter des pépites à nos investisseurs. Cela se traduit par un ticket moyen beaucoup plus élevé que sur les autres plateformes, de l’ordre de 18 000 €, car nous pouvons justement compter sur une communauté d’investisseurs fidèles.

Enfin, la possibilité pour les entrepreneurs de gérer leur actionnariat, qu’ils aient ou non levé des fonds sur notre plateforme, est une fonctionnalité totalement inédite et gratuite que nous sommes les seuls à proposer. Nous favorisons en effet la création de valeur sur le long-terme et il est donc est essentiel que la relation perdure après la levée de fonds.

Ne pas négliger la dimension humaine de la levée de fonds, c’est le seul moyen pour les plateformes de s’imposer comme un acteur central dans la chaîne de financement.

Combien de dossiers recevez-vous chaque année ?

Nous recevons environ dix à vingt dossiers par semaine.

Pour être tout à fait franc avec vous, on ne dégage aucune tendance particulière. La preuve en est : les entreprises que nous avons présentées sur notre plateforme sont toutes différentes les unes des autres !

Nous recevons des dossiers d’entreprises de tous secteurs, de tous stades de développement, portés par des profils variés d’entrepreneurs… mais ce qui est indéniable, c’est qu’il s’agit souvent de projets de qualité. Le fait que des entreprises à fort potentiel de croissance frappent à notre porte indique clairement que les acteurs traditionnels du financement n’arrivent plus à jouer leur rôle seuls. Il y a aujourd’hui un véritable problème d’accès au financement pour les start-up et PME de croissance : les plateformes d’ »equity crowdfunding » auront désormais un rôle central à jouer, afin d’y remédier.

Quels sont les points qui mériteraient des améliorations de la part des porteurs de projet ?

Il arrive souvent que les entrepreneurs ne mesurent pas vraiment ce que peut représenter une levée de fonds en termes d’implication de leur part, de préparation en amont et de timing. Il est très important de bien définir son plan de développement et d’anticiper ses besoins en financement afin d’aller voir les investisseurs avec un projet construit plutôt que le jour où la trésorerie vient à manquer ! Idéalement, le bon timing pour lever des fonds, c’est lorsque les « metrics » sont en progression et quand l’entreprise n’a aucun problème de tréso.

Côté communication, il faut qu’un entrepreneur sache créer le buzz autour de sa levée de fonds, qu’il soit proactif. Le crowdfunding n’est pas la solution miracle ; c’est un outil nouveau qu’il convient d’apprendre à utiliser correctement en adoptant les bonnes pratiques. Nous testons de manière empirique ces bonnes pratiques sur notre plateforme, afin de mettre entre les mains des entrepreneurs tous les outils permettant d’actionner les bons leviers. Dans tous les cas, une chose est sûre : il est primordial d’inclure la levée de fonds dans une vraie stratégie de communication.

En fonction de quels critères les sélectionnez-vous ?

Nos critères de sélection annoncés sont les suivants :

  • Un besoin de financement de 200 K€ à 2M€
  • Tous secteurs d’activités
  • Tous stades de développement
  • Un modèle économique viable
  • Un plan de développement bien défini
  • Une équipe aux compétences complémentaires
  • Une structure de gouvernance adaptée à l’ouverture du capital (surtout SAS)

Dans les faits, nous privilégions les entreprises dont la viabilité du modèle économique a été démontrée donc ayant plusieurs mois, voire années, d’activité. Elles sont par ailleurs plutôt positionnées B to C, plus « sexy » que le B to B et dont la compréhension est plus simple par nos investisseurs. Enfin, la qualité du porteur de projet est essentielle et c’est pourquoi nous privilégions les entrepreneurs qui ont déjà une bonne connaissance de leur secteur.

Combien de temps depuis le premier contact jusqu’à la clôture des offres ?

Notre processus de sélection est simple : nous recevons un certain nombre de dossiers par semaine, entre dix et vingt, sélectionnons les plus intéressants et quelques jours après, l’entrepreneur vient présenter son projet à nos équipes et à notre comité de sélection, composé de professionnels de l’investissement.

Nous retenons les dossiers les plus solides, présentant les meilleures perspectives de croissance, puis notre équipe constitue le dossier investisseurs. Quatre à six semaines environ après le premier contact, la levée de fonds peut être mise en ligne sur notre plateforme, pour une durée variant entre deux et quatre mois.

Quelles entreprises avez-vous récemment accompagné ?

Les trois dernières entreprises ayant réalisé leur levée de fonds sur notre plateforme sont :

  • Sejourning : site internet de location de vacances entre particuliers, 400 K€ investis, 8 investisseurs, une campagne d’une durée de deux mois
  • TooFruit : 500 K€ investis, 15 investisseurs, une campagne d’une durée de deux mois
  • Bleu comme Gris : 300 K€ investis, 22 investisseurs, une campagne d’une durée de 4 mois

Quatre autres entreprises sont à ce jour en cours de levée de fonds sur notre site.

Enfin, quels conseils inédits donneriez-vous à un entrepreneur en recherche d’investisseurs via le crowdfunding ?

Je donnerais deux conseils à un entrepreneur qui déciderait de se tourner vers le crowdfunding pour réaliser sa levée de fonds. Le premier, c’est qu’il faut intégrer le crowdfunding à une stratégie globale de recherche de fonds. Notre plateforme s’interface ainsi très bien avec les autres acteurs du financement, Business Angels et fonds d’investissement, permettant de réunir tous les investisseurs au sein d’un même process.

Ensuite, l’idéal lorsqu’un entrepreneur se tourne vers une plateforme de crowdfunding est d’être déjà accompagné d’un socle d’un ou de plusieurs investisseurs qualifiés dans le secteur d’activité en question. Ce n’est pas tant le montant de ce premier investissement qui importe que la caution que cela apporte au projet, véritable gage de crédibilité qui aura un effet levier considérable sur la suite de la levée de fonds. Il est donc important de savoir s’entourer d’experts !

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Un article de notre dossier Business Angels et financement de startups

(c) ill. Shutterstock – 3d render of different arrow merging and completing pie chart

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Planneur stratégique. Profil de Serge-Henri Saint-Michel et articles publiés.


2 commentaires

  1. avatar

    Albator

    20 mai 2015 at 23:47

    En tout cas j’aime bien vérifier les sociétés [La suite du commentaire a été supprimée à la demande de son auteur le 11 juin 2015]

    • avatar

      Serge-Henri Saint-Michel

      22 mai 2015 at 8:29

      Bonjour,
      Cette société ne réalisait selon http://www.societe.com/societe/the-green-blue-veda-510439219.html, que 75.000€ de CA annuel après 6 ans d’existence. Le crowdfunding n’assure en rien la sécurité d’un investissement et ne doit pas mettre de côté les critères pertinents d’investissement. Je ne pas que la société ayant organisé la levée de fonds soit responsable de la plantade et je me rappelle un adage « nemo auditur suam turpitudidem allegans ». Suam étant ici mis pour investisseur ;)

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