Outils et management de l infobésité

La gestion de l'infobésité passe par la stratégie, les outils et le management de l'information.

En matière de gestion de l’infobésité, « tout part de la stratégie mise en place par l’homme, rien n’est fait par magie. Cependant, les outils peuvent très bien guider les stratégies lorsqu’ils sont paramétrés de la bonne manière ». Autre enjeu : le management de l’information et la gestion des flux pour séparer l’utile du futile. Précisions avec notre interviewé, Stefan Lechère, Directeur du Développement Europe de Netvibes.

En entreprise, peut-on simplifier l’information stratégique sans en déprécier l’intérêt ?

L’exhaustivité du web n’existe pas, l’important n’est pas de simplifier l’information mais plutôt de se dire qu’un tel volume de données nécessite une véritable méthodologie de recherche. Cela implique certes une dépréciation de l’information, mais qui sera contrôlée par l’homme et la machine.

Il n’y a pas de magie, si le travail de qualification en amont est fait avec rigueur, alors le résultat final, aussi simplifié soit-il, dégagera des données pertinentes.

Où réside la plus grande difficulté pour le marketeur : séparer le bon grain de l’ivraie ou regarder du bon côté ?

Stefan Lechère, Directeur du Développement Europe de Netvibes

Stefan Lechère, Directeur du Développement Europe de Netvibes

Aujourd’hui, analyser l’information n’est pas une fin en soi. Chaque individu, collaborateur, salarié se doit d’analyser l’information par tous les moyens possible pour l’utiliser comme seuil de déclenchement pour prendre les décisions. Pour y parvenir, il faut avoir mis en place, au préalable, tous les moyens pour écouter et analyser le web, de manière presque automatiques et de les croiser avec les informations venant des experts. L’utilisation des smart Tagging & analyse automatique avec notre outil permet de ne rien oublier et ainsi, prendre en compte un maximum d’avis venant de sources appropriées.

Au fond, la plus grande difficulté pour les marketeurs dans cette nuée d’information est de ne pas perdre leur objectif de base afin d’éviter de se noyer dans les moyens et les opportunités. « On ne peut pas faire bouillir l’océan » en revanche chacun peut faire chauffer sa propre baignoire. On voudrait pouvoir tout écouter, mais c’est en réalité impossible. Il faut commencer par suivre une méthodologie simple et itérative. Dans la prise de décision, on n’est jamais à l’abri de faire les mauvais choix. En revanche, avec tous les flux qui arrivent, il serait mal vu de ne pas être réactif à la suite d’une mauvaise décision.

L’infobésité en entreprise n’est-elle pas une conséquence d’un piètre management de l’information ?

On a beau s’en plaindre parfois, l’infobésité est avant tout une richesse. Comment dénigrer le surplus d’information lorsque dans certains pays, l’information est totalement manquante ? L’infobésité ne peut donc pas être la conséquence d’un piètre management. A force de parler de transformation, de révolution numérique, de digitalisation, de big data… on pense qu’il y a des solutions magiques pour comprendre ce que beaucoup appellent la « nuée » d’information numérique. Dans ce maelstrom d’information, tout le monde veut réduire le bruit pour permettre aux capacités d’apprentissage, de connaissance et de créativité de donner leurs pleines mesures. Or, une méthodologie simple et des outils de veille fiables peuvent permettre de faire émerger de cette nuée les informations qui ont du sens.

Nous pensons que la clé réside dans la coopération : « si l’individu devant le numérique prend une décision seul, cette décision peut être le fruit d’expérience de coopération et d’échanges durables avec les autres », Byung-Chul Han. La collaboration cross-fonctionnelle est bien sur le papier mais difficile à mettre en place car les organisations sont souvent bloquées dans un mode coopératif. Alors que si on part d’un objectif clair et que l’on rassemble ceux qui peuvent contribuer à l’atteindre, c’est ainsi que l’on développe des vraies capacités de collaboration qui peuvent transformer une organisation « HBR Quote ».

Ce qui semble signifier que la stratégie doit continuer à inspirer le management… qui pilote les outils ?

Piloter des outils oui, mais il ne faut pas oublier son objectif se base, sans quoi on perd en efficacité. Cela fait perdre du temps et on risque de s’embourber dans de mauvaises directions. Un dashboard permet d’intégrer beaucoup d’indicateurs, mais les utilisateurs doivent sélectionner et connaitre ces indicateurs. Il est d’ailleurs très important et bénéfique que chacun rajoute d’autres indicateurs pour faire évoluer son analyse et que rien ne doit être figé. Et ça, chacun est en mesure de l’arbitrer et le maitriser, et non plus forcément un CIO CDO CTO CMO qui en décide. Tout le monde a un rôle à jouer dans cette recherche et la segmentation n’est plus radicalement tranchée. C’est l’individu qui connais le mieux son sujet qui sera le plus susceptible de prendre les prochaines décisions pour automatiser de nouvelles machines. Tout part de la stratégie mise en place par l’homme, rien n’est fait par magie. Cependant, les outils peuvent très bien guider les stratégies lorsqu’ils sont paramétrés de la bonne manière. Il faut voir cela comme un cercle avec comme point d’appui, la décision prise par l’homme au pluriel mis en avant par l’individuation.

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Un article de notre dossier : Infobésité

(c) ill. Shutterstock

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Planneur stratégique. Profil de Serge-Henri Saint-Michel et articles publiés.


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