Réseaux sociaux : la règle du 90-9-1

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La règle des 90-9-1

La règle dite « 90-9-1″ est passablement connue mais, curieusement, si j’en crois mes recherches sur Google, on la trouve peu mentionnée sur les sites français. Elle est pourtant importante, en particulier si vous êtes un entrepreneur à l’initiative d’un site de type 2.0.

Les sites de type 2.0, ce sont des sites qui invitent les internautes à créer du contenu : Wikipédia, Blogger, YouTube, Flickr… Ces sites comptent trois types d’utilisateurs :

  • les créateurs : ils créent le contenu (articles, blog, vidéos, photos…)
  • les consommateurs actifs : sans le créer, ils intéragissent avec le contenu (commentaire, évaluation, transmission…)
  • les consommateurs passifs : ils se contentent de consommer les contenus, sans plus.

Selon les observations et certaines recherches, il semble que les créateurs représentent 1% des utilisateurs de ces sites, les consommateurs actifs 9% et les passifs 90%. C’est là ce que l’on entend par la règle des 90-9-1, qu’on trouve aussi sous le nom de « règle du 1% », par référence au poids des créateurs.

Bien entendu, il faut prendre cette règle comme un raccourci intellectuel, pareil à la loi de Pareto, le temps que l’observation des faits la corrobore ou l’infirme.

Dans tous les cas, elle est utile parce qu’elle incite l’entrepreneur à réfléchir sur son modèle économique en se posant la question suivante :

Quelle est la valeur de chacun de ces profils d’utilisateur pour mon activité ?

Et, ce faisant, on peut être conduit à réajuster son modèle. Ainsi, il me semble qu’à ses débuts, le logiciel de routage MailChimp facturait ses clients selon le nombre d’e-mails envoyés. Ils ont revu cette politique tarifaire en facturant au nombre d’adresses stockées. J’imagine qu’ils ont dû s’apercevoir qu’à cause de leur première approche, ils stockaient des milliers d’adresses inactives. Cela a un coût. Or quel autre moyen de les monétiser qu’en facturant leur « gardiennage ». Avec leur nouvelle politique, ils forcent le propriétaire des adresses à prendre position : les laisser, et donc payer, ou bien les supprimer.

Autre cas de figure : celui des sites d’information, comme LeMonde.fr par exemple. Aussi longtemps que la publicité en ligne (bannières…) était lucrative, les consommateurs passifs avaient de la valeur : c’étaient autant de paires d’yeux monétisables auprès des annonceurs. Aujourd’hui que cette publicité l’est beaucoup moins, et ce alors que ces consommateurs passifs représentent un coût (bande passante), la question de leur monétisation revient à l’ordre du jour : de là les diverses tentatives de faire payer les lecteurs.

Autre point important, comme le souligne cet article, le but n’est pas de convertir ces profils (du passif à l’actif, de l’actif au créateur) mais de les grossir : par exemple, les consommateurs passifs par le référencement naturel, les actifs par des outils de partage du type « Share this » et les créateurs par une interface intuitive, des fonctions d’import de contenu, etc.

Pour conclure, quelques liens sur le sujet.

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Dirigeant et fondateur de Madmagz, site qui permet de créer simplement un magazine d'aspect professionnel.


2 commentaires

  1. avatar

    kais asmi

    8 septembre 2010 at 11:27

    article très intéressant! je pense qu’il faudrait plutôt aller vers une vision plus profonde des 1% créateurs et d’inspirer d’eux les caractères qui permettent à d’autres de suivre le même chemin.

  2. avatar

    Youssef Rahoui

    8 septembre 2010 at 21:23

    Oui, en effet, bonne idée : en les interviewant, en parlant d’eux, susciter les vocations.

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