Le Made in France tient son salon… et à ses atouts

Fabienne Delahaye, responsable du salon MIF - Made in France, aborde en exclusivité les opportunités du "Made in France", au-delà du marketing.

Le premier salon grand public dédié aux produits fabriqués en France (MIF Expo) aura lieu les 9,10,11 novembre 2012 à Paris, Espace Champerret.

Fabienne Delahaye, commissaire général du Salon, aborde en exclusivité les opportunités du « Made in France », au-delà du marketing.

Que signifie « produire française », par exemple pour de l’électro ménager ? N’est pas une notion confuse ?

Fabienne Delahaye, responsable du salon MIF - Made in France, aborde en exclusivité les opportunités du "Made in France", au-delà du marketing.

Quelles opportunités pour le « Made in France », au-delà du marketing ?

Nous souhaitons mettre en valeur les produits conçus et fabriqués en France (l’assemblage n’étant pas suffisant à nos yeux).

Il faut distinguer les produits naturels, dans ce cas, tous les ingrédients doivent avoir été récoltés, élevés et produits totalement en France. Aucune confusion ;

Dans le cas de produits plus industriels nécessitant pour leur fabrication des matières premières n’existant pas en France (ex, pétrole) il faut que la moitié des composants soient originaires de France.

91% des français se déclarent être prêt à donner priorité aux produits « Made in France » *. A quel prix ?

Je ne suis pas certaine qu’acheter des produits fabriqués en France soit tellement plus coûteux. Je pense que pour estimer le coût d’un bien, il ne faut pas uniquement tenir compte de son prix mais de sa valeur d’usage et de sa durée de fonctionnement. Acheter à faible prix des articles vite défectueux, que vous ne pouvez pas réparer et que vous devez racheter souvent coûte beaucoup plus cher. Acheter pas cher et souvent n’est-il pas très coûteux ??

Il faut également parler des coûts induits par l’importation massive de produits à bas prix ; le premier étant le coût sur l’emploi : dépenser pour maintenir son emploi, c’est conserver à terme son pouvoir d’achat et celui de tous (souvenez-vous de la pub « nos achats font nos emplois » c’est vrai si les produits sont fabriqués en France.

C’est quoi la désindustrialisation ? C’est bien le fait de ne plus produire en France. L’impact sur l’emploi est énorme. N’est-ce pas d’ailleurs l’exemple souvent donné, celui de l’économie allemande, qui justement repose sur le fait que l’Allemagne, a su mieux que nous, préserver son industrie et produire sur son territoire.

Fabienne Delahaye, commissaire général du Salon MIF - Made in France

Fabienne Delahaye, commissaire général du Salon MIF – Made in France

Et puis il y a tous les autres coûts, je pense à ceux sur l’environnement notamment, et à la pollution que génère le transport de toutes ces marchandises importées de Chine. Ne pensez-vous pas que ce coût est reporté ensuite sur l’ensemble de la collectivité ? En résumé, je pense que le Père Noël n’existant pas, c’est un leurre de croire qu’il y a des produits pas chers. A terme vous payez toujours la facture !

L’attention portée par les français aux terroirs et territoires n’est-elle pas « folklorique » ?

Ce n’est pas du folklore de préserver l’emploi ou la planète, ce n’est pas non plus du folklore de vouloir s’alimenter sainement. Quant au retour à la terre, s’il pouvait permettre de produire une agriculture biologique de qualité. Je n’y vois que des avantages !

Quels sont les vecteurs économiques du retour du Made in France ?

Il y a un autre domaine que l’on aborde peu quand on parle de délocalisation et qui pourtant est très stratégique, c’est celui de la difficulté de protéger ses brevets quand on produit à des milliers de km.

Enfin, faire respecter un cahier des charges à distance est très complexe, d’où un taux important de marchandises produites impropres à la consommation,

Et jusqu’à présent nous n’avons parlé que des coûts. Mais pour certains produits il y a aussi un impact sur le chiffre d’affaires. Quand vous produisez si loin, vous devez passer toutes vos commandes 6 mois en avance et il ne vous est pas possible de faire des réassorts, même si la demande existe, par exemple en pleine saison, l’acheminement et les délais de fabrication étant trop long. Vous perdez en termes de chiffre d’affaire mais aussi d’image.

Et les motivations marketing ?

De toutes façons le marketing existe, on ne peut y échapper et sa finalité est de faire vendre, alors autant qu’il nous incite à acheter des produits fabriqués en France …

Aller plus loin :

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Planneur stratégique. Profil de Serge-Henri Saint-Michel et articles publiés.


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