Stratégie e-commerce : le cas de La Galerie Idéale

Le centre commercial virtuel

La Galerie Idéale se positionne comme une galerie commerciale en ligne. Précisions sur sa stratégie de développement avec Denis Gaultier, co-fondateur du site.

Comment avez-vous procédé à la sélection des sites ?

La Galerie Idéale vise 800 sites, sur 8 catégories (voyage, mode, beauté, décoration, gastronomie, loisirs, mobilité, high-tech), qui sont pérennes, qui réalisent entre 1 à 10 millions de chiffres d’affaires et qui ont un positionnement totalement différent des sites leaders en proposant une offre qualitative, créative, originale, mise en valeur dans un environnement élégant et esthétique (sites dits « Premium »).

Le centre commercial virtuel

Le centre commercial virtuel

Volontairement ces sites challengers ne font pas partie du top 40 des sites leaders du marché tels que Pixmania, RueduCommerce, Fnac.com, etc.

Ces sites, soigneusement sélectionnés par nos équipes se conforment à une charte : respect des délais de livraison, soin apporté aux clients, la qualité des produits, etc.

Le feed-back des consommateurs et leurs votes vérifieront en permanence que les sites suivent bien cette charte. Dans le cas contraire, il y aura une demande mise en place d’actions correctives ou à une sortie des sites ne se conformant pas à la charte.

Nous promouvons une nouvelle façon d’acheter en ligne, imaginée pour répondre aux attentes des cyberacheteurs désireux de vivre une autre expérience e-commerce, où le plaisir et la confiance reprennent toute leur place.

Pourquoi assiste-t-on à une concentration dans l’univers du e-commerce ?

Le marché du e-commerce arrive dans une nouvelle phase de maturité : pour perdurer aujourd’hui, un marchand doit être excellent, déployer de gros moyens marketing, investir dans les outils coûteux lui permettant de prendre un soin certain des consommateurs, investir massivement en référencement, etc. En d’autres termes, cette « quête du Graal » est de plus en plus réservée aux très gros marchands, capables d’investir énormément d’argent et sur le long terme, chose impossible pour les sites challengers que nous visons.

Pire, c’est dans une véritable spirale aggravante qu’entrent les sites « challengers » qui ont déjà tant de mal à émerger face aux mastodontes. En effet, les sites leader qui drainent la plus grosse masse des cyberconsommateurs, se positionnent maintenant en places de marché (voir Amazon, Pixmania ou RDC) et proposent aux autres marchands « challengers » de vendre à travers leurs canaux, devenus incontournables.

Ceci se fait au prix d’un prélèvement significatif de leur chiffre d’affaires (commissions), coût qui devient prohibitif pour les sites « challengers » et ne fait qu’aggraver leur difficulté d’émerger dans une relation directe aux consommateurs.

Cela ne va-t-il pas à l’encontre de Jeff Jarvis : la fin des marchés de masse, le commencement des masses de niches ?

Denis Gaultier, co-fondateur de la Galerie Idéale

Denis Gaultier, co-fondateur de La Galerie Idéale

Absolument, c’est pourquoi la vision de Jeff Jarvis éclaire tout à fait bien ce que nous faisons, en particulier l’importance primordiale du lien, de l’interaction et du réseau), et nous pourrions reprendre à notre compte sa citation « The mass market is dead, long life to the mass of nich ».

Nous nous sentons probablement encore plus proche de ce que Chris Anderson décrit dans « La longue traîne » : la Galerie Idéale est la parfaite illustration que, collectivement, les sites challenger peuvent représenter une part de marché égale, voire supérieure à celle des sites marchands « best-sellers », à condition qu’ils s’organisent autour d’un canal de distribution qui peut proposer assez de choix et de diversité et créer la liaison permettant de les découvrir. Chris Anderson démontre que l’importance de la mise en relation est centrale ; c’est exactement notre propos.

Quels sont les objectifs stratégiques de Altarea Cogedim vs. RDC ?

Altarea Cogedim fait partie des 3 gros acteurs des galeries marchandes physiques. Il a le premier compris que le virtuel et le physique devaient se rejoindre. D’abord parce que les consommateurs naviguent de manière maintenant naturelle et permanente entre les 2 : le commerce est véritablement multicanal.

La croissance de l’e-commerce et la décroissance du commerce physique sont quelque part les deux facettes d’un jeu à somme nulle…

La meilleure façon pour les acteurs du physique de lutter contre le e-commerce, c’est d’intégrer le e-commerce dans leur stratégie !

Dans quelques années, nous verrons des galeries marchandes sur la toile devenir des galeries marchandes physiques. Je parie que nous pourrons bientôt nous déplacer physiquement dans une « rue du commerce » , toucher et tester les biens en vente et finaliser l’achat sur le site Web de RDC.

Vers quelles approches de galeries marchandes se dirige-t-on ?

Sur les galeries marchandes sur le Web, on retrouve le même phénomène que dans le physique : on le voit aujourd’hui avec le phénomène de reflux vers les commerces de centre-ville ; l’exemple de la désaffection (encore toute relative) des hypermarchés est flagrant : les consommateurs retournent peu à peu à la supérette de quartier qui est plus conviviale et plus proche, propose moins de choix, mais des produits mieux sélectionnés.

De la même façon sur le Web, les cyberconsommateurs se perdent sur les moteurs de recherche : trop de choix tue le choix.

Un vrai service doit donc émerger sur Internet et c’est ce que nous proposons : elle facilite l’acte d’achat en présélectionnant les sites soigneusement choisis, de qualité et redonnant le plaisir d’acheter.

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Retour vers le futur

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Planneur stratégique. Profil de Serge-Henri Saint-Michel et articles publiés.


1 commentaire

  1. avatar

    bobo abongo

    10 janvier 2012 at 15:22

    J’ai fort apprecié votre approche concernant la decroissance du commerce physique au profit d une croissance du E commerce. Mais je tiens à rappeler que , quand la telé est sortie le monde croyait à la disparition de la radio. Et avec l avenement de l informatique tous s attendaient a la disparition de la machine à dactylographier, les exemples sont legions. Et surtout que la machine ne pourra jamais remplacer mon semblable je me dit que l E commerce atteindra la maturité et va se limiter là. Mais le commerce physique sera depouillé mais jamais abandonné.

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