Vers un nouveau modèle de diffusion de l information ?

Médias : de nouveaux canaux de transmissions de l’information vont instaurer des pratiques de communication différentes

Dans un contexte de révolution numérique, de nouveaux canaux de transmissions de l’information vont instaurer des pratiques de communication différentes. Nous sommes désormais loin des heures de gloire de la bonne vieille presse écrite.

Internet a bouleversé nos habitudes et le déclin des medias traditionnels est une réalité. L’essor du Web 2.0 a créé une grande facilité de diffusion de l’information que les internautes ont pris l’habitude de consommer de façon gratuite. Le support numérique nous permet d’avoir accès aux « actualités » en continu. Ainsi, l’immédiateté et la gratuité d’Internet ont fortement révolutionné notre société.

La génération Y a instauré une culture de l’instantané. De même, avec l’essor d’Internet sont apparus de nombreux blogs, forums, sites et réseaux sociaux, ce qui a donné la naissance au journalisme communautaire. Cette dimension participative redessine les façons de transmettre l’information et s’inscrit dans une logique de réponse aux nouvelles demandes de notre société.

Les quatre D

Avec le Web 2.0, un nouveau lien relationnel se crée entre l’émetteur et le récepteur d’informations, permettant ainsi une interaction. Cette révolution numérique apparaît sous différentes formes et entraine le phénomène des quatre D.

Tout d’abord, l’avènement de la « Digitalisation » a permis d’avoir un accès illimité aux informations à travers tous types de supports (tablettes, smartphones, ordinateurs …). Grâce à une multitude d’outils, les individus sont « hyper-connectés » et ont la possibilité d’interagir avec l’information digitale, ce qui place au second plan les outils classiques comme la presse papier, la télévision ou les livres. Dans son article « Les jeunes et les écrans : Moins de télé, plus d’internet et de replay », Le Monde Campus soulignait les changements d’usages de la génération numérique des 13-24 ans issus d’une étude du CSA et de données Médiamétrie (décembre 2014). La tendance observée est une utilisation accrue du smartphone, de la tablette, et de l’ordinateur aux dépends du téléviseur.

Ensuite, le phénomène de la dématérialisation est incontournable. L’utilisation d’internet comme canal de communication d’information est massive. Wikipedia symbolise cette culture libre du partage de l’information puisqu’il est à la fois collectif, non-marchand et interactif.

Par ailleurs, la dématérialisation a conduit à un processus de production de masse des smartphones qui deviennent « multitâches ». On peut ainsi recevoir des mails professionnels, prendre des photos, lire la presse, réserver des billets de train ou encore, écouter de la musique.

Enfin, la disruption des nouveaux acteurs de l’information entraîne des modes de fonctionnement qui viennent remplacer les règles du jeu précédemment établies. Des acteurs plus agiles et qui sont dans l’instantané vont prendre une place très importante. Cependant, qui sont ces nouveaux acteurs et quelle est leur légitimité ?

Après les blogueurs, les Youtubeurs

Alors que les médias traditionnels créent sur les réseaux sociaux une relation basée sur la diffusion d’informations, de jeunes acteurs comme les Youtubeurs vont développer une nouvelle transmission de l’information à travers une relation plus forte avec leurs publics en se positionnant sur l’échange et le lien. De la même façon que le font certains blogueurs, des Youtubeuses ont un site Internet où elles confient leurs expériences au quotidien, comme une sorte de journal intime. Avec le temps, les blogueurs ont gagné une certaine légitimité et sont désormais plébiscités dans le monde de la mode, de la beauté et de la cuisine grâce à leur expertise. Néanmoins, selon l’étude réalisée par Outils Du Web (« Les relations blogueurs en France en 2013 ») en 2013 les blogueurs n’en font pas un métier à part entière : 68% d’entre eux ont une activité professionnelle en dehors de leur blog, et seuls 10% arrivent à en vivre.

Quant aux Youtubeuses, elles ont fortement bouleversé l’univers des réseaux sociaux à travers leur proximité qui se traduit par l’engagement généré autour du contenu. Ainsi, les enseignes profitent des révélations concernant leurs « expériences intimes » et donc multiplient les partenariats avec ces jeunes filles dans le but de vendre leurs produits. Selon le sondage réalisé en ligne entre le 24 décembre 2015 et le 13 janvier 2016 par La Factory NPA, près de 9 personnes sur 10 déclarent avoir déjà fait des achats à la suite d’une vidéo vue sur Youtube, preuve que ces vidéos influencent vraiment les consommateurs.

Dans le même temps, certains Youtubeurs représentent les nouvelles « Stars 2.0 ». Ce phénomène, né aux Etats-Unis de l’univers du « One man show », prend de plus en plus d’ampleur en France.

Ainsi, douze Youtubeurs figurent pour la première fois dans le 10ème classement Animat de l’agence Omnicom, une étude de notoriété et de popularité des animateurs télé.

De même, les applications de streaming en direct deviennent de plus en plus populaires. Par exemple, lors des attentats de Bruxelles les internautes ont suivi en direct les événements à travers les yeux de ses habitants avec l’appli Periscope. Cette application a même été utilisée en mars 2016 par François Hollande ! Un nouveau moyen de diffusion de l’information est donc né.

Au regard de cette évolution, la presse écrite a bien du mal à maintenir son audience Elle ne parvient plus à attirer les jeunes. La révolution numérique a entraîné des nouveaux modèles de diffusion de l’information mais a aussi permis aux jeunes de trouver de nouveaux intelocuteurs auxquels ils peuvent s’identifier. Cependant, est-ce parce qu’ils sont populaires qu’ils sont légitimes ?

Auteure : Raquel Camacho

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Lire le dossier Futur des médias, médias du futur

(c) ill. Shutterstock

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Ecole supérieure de Publicité. Profil de l'ESP et articles publiés.


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