Sélim, coach en séduction, témoigne

Le marché de la rencontre devient un « marché support », générant de nouvelles opportunités de business, comme le coaching en séduction.

Sélim, coach en séduction pour Art de Séduire, répond en exclusivité à nos questions !

Réponses à lire en parallèle de nos articles sur les Coachs en séduction et marketing [à paraître fin juin NDLR].

Quelles sont les cibles de ce marché qui semble porteur ?

Les lecteurs se répartissent en trois catégories :

  • Les plus jeunes, les 14-18 ans, sont en phase de découverte. Leur corps change, c’est la fin du collège, le lycée ou le début de la fac, ils découvrent les dynamiques sociales et les questions sentimentales, ils veulent plaire aux filles et se rendent comptent qu’ils ont tout un monde à explorer.
  • La catégorie intermédiaire comprend tous les apprentis séducteurs entre 18 et 33-35 ans, c’est la population la plus présente sur le site. Une rupture difficile les amène souvent sur le site pour récupérer leur ex, reprendre confiance en eux ou simplement trouver une nouvelle copine après 3, 7 ou 10 ans de vie commune.
  • La troisième catégorie est celle des séniors, des vétérans sur le marché de la séduction : divorcés, 40-45-50 ans. Ils ont encore envie de plaire, ne veulent plus être célibataires à la suite d’un divorce, ont parfois des enfants. De retour sur le marché de la séduction, ils viennent se « remettre à jour ».

Quels sont les objectifs du coching en séduction ?

Le but du coaching en séduction tel qu’on le pratique chez Artdeseduire est simple : nous donnons des conseils pour que les hommes se sentent mieux dans leur peau, trouvent un but à leur vie et séduisent enfin une fille qu’ils rendront heureux et qui les rendra heureux.

Un peu comme dans Hitch, expert en séduction*, le film avec Will Smith, nous ne faisons pas de coaching en séduction pour les snipers, pour les mecs qui veulent faire du chiffre. Aucun intérêt, ni pour eux, ni pour nous, ni pour les filles qui croiseraient leur route.

Nous donnons aussi des conseils pour les hommes en couple : comment ne pas tomber dans la routine, comment séduire sa femme au quotidien. Un vrai défi. A vrai dire, c’est le défi de tout homme qui arrête de courir après les filles !

Où est la limite entre le coaching en séduction et la thérapie ?

La thérapie, c’est pour les personnes malades. Le coaching, c’est un coup de boost, un coup de pied au cul parfois. On les aide à ouvrir les yeux. On est comme des grands frères que les lecteurs n’ont parfois pas eus.

Il faut envisager le coaching séduction comme un permis de séduire qu’on ferait passer. On aide l’apprenti séducteur à aller mieux, à réfléchir sur ses forces, parce que souvent, ce sont des mecs sympas, mais qui ne savent pas se mettre en valeur. Entre marketeurs, on peut se le dire : le coaching séduction, c’est du repackaging. On aide l’apprenti séducteur à mieux se vendre, mais on ne souhaite pas changer le « produit » comme dirait Adopteunmec, on ne leur apprend pas à mentir ou à dissimuler quoi que ce soit.

Le concept est importé des USA, qu’avez-vous eu à adapter dans un pays réputé pour ses « french lovers » ?

Sélim, coach en séduction pour Art de Séduire

Sélim, coach en séduction pour Art de Séduire

Le concept de « conseils en séduction » vient de tellement loin. On peut remonter à Ovide et son ouvrage L’art d’aimer. On peut remonter à Ninon de Lenclos. Et à Merteuil dans Les Liaisons dangereuses. Le concept de conseils est évidemment européen. Mais les Yankees se sont spécialisés dans le découpage et l’analyse du processus de séduction en ligne, formant une communauté avant nous, pour une simple raison : ils ont eu le web beaucoup plus vite que nous.

Pour adapter le concept, il y avait deux solutions : celle que j’avais adoptée sur www.lepiegeafilles.com, en parlant français, en éliminant tout jargon technique des PUA (les pick-up artists, des virtuoses de la drague) et celle adoptée par la plus grande communauté de séducteurs en France, que j’ai rejointe en 2010 après l’échec de mon entreprise.

On est moins bling bling, plus portés sur l’esprit, sur l’humour que sur le pouvoir du dollar. Pour les Américains, c’est vraiment la clef. Ce qui se comprend : la communauté de la séduction a vu le jour en Californie, là où la plupart des filles sont serveuses / mannequins / actrices à la recherche de mecs de valeur (comprendre réalisateur ou acteur). Les séducteurs US ont dû trouver des parades à la vénalité supposée des femmes…

La plupart des coachs en séduction sont jeunes et… célibataires. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

Jeunes, ce n’est pas vrai. Il y a de vieux briscards qui traînent sur le marché. Les premiers sites de séduction, aujourd’hui délaissés, sont tenus par des trentenaires comme moi. Après, il y a les jeunes qui ont tout compris au web en recyclant un tas d’infos. Le problème : ils manquent d’empathie et d’expérience personnelle.

Célibataires, c’est un peu le revers de la médaille. Pire encore : c’est notre amiante à nous, c’est notre maladie professionnelle ! Dans les faits, les coachs sérieux sont en couple, ils aident les mecs à trouver un but dans la vie, une stabilité, et ce n’est pas en chassant tous les soirs qu’on arrive à quoi que ce soit…

Quelle place pour l’éthique sur ce marché ?

NDLR : certains sites qui proposent une formation pour devenir coach font payer des entretiens préalables.

Oh mince. Ça, je ne connaissais pas. J’avoue ne pas regarder ce que font les autres, pas le temps. En revanche, c’est honteux de penser qu’on peut former un jeune rapidement, contre de l’argent. Toute la team à nos côtés a passé 5 ans sur le forum, vu des dizaines et des dizaines de lecteurs.




On ne forme personne. Ce serait purement et simplement de l’escroquerie. Ceux qui nous aident le font par passion, par vocation. Aider les autres est un choix de vie, une démarche souvent ancrée depuis longtemps chez certains des tauliers du forum.

La déontologie est obligatoire pour nous : on est un business qui fonctionne grâce au web. Si demain un client était mécontent, il pourrait nous démolir en ligne. Notre processus qualité et notre service après-vente nous permettent d’éviter ça.

Enfin, au sujet des dérives… c’est comme partout, il y aura toujours des brebis galeuses qui terniront l’image de ceux qui veulent travailler correctement, mais ce n’est pas propre au marché du coaching amoureux.

Les sites de rencontre, miroir aux alouettes ou réel levier pour la rencontre ? En quoi vos conseils pour séduire en ligne améliorent-ils l’expérience utilisateur de ces sites ?

A titre personnel, j’adore les sites de rencontre. Je les recommande souvent aux apprentis séducteurs qui ne sont pas très à l’aise physiquement dans les bars ou boîtes, ou n’ont pas beaucoup d’amis pour sortir en soirée. J’ai fait des rencontres géniales en ligne, j’ai des amis qui sont en couple grâce à ça. Même s’ils racontent s’être rencontrés dans un bar…

Nos conseils pour séduire en ligne vont de la création du profil au choix de la photo en passant par le premier message : on essaie de couvrir toutes les situations pour aider les lecteurs à prendre leur envol !

Mon avis global : très pratique pour les personnes, homme et femme, qui ne sont pas satisfaites de leur vie sociale actuelle. Ces sites permettent de faire des rencontres de qualité plus souvent que lors des soirées entre potes le jeudi, vendredi ou samedi soir.

Meetic vient de lancer il y a quelques mois les « soirées Meetic », pensez-vous que ce soit le signe du déclin de ces sites ou une évolution normale de ce type de service ?

On est à l’ère du phygital, entre le physique et le digital. Les soirées Meetic sont l’évolution logique et souhaitable de ce moyen de faire des rencontres. D’ailleurs, Meetic a poussé la logique encore plus loin en rachetant récemment Pasta Parties !

URL et IRL, c’est aussi notre crédo : les membres du forum se réunissent souvent pour discuter ensemble « en vrai », accueillent des petits nouveaux, et chaque ville possède sa structure, les Lairs (un emprunt à Fight Club). Ça facilite la remontée d’informations pour tous, et il est important pour nous comme pour les lecteurs de mettre des visages et des voix sur des pseudos !

L’avenir des sites de rencontre ?

Toujours plus simple. Avec toujours plus d’accompagnement. Mais je pense que l’avenir de la rencontre est physique, avec la complicité des boîtes de nuit qui intégreront le digital (smartphone, appli) pour aider les usagers présents dans cet endroit à faire la bonne ou les bonnes rencontres (points communs, likes commun, mutual friends).

Une sorte de liste de célibataires présélectionnés dans l’endroit où l’on se trouve !

Lire  notre Dossier Marketing des sites de rencontres

* Acheter Hitch – Expert en séduction avec Will Smith et Eva Mendes

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Consultant en communication. Profil de Ruben Uzan et articles publiés.


2 commentaires

  1. avatar

    remy

    24 juin 2013 at 10:10

    « La thérapie, c’est pour les personnes malades ». Un peu excessif cette phrase sélim. On croit retomber en 1973 (psy = fou). Travailler sur soi en profondeur (analyse par exemple) est au contraire une belle preuve de sagesse et d’éveil sur soi. La France est le premier consommateur d’anti-dépresseur. La thérapie ou l’art de la parole ferait du bien à beaucoup. crois moi. à bientôt RP

  2. avatar

    'Barney'

    28 juin 2013 at 12:55

    C’est une bataille perdue d’avance, mais oui les termes sont largement galvaudés dans la société française.
    Le coaching à la base est un accompagnement où le coach se met au niveau de son client. Le terme officiel en France associé à votre activité est le mentorat (position haute), vous utilisez d’ailleurs le terme de « grand frère ». Sans parler du conseil.
    Wikipedia résume bien la situation:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Coaching#Enjeux_du_coaching

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