La connectivité ou le progrès utopique ?

L’ère du numériquement durable : outre le progrès, quels revers pour l’Homme et quels méfaits pour les nouvelles générations ?

Ère du numériquement durable : outre le progrès, quels revers pour l’Homme et quels méfaits pour les nouvelles générations ?

Dans une société toujours plus axée sur le mieux vivre, l’innovation ne se pose plus comme une question mais comme une finalité irréversible. L’ultime progression de la machine au service des désirs de l’homme.

Depuis l’arrivée des smartphones, véritables précurseurs d’une époque digitalisée, toujours plus d’objets connectés font leur apparition, conçus pour aiguiller notre vie quotidienne avec une bienveillance maternelle.

« Le spectacle de la machine qui produit du sens dispense l’homme de penser » citait Jean Baudrillard, en 1972, une phrase qui prend tout son sens aujourd’hui. Face à des objets connectés toujours plus intelligents, se pose la question de l’infantilisation de l’homme par la machine.

Des méfaits qui s’étendent à toutes les générations particulièrement chez les adolescents. Quelles sont les conséquences pour ces nouvelles générations particulièrement lors de ces périodes charnières de développement et de définition de soi ?

L’ère du numériquement durable

Le digital et ses outils toujours plus performants ont envahi nos vies et veillent à nous accompagner dans notre quotidien le plus intime voir nous substituer, nous dispenser de certaines activités routinières.

En effet de nombreux objets connectés ont vu le jour, allant de la « simple » montre connectée à la désormais célèbre et pour sûr, première d’une lignée : la brosse à dents connectée.

Il y en a pour tous les goûts, tous les besoins et surtout pour toutes les bourses ! Dans ce tourbillon digital personne n’a été oublié.

Au-delà du fait que l’innovation en terme de numérique et de connectivité ait créé de nouveaux produits fabuleux sur bien des plans et des domaines, elle a aussi créée de nouveaux besoins ainsi que de nouvelles formes de dépendance non mesurées auprès de certains profils d’individus très réceptifs.

A ces comportements de dépendance ont été apposés des termes tel que la nomophobie, soit la peur d’être séparé de son téléphone mais aussi le FOMO (Fear Of Missing Out) qui matérialise chez l’individu l’angoisse profonde de manquer quelque chose lorsque celui-ci est hors connexion, ou sans ses objets connectés fétiches.

Il n’y a plus de limite à ce que les innovations technologiques apportent et apporteront. Elles rendraient démunis voire régressifs les plus accros, infantiliseraient les adultes et participeraient à l’abrutissement des jeunes générations, soulevant parfois la question d’une trop favorable accessibilité économique.

Digital Natives ou encore Génération Z… Qui sont ces nouveaux adolescents ?

Génération X (née entre 1960 et 1980), Génération Y (ou génération « Internet » des années 80-90) et maintenant la Génération Z du milieu des années 90 aux années 2000… Trois lettres, et beaucoup de questions !

Chez ces adolescents, classifiés, catégorisés et futures proies des entreprises, le phénomène numérique et ses conséquences sont d’autant plus poussés.

A la frontière de l’extension de soi versus l’aliénation, ces jeunes, affublés du terme grossier « génération protéiforme », ont obtenu dès leur âge le plus tendre une maîtrise quasi intuitive des outils numériques, un accès instantané à de l’information illimitée et une ouverture sur le monde leur laissant une large et subjective vision de celui-ci.

Nés avec un smartphone ou une tablette entre les mains, beaucoup de leurs repères se sont construits à la lisière de la vie réelle et virtuelle.

Les nouveaux médias ont au fil des années modifiés la façon dont les jeunes se socialisent et apprennent soulevant une série de questions.

Effectivement, les outils sociaux ont permis de développer de nouvelles formes de socialisation souvent bénéfiques, permettant à certains ados de sortir du cadre de chez eux.

Les conclusions de l’étude réalisée par La Fondation Mac Arthur, « Living and Learning with new media » (2008) a été motivée par deux principales questions de recherche : Comment les nouveaux médias s’intègrent-ils dans les pratiques et les agendas des jeunes ? Et comment ces pratiques modifient-elles la dynamique des négociations, des alphabétisations, de l’apprentissage et de la connaissance des jeunes ?

Cette étude met en lumière le principal apport de l’internet pour les jeunes qui est de se socialiser entre eux, principalement pour entretenir et fortifier des relations existantes ; mais également pour étendre progressivement leurs relations au-delà de ce qu’il est possible dans la vie réelle.

Pour quelques adolescents, internet et les réseaux sociaux sont le moyen de trouver de l’information, d’explorer leurs centres d’intérêts et se rapprocher de nouveaux pairs en dehors de leurs communautés locales.

En revanche, pour d’autres, l’utilisation est excessive, sans limites et devient par conséquent malveillante pour les repères sociaux du jeune, sa vie scolaire et bien sur sa santé.

Une jolie devanture de prime abord, mais le revers de tout cela peut être véritablement une chute libre et des angoisses névrotiques incontrôlables lorsque nos ados se retrouvent sans leur téléphone ou sans accès aux réseaux sociaux et autres applications mobiles.

Au-delà de ces crises d’angoisses, les outils numériques utilisés de façon excessive peuvent chez les jeunes causer une perte de repère, une difficulté à se concentrer sur leurs études, notamment, ainsi qu’une perte de mémoire et une perte de sommeil croissante sur ces dernières années…. Le phénomène de résistance cognitive a même été mis en exergue, certains natifs du numérique doivent en effet réapprendre à résister contre leur propre cerveau, pour bien réfléchir et inhiber ainsi leurs automatismes de pensées dus à tous ces outils digitalisés. De là à parler d’une sclérose de l’esprit il n’y a qu’un pas.

Des méfaits considérables, aux multiples facettes, que les parents, éducateurs et décideurs devraient davantage prendre en considération.

Une utilisation plus saine reste possible…

Malgré tout, il est important de ne pas dramatiser et noircir le tableau. La technologie est – et continuera – d’être génératrice de beaucoup de richesse et de bienfaits sans laquelle notre société ne serait plus la même.

Cependant, l’accent doit être mis sur son utilisation, il devient nécessaire d’être lucide et de modérer notre consommation d’outils numériques, et ce à tous les âges de la vie. L’adolescence reste particulièrement une étape clé qu’il est important de protéger et c’est sur ce point que repose toute la problématique. Comment inculquer à ces jeunes une rigueur, une autorégulation ? Dans quelles mesures peut-on leur transmettre une pédagogie bienveillante du contrôle cognitif pour qu’ils soient en phase avec eux mêmes?

A la famille, avant tout, ainsi qu’aux éducateurs et décideurs de bien gérer l’accueil de la modernité, afin que le développement personnel des nouvelles générations n’en soit pas bridé ni affaibli d’une quelconque forme que ce soit.

Auteure : Aëla Lamberton

***

Un article de notre dossier Marketing des objets connectés

Aller plus loin…

(c) ill. Shutterstock - macro texture of the fabric in a large pea studio

avatar
ISCPA Paris. Profil de l'ISCPA et articles publiés.


Commentez !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>