Confinement Covid-19 : des moments communs, au pot commun... - Marketing Professionnel e-magazine

Confinement Covid-19 : des moments communs, au pot commun…

Le confinement lié au Covid-19, ensemble de moments communs, sera suivi lors du déconfinement par la mise au pot commun des traumatismes

Le confinement lié au Covid-19, ensemble de moments communs, sera suivi lors du déconfinement par la mise au pot commun des traumatismes…

Le confinement lié au Covid-19 est « une première », « une disruption », un « inédit » dans une « période si particulière », « troublée et exceptionnelle »… Donc anormale. Pourtant, la « vie continue », avec ses injonctions et son ADN entouré autour des normes sociales : discipline personnelle, surveillance et encadrement des français par l’Etat, les organisations, les entreprises (et les « voisins vigilants » amateurs du Deuxième Amendement. Ah, certes, ce n’est pas la même Constitution…). Car, même (et surtout ?) dans une période anormale, les comportements individuels doivent être réglés pour le bien… commun. Conséquences parmi d’autres : des troubles mentaux, psychiques, comportementaux. Et un bouleversement, une catastrophe au sens étymologique, des émotions, souvent accompagné de vertiges, de perte de repères et de la sensation d’être éloigné, isolé, inutile, impuissant, non-maître de son destin.

Le confinement, des moments peu communs…

Ces perceptions sont renforcées par les multiples pressions et contraintes liées à la parenthèse du confinement : le devoir de faire faire les devoirs (chiasme) aux enfants, de « travailler » en même temps (expression déposée par Manu), de penser à s’aérer (au propre et au figuré), à réaliser des stocks préventifs (logistique n’est pas mère de logique) pendant des journées qui se répètent et n’en finissent pas.

« Si je connaissais la date de sortie du confinement, la date de la Libération, peut-être que j’irais mieux… Mais je me contrains à rester chez moi. Je flippe. Je préfère galérer à l’intérieur plutôt que d’attraper le corona virus. »

Ces moments peu communs s’accompagnent d’une peur généralisée.

Un jour sans fin

Absence de commun

Ces moments, nous les vivons distanciés ; chacun chez soi et la crainte en commun. L’espace commun de vie est mis sur pause. Tout lieu de vie et d’échanges est suspect, danger en puissance ; il génère le repli sur soi, sur les siens, derrière son masque, enfouissant toute personnalité.

« Nous vivons tous le confinement, mais chacun différemment. »

…Lieux communs répétés. Le commun, c’est chacun chez soi ; le commun est une division.

Histoire commune

La période de confinement deviendra culture commune, marqueur universel, comme le 7 janvier, le 11 septembre, le 13 novembre… Où étions-nous à ces dates ? Que faisions-nous ? Nous nous en rappelons car ces moments communs créent une résurgence, appelée mémoire.

Après le confinement, les témoignages, l’extimité, l’auto-narration, l’héroïsation des individus qui « ont vécu ça », traumatisés, remonteront à la surface. Car dans le confinement, tout le monde y était, tout le monde a souffert… et chacun s’en rappelle. Histoire commune, souvenirs en commun, mémoire de la nation, victime blessée.

Pot commun

« Nous sommes en guerre » ; « nous », mis pour la start-up nation, la France éternelle, la nation de la Liberté… Et après la guerre, l’épuration, les purges, avec un grand nettoyage de la place publique, accompagné de son lot de requêtes, de plaintes, de recours, de procès, d’accusations, de commissions parlementaires, de comités Théodule, d’enquêtes administratives… Il faut des responsables et des coupables à sang pour sang de la pandémie et de ses conséquences sur le commun.

« Il faut des responsables à ma douleur, à ma situation inextricable et dramatique. »

Mais le Covid-19 n’aura pas d’avocat. Invisible, il ne sera pourtant pas jugé par contumace.

Les mis au pilori seront placés sous le feu croisé des partis politiques, des experts, des « sachants », des entreprises, des organisations, des syndicats, des groupes sociaux : hospitaliers, enseignants, professions libérales, PME / PMI, commerçants…, causant agitation, déstabilisation, dénonçant la « profitation », illustrant la décompensation, la sublimation de la douleur enfouie et refoulée pendant des semaines.

Après le confinement du printemps 2020, la vie ressurgit avec son collège d’absurdités, de bruit, de fureur et de sismi-cité, menant la foule furieuse à charger violemment le bouc émissaire, victime expiatoire de ses peines et de son temps rogné, confisqué, qui ne faisait que, comme la marmotte, se répéter ironiquement dans un enfer sisyphien.

Espoir commun

En cherchant à tuer les « monstres » dans un mouvement cathartique, c’est une partie de soi non avouable, notre monstre interne, que l’on cherche à apaiser, en petit arbitre (partial) que nous sommes. Mais le juge ne fera qu’un avec le philosophe puisque si l’homme est clivé et paradoxal, gageons qu’il reste fondamentalement bon…

Alors, le français jouera collectif, même s’il sera joué par la tempête médiatique de l’épuration. Il puisera dans le terreau de sa réflexivité. Il aura trouvé dans le confinement matière à réflexion sur le sens et la valeur. Le sens et la valeur  de sa vie, de son travail, de sa famille, de ses priorité, de son rapport à la consommation et aux objets, le sens et la valeur de l’amitié et de l’amour, de l’ici et maintenant, de l’homme et de la nature, du moi et d’autrui… Il se reconnectera avec lui-même et avec les autres. Le traumatisme du temps figé, confisqué, du temps fermé entre quatre murs aura réactualisé le carpe diem.

En ce sens, la période de confinement sera effectivement exceptionnelle si chacun sait s’en dessaisir. Non comme la main qui lâche le sable, mais comme celle qui accompagne un enfant qui se lève puis marche et prend pied dans le monde.

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(c) Ill. DepositPhotos

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Planneur stratégique. Profil de Serge-Henri Saint-Michel et articles publiés.

1 Commentaire

  1. avatar

    Catherine GUERIN

    6 avril 2020 at 14:08

    Nous vivons tous le confinement, mais chacun différemment…

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