Gouvernance et commerce associé : un creuset riche en ingrédients

Gouvernance et commerce associé : un creuset riche en ingrédients

Chacun le sait, la gouvernance d’une structure de type Commerce Associé, demande infiniment de doigté, ainsi qu’un savant mélange de persuasion et prise de décision, ce que d’aucuns nommeront par le néologisme « démocrature », fille puînée d’un mariage improbable entre démocratie et dictature.

Il est certain que l’importance de la qualité de management, passe impérativement par la fédération des énergies, exprimées par chaque adhérent dans un projet collectif.

Impliquer le réseau demeure, en toute circonstance, le leitmotiv.

Créer sans cesse un climat d’émulation, de fierté d’appartenance à son Groupement et de participation au bon fonctionnement de celui-ci : c’est là le secret d’une gouvernance efficace et performante.

Mais si ce postulat de base est incontournable, cela ne signifie pas pour autant qu’il ne doit pas y avoir de véritables direction au sens stricte du terme.

Elle est gérée différemment et s’appuie sur la nature même de la relation d’animation d’un Groupement.

L’animation d’un Groupement en sept points

Nous pouvons, d’ailleurs, résumer celle-ci en 7 points, formant une boucle indissociable :
- Le soutien : À savoir le transfert d’un savoir-faire de l’amont vers l’aval, car la réussite d’un réseau du Commerce Associé doit se traduire, en toute circonstance, par la réussite de tous ses adhérents et coopérateurs.
- La concertation : Où il s’agit d’enrichir la réflexion du Groupement grâce à l’apport des adhérents. C’est une étape incontournable également, afin de fédérer autour d’un projet qui, pour réussir, doit être approprié par chacun.
- L’information : Essentielle pour une vraie transparence des décisions collectives et une meilleure et plus rapide adoption de celles ci par toutes et tous.
- La participation : Le Groupement est la « propriété » de chacun de ses membres et il leur appartient de participer à son édification. C’est cette légitimité d’action qui prévaut sur les seuls « critiques de salons ».
- La préservation de l’autonomie de chaque adhérent et coopérateur, pour la décision finale et l’application des actions sur le terrain.
- La convivialité : Qui est l’essence même des relations humaines, valeur fondamentale et commune, s’il en est, à l’ensemble du Commerce Associé.
- Le contrôle : Car, si chacun a des droits, cela n’exclue pas les devoirs. Mais un certain niveau de contrôle n’est possible que, si et seulement si, il y a un véritable équilibre avec la première étape de cette boucle, à savoir le soutien.

Un cercle vertueux

Si la recette est de s’appuyer sur une « diversité culturelle », propice à l’enrichissement permanent du Groupement, attention, malgré tout, aux mauvais compromis, ce que j’appellerais le « consensus mou ».
Il est souvent de règle de constater que, dans les réseaux du Commerce Associé, pour avancer d’un pas, il faut en faire dix et accepter de reculer de neuf. Mais, faut-il encore que le pas franchi représente une réelle avancée, une nouvelle étape décisive, participant à la pérennisation des entreprises membres.
C’est pourquoi, il est indispensable que les enjeux soient clairement identifiés et expliqués afin que chaque adhérent les partage et se les attribue.

Pour autant, il est des prises de décisions que seul le « commandant de bord », à savoir l’organe dirigeant du Groupement (généralement composé d’un Président et de son Conseil d’Administration), est à même de prendre, sans obligatoirement en référer à chaque instant à l’ensemble du réseau. Il doit savoir et pouvoir agir, conformément aux rôle et missions que lui ont confié l’ensemble de ses collègues.

Nous abordons ainsi une donnée essentielle au parfait fonctionnement des rouages d’un Groupement : la confiance. Confiance dans l’équipe mise en place, dans leurs décisions opérationnelles et dans leurs concrétisations techniques.

Des divergences d’opinion peuvent parfaitement s’exprimer et libre à chacun, alors, de s’impliquer dans le fonctionnement de son Groupement et ainsi d’agir en adéquation avec ses propres convictions.
Mais à un moment donné, il faut savoir faire fi des tergiversations et avancer, car les concurrents et le marché n’attendent pas.

Si la dimension humaine prime, l’indépendance sans un minimum d’interdépendance est la porte ouverte à l’individualisme.

Et les collaborateurs permanents, me direz-vous, comment s’inscrivent-ils dans cette approche ?

Il est certain que leur rôle contient un double enjeu :

  • Être un technicien spécialiste de son domaine (chef de produits, acheteur, communication…)
  • Mais être aussi un « animateur », devant être force de propositions et participant aux prises de décisions

Si les permanents sont les chevilles ouvrières du système, il restent également les « hommes de l’ombre » des Groupements car, leurs connaissances et technicités alliés à leurs actions journalières, font qu’ils sont à même d’embrasser les problématiques et les moyens de les résoudre, tout en travaillant avec les adhérents, qui apportent un indispensable savoir-faire terrain.

Une fois encore, la confiance envers ces collaborateurs (basée sur des obligations de résultats) est la clé du succès du binôme adhérent/permanent et de la pérennité des équipes (le turn-over des collaborateurs demeure souvent un véritable casse-tête à gérer).

C’est donc avec cette recette, alliant fédération, dimension humaine et organisation structurée, que le Commerce Associé fait la différence et continue de rassembler des entrepreneurs qui, tout en conservant leurs spécificités, mettent en commun leur volonté et enthousiasme pour le bien être de tous… et leur propre bien.



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