On nous regarde mais ça vous regarde !

La social TV, on ne peut plus y couper. Pas une émission de télévision sans des @ ou des # affichés à l'antenne. Après la TV connectée l'année dernière, c'est désormais la social TV qui est la star des colloques...

Nous vivons le passage d’une télévision où le consommateur est un simple téléspectateur à une télévision interactive par laquelle il dispose d’une infinité de programmes, de contenus personnalisés, et de la possibilité, aujourd’hui non négligeable, de partager ses impressions en direct.

L’existence de la télévision se heurte à la peur croissante des internautes concernant la protection de leurs données personnelles : tour d'horizon des questions que pose ce phénomène !

L’existence de la télévision se heurte à la peur croissante des internautes concernant la protection de leurs données personnelles : tour d’horizon des questions que pose ce phénomène !

Socialisation et partage de contenus

La montée en puissance des réseaux sociaux provoque une réelle envie de partager de la part des internautes. Les réseaux sociaux représentent aujourd’hui, à la fois de nouveaux canaux de distribution et de promotion pour les contenus vidéo et des prestataires de solutions communautaires innovantes pour les chaînes TV et les services de vidéo en ligne. Ils s’affirment donc comme des partenaires puissants et incontournables pour les acteurs du divertissement audiovisuel, à l’heure où la dimension sociale devient un enjeu majeur du monde médiatique et numérique.

Grâce à l’arrivée des téléviseurs connectés, les réseaux sociaux commencent à être disponibles directement sur le petit écran sous forme de widgets. Combinaison idéale entre les programmes audiovisuels et le social networking, la social TV offre aux éditeurs de chaînes l’opportunité de capitaliser sur leur grille de programmes et d’enrichir l’expérience télévisuelle proposée au téléspectateur. A ce titre, TF1 a intégré en Février 2013 Connect à son application MyTF1.fr, une application proposant 4 innovations majeures : le replay via les réseaux sociaux permettant le partage, les séquences vidéos inédites en synchronisation totale avec la diffusion de l’émission, le tout réuni sur un seul écran (regardez et twittez), l’interaction avec l’émission. Pour TF1, l’enjeu « social TV » est de taille. « Un fossé s’est déjà creusé entre nous et les autres chaînes de télévision autour de la Social TV », selon Régis Ravanas, Président de TF1 Entreprises.

De la méfiance malgré l’engouement

Côté consommateurs, ou plus précisément, internautes, on remarque une peur croissante de se faire espionner, et un sentiment d’intrusion par l’utilisation de leurs données personnelles à des fins publicitaires. En France, 35% des internautes considèrent l’insuffisance de la protection des données personnelles comme un frein à l’utilisation d’internet.

Concernant la protection de la vie privée, PATH, un nouveau réseau social lancé en Mai 2012, tire son épingle du jeu en se positionnant comme la nouvelle génération de réseaux  en quête d’intimité, s’envisageant comme un réseau personnel.

Car, effectivement, quand nous communiquons nos données sur internet, où vont elles ? A qui serviront- elles ? Les consommateurs doutent que celles ci soient protégées.

Face à la fuite de données privées et des problèmes de sécurité, un nombre croissant d’internautes décide de fuir la toile. Sur ce point, nous distinguons deux typologies d’internautes méfiants :

La « Génération débranchée » représente plus de 18% de la population. Cette génération réunit les « exclus » victimes de la fracture numérique, les « accros » qui veulent se sevrer, et ceux qui fuient volontairement internet par peur de « Big Brother ». Ces derniers sont 3,64 millions, soit 7,2% de la population, selon une étude intitulée « unplugged ». Cette nouvelle génération de débranchés émerge alors que 35% des internautes français (+5% en un an) considèrent l’insuffisance de la protection des données personnelles comme un frein à l’utilisation d’internet, selon une enquête du Crédoc réalisée en 2011.

Les « flippés d’internet », comme les appelle Havas Média, sont les internautes avertis (entre 35 et 59 ans), actifs ou jeunes retraités, diplômés et aisés, qui se méfient du réseau et de ses risques (réputation, piratages, infection, etc.). Ils craignent une intrusion dans leur ordinateur ou une manipulation, pour eux ou pour leurs proches, au point que développeurs et assureurs rivalisent d’inventivité pour apaiser leurs angoisses. De ce fait, ils limitent généralement à moins d’une heure la connexion quotidienne, ne donnent pas d’informations personnelles, n’expriment aucun sentiment ou opinion sur le web, et ne comprennent pas les réseaux sociaux.

« On ne nous dit pas tout »

Malgré l’engouement existant pour la télévision en ligne, on distingue donc des zones d’ombres concernant la protection des données personnelles des internautes. Celles ci peuvent être fournies par l’internaute lui même (civilité, âge, nom, prénom, centres d’intérêt) ou par le service utilisé (programme visionné, localisation, temps passé devant un programme). Ces données permettent par la suite aux annonceurs de mesurer les usages, l’audience plus finement, ou d’envoyer de la publicité ciblée.

De plus, des fabricants commencent également à intégrer aux postes des capteurs, comme par exemple, des caméras, pour compléter la télécommande traditionnelle (reconnaissance de gestes). Ces capteurs peuvent également être utilisés pour détecter automatiquement la personne qui est devant l’écran (reconnaissance vocale ou faciale) et permettent de proposer des services complémentaires (contrôle parental ou interface personnalisée). Ces capteurs pourraient également permettre, à terme, de suivre et d’analyser les réactions aux programmes ou aux publicités regardés, à partir des postures des téléspectateurs ou du trajet de leurs yeux sur l’écran.

Ces nouveaux services pourraient potentiellement conduire à un profilage plus fin des téléspectateurs, sans qu’ils n’en aient conscience ou qu’ils n’aient les moyens de s’y opposer. C’est pourquoi la CNIL souhaite se positionner en amont et travailler avec les différents acteurs du secteur en formulant des préconisations sur les respects des droits des internautes à l’attention des différents acteurs du secteur.

De plus, la Commission Européenne planche actuellement sur un projet extrêmement ambitieux qui devrait être soumis au vote durant l’année 2013, sur la protection des données personnelles. Inquiétant les entreprises, il pourrait imposer plus de contraintes encadrant le traitement des données pour le bien des internautes.

Auteur : Alexandra Bellez

Un article de notre dossier Télévision connectée, télévision 2.0

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(c) Ill. : Smart TV – Shutterstock

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Ecole supérieure de Publicité. Profil de l'ESP et articles publiés.


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