Quelques considérations économiques…

Le projet de loi de finances pour l’année 2013 en France : quel environnement économique ? Quelles postures pour la fiscalité ? Quelles cibles ?

Le projet de loi de finances pour l’année 2013 en France n’est pas une surprise puisqu’il est proche des annonces faites durant la campagne électorale présidentielle, et pourtant, il suscite quelques interrogations économiques qui pourraient avoir un impact structurel à l’avenir.

Le projet de loi de finances pour l’année 2013 en France : quel environnement économique ? Quelles postures pour la fiscalité ? Quelles cibles ?

Le projet de loi de finances pour l’année 2013 en France : quel environnement économique ? Quelles postures pour la fiscalité ? Quelles cibles ?

Quelques considérations économiques pour y méditer…

1. L’Etat impose des charges sociales et des impôts sur les salaires, et vient d’augmenter parfois jusqu’au doublement la taxation et les charges sur l’épargne, tout en réduisant les avantages liés à aux successions et donations. Cela signifie que tout épargnant paie d’abord un montant élevé sur son salaire, près de 50% pour les foyers imposables (charges de 20% + impôt de 30%), puis encore 50%, avec les prélèvements sociaux, sur les gains réalisés en épargne si ce foyer fiscal est dans une tranche marginale au-delà de 30%, puis encore au moins 20% en droits de donation ou succession lorsque le patrimoine est supérieur à 100.000€. Est-ce légitime de payer encore des charges et des impôts lorsque le salaire a déjà été amputé de 50% ou le revenu d’un entrepreneur de 80% (car les gérants majoritaires paient 50% de charges sociales sur leur salaire). Cette taxation sur l’épargne doit-elle être du même ordre qu’un salaire déjà réduit de 50% ou 80% ?

L’Etat favorise l’épargne sans risque

2. Le débat de la bouche même d’entrepreneurs notoires entre le capital qui servirait à monter une start-up et un investissement financier est stupide : un investisseur financier qui investit dans des actions de sociétés cotées ou non, d’une part, sert utilement à leur développement puisque ces sociétés ont besoin de ce financement pour se développer, et d’autre part, il prend des risques ; ce qui n’est pas le cas lors d’un investissement dans un livret A ou sur un fonds Euro dans un contrat d’assurance vie… En outre, lorsqu’un entrepreneur a travaillé des années durant, ne peut-il pas devenir un investisseur financier avec l’argent qu’il a gagné ? Le point n’est pas de faire la distinction entre investissements soi-disant productifs ou financiers, car la monnaie est un flux (et donc à part si elle est thésaurisée sous un matelas, elle va bien nourrir l’économie), mais de faire le distinguo entre le risque et l’absence de risque : actuellement la taxation encourage l’absence de risque puisque le livret A n’est pas taxé et en plus son plafond a été augmenté, alors que les dividendes perçus ou la plus-value enregistrée sur une revente d’actions sont plus lourdement taxées. Les politiques disent depuis des décades qu’ils veulent développer l’épargne longue donc des investissements en actions, mais n’ont-ils pas toujours favorisés l’épargne sans risque comme le livret A ou les fonds en Euros ?

3. Le régime d’imposition sur l’immobilier locatif ou secondaire qui est l’absence d’imposition au-delà d’une durée de 30 ans depuis février 2012, devait considérablement être modifié dans le programme électoral, ce qui n’est pas le cas. Les politiques se plaignent d’un marché qui est devenu figé, et ont uniquement donné un abattement additionnel et exceptionnel de 20% sur l’année 2013, hors prélèvements sociaux. Par conséquent, une plus-value imposable à 34,5% sera imposable encore à 30,7%. Est-ce que cette petite réduction d’impôt va faire repartir le marché immobilier de la résidence secondaire ou locatif ? Ne devrait-on pas taxer l’immobilier différemment si l’on souhaite fluidifier le marché, par exemple avec un impôt fixe en pourcentage, et raisonnable, quelque soit la durée de détention ? Est-ce que ce régime qui s’est considérablement durci puisque l’exonération totale de taxation sur la plus-value est passé de 15 à 30 ans, est compatible avec l’abattement total sur la plus value de revente d’une résidence principale ? (Cf. mon article « Taxer les plus values sur la résidence principale »).

Taxation des grandes fortunes

4. Les grandes fortunes vont subir une hausse de taxation inédite puisqu’en matière d’ISF par exemple, le montant à payer pourra doubler, sans parler de l’augmentation de la taxation à l’impôt sur le revenu à 45% et à 75%, la taxation de revente d’une entreprise, de valeurs mobilières… « Un racisme anti-riches se développe en France » est l’éditorial d’Investir cette semaine. La France est depuis longtemps un pays capitaliste du fait de son amour pour le foncier (quel est le citoyen français qui ne veut pas être propriétaire foncier ?), et en même temps combat de plus en plus durement les entrepreneurs / investisseurs tout en administrant une bonne partie de son économie… Tout cela n’est-il pas antinomique et ne conduit-il pas nos politiques à une bonne dose de démagogie ? Avec une imposition pareille qui est sans commune mesure avec nos voisins européens, doit-on condamner les entrepreneurs ou investisseurs qui deviennent résidents fiscaux en Belgique ou au Royaume-Uni ? D’ailleurs le Premier Ministre anglais en a fait une bonne blague récemment en invitant les entrepreneurs français à déménager au Royaume Uni !

5. La richesse de la France ne vient-elle pas notamment de ses chercheurs et de sa jeunesse ? Les premiers l’ont déjà quittée (les centres de recherche des grandes entreprises en France disparaissent les uns après les autres depuis des années), est-ce que nous allons aussi laisser la deuxième partir s’installer dans des pays où entrepreneuriat est facilité par les pouvoirs publics et y est vu comme une réussite, et où la taxation y est acceptable ?

6. En ce qui concerne l’emploi, comme je l’ai déjà mentionné (Cf. mon article « Augmenter l’impôt sur les sociétés des petites entreprises ? »), les politiques des trente dernières années n’ont-ils pas remarqué que 65% des entreprises privées en France n’ont pas de salarié et que 85% des entreprises ont moins de 10 salariés ? Et pourtant ils n’ont toujours parlé que des sociétés du CAC40… Est-ce que personne ne se demande pourquoi, alors que nous atteignons des chiffres astronomiques en matière de chômage ? Petite remarque : les États-Unis utilisent tous leurs moyens monétaires et budgétaires pour réduire un chômage qui est de 8% alors que le nôtre est de 10%…

Trop de fiscalité tue les rentrées fiscales

7. J’ai lu un grand nombre de fois qu’une augmentation significative des impôts dans les pays de l’OCDE, Royaume Uni, États-Unis, etc.baissait les rentrées fiscales, ce qui semble paradoxal. Allons-nous assister à la même chose en France ? Cela semble déjà le cas pour les transactions financières où la taxe qui a été introduit, qui semblent avoir réduits considérablement.

Enfin, après que l’ancienne majorité politique ait enfin abrogé les avantages fiscaux de l’immobilier qui ont été des cadeaux financiers grevant significativement le budget de l’Etat durant des dizaines d’années (Périssol, Besson, Borloo, Scellier…), la nouvelle majorité politique en remet heureusement une couche avec le Duflot, et en plus le plafonnement global des niches fiscales ne va pas comprendre certaines niches, les chiens qui les habitent doivent avoir un sacré pouvoir :) , puisque les dom-tom (malgré les rapports successifs et désastreux de la Cour des Comptes), le Malraux et les Sofica devraient y échapper, youpi. Ah oui, mais une évaluation de l’efficacité de chaque niche fiscale a-t-elle déjà été réalisée de manière indépendante ?



14 commentaires

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    bleines

    4 octobre 2012 at 9:11

    Les intervenants dans les medias ne parlent que des « investissements productifs » contre « investissements de rentiers » : cette pensée réductrice est erronée et fait preuve d’une méconnaissance totale de l’économie ou d’une forte démagogie, à vous de choisir :)

    En effet, les transferts d’argent sont des flux. Donc sauf si l’argent est thésaurisé sous un matelas, l’argent circule dans le circuit économique. Ceci est vrai même lorsqu’un investisseur achète de l’or ou de l’immobilier, et donc ceci est vrai également lorsqu’il investit dans des actions de sociétés cotées en étant rentier, puisque l’argent investi change de main et le nouveau « propriétaire » de cet argent va soit le consommer, soit l’investir de nouveau…

    Comme je l’ai mentionné dans l’article, ce qui me semble important est davantage la distinction entre risque et absence de risque ou épargne liquide/épargne longue, et les différences de taxation ne devraient portées exclusivement que sur ces points, et pas en fonction de lobbies sur tel ou tel sujet…

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    Serge-Henri Saint-Michel

    4 octobre 2012 at 19:18

    Franck, en parlant de lobbies, les pinardiers ont mis la pression du gouvernement sur les brasseurs, ces derniers utilisant des techniques d’influence trop ancestrales pour se faire mousser ;)
    Bilan des courses : une taxe sur la bière à la pompe.
    A quand une TIPP flotteuse ?
    :)

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    bleines

    6 octobre 2012 at 10:10

    « Nous voulons taxer la rente, pas le risque », ce sont les mots du Ministre de l’Economie et des Finances. Si c’est le cas, il va falloir totalement revoir votre copie en arrêtant de taxer les actionnaires, les détenteurs d’immobilier locatifs ou d’or, lesquels prennent des risques, et en taxant lourdement les détenteurs de livret A ou de fonds Euros en assurance vie ou d’obligations de l’Etat français…..et pas seulement en exonérant les créateurs d’entreprises.

    Tous les investisseurs en produits « illiquides » prennent des risques : quel sera le prix de l’immobilier dans 5 ans alors qu’il est à un plus haut historique ? Idem pour l’or ? Les investisseurs espagnols ou américains en immobilier n’ont-ils pas pris de risques lorsque l’immobilier américain a vu sa valeur divisée par 3 en 5 ans ? L’investisseurs en immobilier en France n’a t-il pas pris de risque lorsqu’il a investi en 1991 à Paris et a vu la valeur de son investissement fondre de 40% en 7 ans ?

    Pour les Actions, il est évident que l’investisseurs prend un risque, même les actions cotées…..M Simoncini le sait bien avec son investissement dans Vivendi……il n’y a pas que le capital risque ou la création d’entreprises qui sont des investissements à risque, et ils ne sont pas plus productifs d’emplois ou de création de richesse que le développement d’une société cotée qui créé beaucoup plus d’emplois ou de richesse que les start up en France. Il n’y a jamais eu de google, de yahoo, d’Amazon ou d’Apple en France, et donc la création d’emplois et de richesses des sart up sont marginales comparées à celles de grandes entreprises financières par exemple.

    Tous les investisseurs qui ont acheté des actions Alcatel (dont le cours est passé de 90€ à 0,8€), France Telecom (180€ à 10€), Vivendi (120€ à 15€), Pages Jaunes (14€ à 4€), Axa (30€ à 12€), Vallourec (112€ à 37€), Société Générale (115€ à 23€), EDF (87€ à 16€), Bouygues (66€ à 19€), Renault (117€ à 36€), Lafarge (110€ à 43€)……..savent bien qu’acheter des Actions même de grandes sociétés cotées ou de leaders mondiaux constituent un risque !

    Non seulement dire qu’un investissement en Actions de grands groupes est une rente est totalement faux, mais ce sont ces sociétés qui créées de l’emploi et de la richesse puisque rappelons que 65% des entreprises françaises n’ont pas de salariés donc leur création d’emploi est nulle et la création de richesse est faible.

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    bleines

    7 octobre 2012 at 12:48

    Enfin un journaliste qui s’aperçoit que créer une entreprise et investir en actions du CAC40 sont tous deux une prise de risque : L’éditorial de M Le Bailly, page 27 d’Investir Le Journal des Finances du 6 au 12 octobre vaut qu’on s’y attarde……..Dommage que ces commentaires qui ressemblent aux miens :) ne soient pas largement diffusés par les medias, qui montreraient ainsi que nos dirigeants n’ont pas une maitrise de l’économie, et qu’ils privilégient des investissements sans risque comme le livret A et le fond Euros dans les contrats d’assurance vie ……

    D’ailleurs, cela est si vrai que la plupart des investisseurs croit que le fond Euro, c’ est l’assurance vie alors que ça ne représente qu’un fond sur 750 fonds disponibles par exemple dans le contrat Stategic Plus de Swiss Life ou sur les 400 fonds disponibles dans le contrat Himalia de Generali Patrimoine….. Je croyais que le rôle de journalistes financiers étaient d’expliquer …..Invitez moi sur vos ondes et je m’en chargerai :)

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    bleines

    11 octobre 2012 at 8:44

    Un ancien ministre de l’économie et des finances et DG d’une institution internationale révolutionne l’économie en disant qu’il faut que les pays européens qui bénéficient de taux d’intérêts faibles (Allemagne, France, Finlande, Pays Bas…) paient pour les pays européens qui ont des taux d’intérêt élevés (Espagne, Italie, Grèce, Portugal….).

    Comme le disent les guignols : « Ceci est une révolution », mais absolument pas une théorie économique. Ne faudrait-il pas se demander pourquoi cet écart existe entre ces pays. Pourquoi est-ce que la bonne gestion d’un pays devrait payer pour celui qui fait n’importe quoi (comme par exemple construire des aéroports dans des no man’s land en Espagne) ou ceux qui trichent ou sont incapables de lever l’impôt comme la Grèce ??

    Encore une théorie de redistribution sans création de richesses…….Et pourtant, certains écoutent ou approuvent ce type de discours…….comme ceux qui voulaient des Eurobonds sans contraindre des pays européens à un e rigueur budgétaire…….

    heureusement que certains pays clés européens n’accepteront jamais ces délires politiques qui n’ont rien à voir avec l’Economie.

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    bleines

    12 octobre 2012 at 15:09

    Décidément un autre ancien ministre de l’économie et des finances en France propose de donner davantage de temps à la Grèce et aux autres, mais pourquoi faire puisqu’ils seront incapables de restaurer leur économie à moyen terme. Si l’aide à la Grèce se poursuit, la zone Euro lui aura donné 350 milliards, sans doute à passer en perte et profits……;alors que ce pays est incapable de réduire ses dépenses annuelles de quelques milliards et est incapable de lever l’impôt.

    En outre, il a absolument besoin de dévaluer sa monnaie pour être compétitif même sur le plan touristique, ce qui lui est impossible en restant dans l’Euro. La Grèce a plus de 25% de chômeurs et certains veulent nous faire croire que ça serait pire en quittant l’Euro……

    Par ailleurs, le manque de visibilité nuit davantage aux marchés financiers sur ce point q’une sortie organisée de la Grèce de la zone Euro. Les marchés sont capables d’accepter cette sortie, et il est probable qu’ils la souhaitent.

  7. avatar

    bleines

    14 octobre 2012 at 13:42

    « La Caisse des Dépots va prendre la majorité du capital de Veolia Transdev », titre d’un article paru dans un magazine. Une fois de plus, la Caisse des Dépots, appelée CDC, est le bras privé de la France, mais pourquoi faire? En effet, elle est dirigée par des hauts fonctionnaires qui ne connaissent pas le monde des entreprises, et qui jouent au monopoly …….avec l’argent des citoyens français, des patrons qui ne prennent aucun risques sauf à ce que leur mandat ne soit pas renouvelé……

    Je ne comprends pas pourquoi cette institution financière, qui ressemble à une banque nationalisée, investi dans des projets privés. Je l’ai vu aussi investir à l’étranger dans des autoroutes ou centres commerciaux en Europe centrale……Pourquoi ? Est-ce approprié pour le budget de la France ? Pourquoi ne pas laisser ce soin aux sociétés privées que ce soit des banques ou des fonds d’investissements ?

    La CDC a d’ailleurs tojours besoin de se justifier en mentionnant qu’elle exige un rendement de ses investissements, mais est-ce le rôle de l’Etat d’investir dans des entreprises privées, et d’être actionnaire majoritaire et donc de décider des dirigeants et de la stratégie des entreprises dans lesquelles la CDC investit ?

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    bleines

    16 octobre 2012 at 6:02

    Connaissez-vous le nom du Français qui a reçu le dernier prix nobel d’économie ? Maurice Allais en 1988, le seul économiste français à avoir reçu le nobel…..on ne compte plus le nombre d’américains qui ont reçu ce prix.

    Cette année, une fois encore, le prix nobel d’économie a été attribué à…. 2 américains, on ne peut même plus l’attribuer à une seul. Les économistes américains sont dans tous les classements, et vous connaissez les noms célèbres comme Krugman ou Stiglitz. Vous connaissez peut être même davantage le nom du patron de la FED que de celui de la BCE, et vous avez même peut être entendu parlé de Roubini……….non ce n’est pas un magicien quoique que….

    Actuellement, à chaque fois que j’entends un économiste français dans les medias, il déclare qu’il faut arrêter la rigueur budgétaire et relancer la croissance……exactement le discours inverse qu’ils tenaient il y a 3 ans lorsque Bernanke, patron de la FED, créait de la monnaie. A ce moment là, il y avait unanimité contre cette politique économique américaine, alors que Bernanke comme d’autres américains n’ont plus à prouver leur compétence économique, ce qui est loin d’être le cas en France…….Je suggère aux journalistes de faire une émission où on entendrait les propos ou prévisions des économistes français en 2008 et aujourd’hui, et de l’appeler « Gags économiques » :)

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    bleines

    16 octobre 2012 at 9:26

    Je m’interroge, est-ce que mon cerveau fonctionne bien; est-ce que le CCA, l’hypothalamus, l’insula…..sont bien en place :

    Le « Président des riches » a perdu la dernière élection car il a tapé sur son électorat comme jamais un Président ou un gouvernement socialiste ne l’avait fait depuis 30 ans….En effet, il a notamment plafonné les niches fiscales à un niveau très bas sans exception (en 2012, 4% du revenu imposable + 18.000€).

    Le « Président normal » prend parfois le TGV, mais refuse de taxer les oeuvres d’art à l’ISF : il est vrai que les oeuvres d’art sont principalement détenues par son électorat populaire, et bien qu’il mette un plafond des niches fiscales à 10.000€, les niches des « riches » tels que le Monument Historique, Malraux ou Dom-Tom , ne seront pas comprises dans ce plafond, ce qui apparait incommensurablement plus avantageux que le plafond mis en place par le « Président des riches ».

    Cherchez l’erreur :)

  10. avatar

    bleines

    17 octobre 2012 at 6:43

    Les politiciens français qui ont l’habitude depuis des décades de redistribution sans vérification de l’efficacité des mesures mises en oeuvre, et sans demander de contreparties aux bénéficiares, sont naturellement pour les Eurobonds. La création d’un tel outil en l’état permettrait à certains Etats européens de continuer à dépenser sans compter……J’ai récemment mentionné la création d’aéroports en espagne dans des régions déserts mais on peut recenser des milliers de dépenses inutiles en Europe.

    Depuis la création de ce concept d’Eurobonds, je suis naturellement contre, car les Etats européens ont des politiques économiques et fiscales très différentes, et surtout les Eurobonds constitueraient une mutualisation européenne sans contreparties, une sorte de sécurité sociale des dépenses au niveau européen…..avec un trou de financement béant; il suffit de regarder notre système français.

    Les politiciens allemands souhaitent un abandon de « souveraineté » (drôle de mot utilisé par les medias pour désigner le pouvoir législatif démocratique !) en ayant le pouvoir de refuser un budget national en demandant la création d’un commissaire européen au budget avec des pouvoirs étendus. Le traité de discipline budgétaire est un premier pas qui n’a cependant pas encore été voté par tous ses membres.

    Il est clair que rétrospectivement les Britanniques avaient raison de dire lors de la création de l’Euro que l’on mettait la charrue avant les boeufs, puisqu’il y a eu création d’une monnaie commune alors que chaque Etat a une politique économique et fiscale différente. La création de l’Euro a surtout permis à certains pays de se payer des infrastructures et un développement économique financé par d’autres pays……donc par d’autres contribuables, et notamment la Grèce ou l’Espagne, sans que l’efficacité ou nécessité de leurs dépenses ne soient évaluées.

    Les autres arguments ne sont que des affirmations qui manquent de démonstration. A part éviter de changer des francs français lors de déplacement à l’étranger, qui peut être réellement convaincu de l’apport d’une monnaie commune?
    Surtout avec la crise que nous vivons actuellement en Europe et les fonds que chaque pays verse notamment à la Grèce (350 milliards) et prochainement à l’Espagne, et à une BCE qui rachète des emprunts « pourris » émis par certains pays. Il faudra bien à un moment ou un autre payer ces emprunts « pourris » à leur prix, et qui devra payer ?

    Si nous voulons créer les Etats-Unis d’Europe, il faudra bien qu’un président européen soit élu au suffrage universel et un système politique et fiscal cohérent et harmonisé comme aux Etats-Unis, et nous en sommes très très très loin.

  11. avatar

    bleines

    19 octobre 2012 at 10:36

    L’Union bancaire me fait penser à l’Union européenne, et donc que certains paieront pour les erreurs ou tricheries des autres…….

    Les banques sont des sociétés privées qui ont déjà l’une des plus lourdes régulations parmi les sociétés privées .Donc je ne vois pas bien pourquoi, je devrais payer pour les erreurs des banques espagnoles ou grèques, lesquelles sont parfois influencées par leur gouvernement respectif pour investir dans des obligations émises par ces mêmes Etats………Obligations dites « pourries »…..

    Notre système européen ressemble de plus en plus à un système collectif où l’entreprise privée n’aura bien tôt plus sa place. Je me demande si je ne préfèrerais pas qu’un Etat nationalise une banque à l’agonie, plutot qu’une mutualisation européenne, quitte à choisir entre la peste et le choléra.

    Ce régulateur, composé de technocrates, va en réalité diriger des entreprises privées qui devront se soumettre à sa volonté quant à leurs activités, et donc à leur stratégie, l’élément majeur d’une société. En effet, si celui-ci dit que des activités de marché sont trop risquées, elles devront réduire ces activités. Nous voyons bien qu’il y a une totale opposition entre des aspects d’absence de risques d’un coté, et de prise de risques de l’autre…..encore une fois, nous parlons de sociétés privées avec des actionnaires privés.

    naturellement, il faut protéger l’épargnant, mais cette protection existe déjà puisque chaque épargnant a une garantie qui porte déjà sur un montant significatif, laquelle est payée par une mutualisation des banques.

    Lorsque je vois se multiplier l’intervention des Etats dans des sociétés privées, récemment avec PSA et maintenant avec l’Union bancaire, Je m’interroge sur le maintien d’un système capitaliste en Europe. En clair, en tant que petit entrepreneur individuel, vous avez le droit de prendre des risques, de ne pas être financé, que personne ne vous aide en cas de chute, et d’être taxé comme une vache à lait si vous réussissez…….ceci n’est pas applicable lorsque vous êtes une grande entreprise.

    Comme me disait mon premier patron dans un cabinet d’audit lorsque j’ai commencé à travailler : « si vous créez votre entreprise, il faut qu’elle soit énorme. En effet, si vous réussissez, vous gagnerez beaucoup plus d’argent, et en cas de pertes, celles-ci seront similaires entre une grande et petite entreprise. »

    A cela j’ajouterai qu’il vaudra mieux dorénavant créer une banque, car votre stratégie sera établie par des bureaucrates, qui feront payer les contribuables européens s’ils commettent des erreurs :)

  12. avatar

    bleines

    22 octobre 2012 at 14:11

    Apparemment, les membres du gouvernement sont très génés par le rapport Gallois (ancien patron de la SNCF et de EADS) qui soulignent notamment des baisses de charges, 30 milliards d’euros, excusez du peu…..alors que Matignon planche sur la compétitivité des entreprises hors coût, non ce n’est pas une blague :)

    Un article précédent des Echos rédigé par X Fontanet, l’ancien patron d’Essilor, soulignait que la France a environ un impôt sur les sociétés, une taxation des plus values de cession de titres pour les entrepreneurs, des charges patronales et salariales plus ou moins du double de celles de l’Allemagne….excusez du peu :) , avec en outre, un ISF à 1?5% alors que cet impôt n’existe pas en Allemagne, ni au Royaume Uni, ni en Italie…..

    On comprend mieux le manque de compétences de l’Etat, alors qu’il souhaite régir de plus en plus le domaine des entreprises, et l’opposition des grands capitaines d’industrie.

    On comprend mieux également l’absence de crédibilité des économistes français sur ce type de sujets lorsqu’ils s’affrontent sans cesse, et alors que leur médiatisation ait atteint des sommets……Les 20 derniers Nobel d’économie étaient américains.

  13. avatar

    bleines

    25 octobre 2012 at 12:50

    Le Gouvernement a donné une garantie à Peugeot Finance afin de préserver l’outil industriel Peugeot. En contrepartie de cette garantie, l’Etat demande de conserver des emplois qui devait être supprimés, et ceci à juste titre selon l’expert qui avait été nommé par l’Etat. Ceci n’est-il pas surprenant ?

    En effet, cette garantie est une garantie des contribuables quant à la viabilité de Peugeot. cette viabilité ne peut être assurée que s’il y a une restructuration importante exigeant des licenciements. Comment est-ce que Peugeot peut être compétitif s’il ne se restructure pas son outil industriel?

    Décidément, soit le gouvernement ne comprend toujours pas le fonctionnement de l’économie d’une société privée qui est dans un domaine très concurrentiel, soit il est fortement démago……A vous de choisir :)

    Une chose est certaine : plus l’Etat est interventionniste dans le secteur privé concurrentiel, moins les sociétés concernées sont viables. De nombreux exemples peuvent être cités, naturellement Peugeot, mais également la fusion avortée EADS/BAE, la situation d’Air France qui n’a jamais réussi à se relever de l’emprise de l’Etat………

  14. avatar

    bleines

    25 octobre 2012 at 13:38

    Le Ministre de l’Egalité des territoires et du Logement (ça ne fait pas un peu pompeux pour un ministre qui représente la gauche? :) ) s’exprime dans le magazine Challenges.

    Naturellement, ce sont les autres politiques qui ont fait des erreurs comme d’hab : « …des politiques couteuses pour l’Etat, qui gonflent artificiellement la demande….. ». C’est vrai que cela fait des décades que l’Etat subventionne massivement l’immobilier, et il avait enfin décider d’arrêter, lorsque le gouvernement a changé :)

    Quelques lignes plus loin, concernant le prochain mécanisme « Duflot », le même Ministre déclare : …..une réduction d’impôt de 18% sur neuf ans, ce n’est pas rien ! »

    Il y a de quoi mourir de rire, vous ne trouvez pas ? Surtout lorsque l’on sait en plus que le Malraux va être en dehors du plafonnement global des niches fiscales, ce qui n’était pas le cas sous l’ancienne majorité…..

    Effectivement, la subvention de l’immobilier (Périssol, de Robien, Borloo, Scellier, Monument Historique, Malraux, girardin, et bientôt le Duflot), est un mécanisme très couteux pour l’Etat ……..En outre, les prix de l’immobilier en France sont dans les plus élevés au Monde comparés au revenu moyen, pourquoi ? Les très faibles taux d’intérêt des 10 dernières années expliquent une bonne partie de la hausse, mais c’est le même phénomène dans beaucoup de pays. L’autre raison est la subvention continuelle de l’Etat français à l’immobilier, ce qui n’a cessé de faire augmenter les prix, et notamment ceux du neuf. Ce mécanisme n’a pas été similaire dans d’autres pays.

    Rappelons que les prix de l’immobilier, selon les derniers chiffres INSEE, ont été multiplié par 2,2 ces 10 dernières années, et qu’ils ont été multipliés par 2,9 à paris : ceci signifie que sur 10 ans, les prix de l’immobilier ont augmenté d’un niveau similaire que sur 30 ans, puisqu’en moyenne, l’immobilier augmente d’environ 10% par an, inflation comprise…….

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