YouTube sur la TV 2.0 : c’est le bouquet !

La social TV, on ne peut plus y couper. Pas une émission de télévision sans des @ ou des # affichés à l'antenne. Après la TV connectée l'année dernière, c'est désormais la social TV qui est la star des colloques...

Depuis toujours, la télévision n’implique que l’écoute passive du téléspectateur, qui ne pouvait que peu réagir aux propos ou aux programmations. Sa seule alternative à un programme qui ne le satisfaisait pas était le zapping. L’objet télévisuel, par sa grande taille et la distance physique qu’il implique avec le téléspectateur est favorable à cette passivité. Le téléspectateur est loin de l’objet, ne peut pas le toucher, ne peut pas le déplacer et donc ne peut pas l’utiliser où il le souhaite. De plus, un écran dont la taille est supérieure à celle du téléspectateur met celui-ci en position d’attente et induit donc une réception plus passive.

YouTube, initiateur de l’User Generated Content, doit aujourd’hui trouver un moyen de s’intégrer au marché de la TV connectée pour anticiper les changements futurs, et atteindre un nouvel écran : celui du salon.

YouTube doit trouver un moyen de s’intégrer au marché de la TV connectée pour anticiper les changements futurs, et atteindre un nouvel écran : celui du salon

Depuis quelques années, de nouveaux usages de la télévision voient le jour, que ce soit en matière de gestion des contenus, avec par exemple, la vidéo à la demande qui se traduit par l’achat d’un film en direct, grâce à une box ou un abonnement (CanalPlay en France, NetFlix aux Etats-Unis), ou encore la télévision de rattrapage également appelée Catch-up TV. En effet, aujourd’hui, la plupart des chaînes de télévision proposent une rediffusion des contenus, en ligne, durant la semaine suivant la diffusion à la télévision.

A ces nouveaux modes de consommation, nous pouvons ajouter la social TV, qui consiste à intéragir à un programme, souvent en direct, par le biais des réseaux sociaux, et notamment grâce à Twitter. Ces interactions, en plus d’impliquer l’audience à un programme donné, permettent aux chaînes de télévision, de vérifier la qualité de leur audience et parfois, de réagir aux critiques.

De plus, grâce aux réseaux sociaux, les animateurs, ou participants d’émissions peuvent échanger avec les téléspectateurs.

Aujourd’hui, la transmission de l’information, n’est plus unilatérale, et les téléspectateurs ne sont plus de simples récepteurs passif, ils participent, échangent, critiquent, et certaines émissions, affichent même, les Tweets portant le hashtag donné, en direct.

Youtube, de simple diffuseur à éditeur

Depuis Octobre 2012, YouTube a lancé treize chaînes thématiques en ligne, produites par des acteurs de la télévision (Endemol, 3ème œil production…). Les contenus sont diffusés exclusivement sur YouTube, et concernent différentes thématiques: humour, divertissement, cuisine, santé, famille, culture… ce qui permet aux annonceurs de mieux cibler leur audience.

Ces programmes courts permettent à YouTube de venir se poser en éditeur de contenu, à la manière des chaînes de télévision, tout en gardant une durée adaptée au web et une diffusion à la demande.

Les producteurs des contenus recoivent entre 500.000 et 1 million d’euros pour environ 20h de programmes, soit un budget très faible pour du contenu recherchant une qualité similaire à celle de la télévision. YouTube, choisit ainsi, la qualité de la télévision, au prix du web !

Le succès de la plateforme YouTube n’est pas au goût des chaînes de télévision traditionnelles, qui l’accuse d’utiliser leur audience sans indemnisation. En effet, certaines vidéos extraits d’une émission, ou d’un programme se retrouvent souvent sur YouTube, sans le consentement préalable de la chaîne, et donc gratuitement.

De nombreux contenus sur YouTube sont illégaux, tels que des films ou séries qui peuvent venir concurrencer une chaîne de télévision.

Ainsi, de nombreuses chaînes ont signé une charte pour reprendre le contrôle des contenus et services affichés en surimpression de leurs émissions. Cela leur permet également de s’opposer à la redirection des internautes vers d’autres contenus qu’ils possèdent sans leur accord préalable.

Cette mésentente entre le géant YouTube et les chaînes historiques risquent de se poursuivre, puisque la plateforme web envisage une arrivée sur le marché de la TV connectée.

Youtube envisage un modèle payant

Pour s’intégrer au marché de la TV connectée, YouTube n’envisage pas un simple accès depuis une télévision, mais se dirige vers un modèle payant, qui lui permettrait d’acquérir une nouvelle forme de revenus et de s’imposer sur le marché. Ce modèle payant doit voir le jour au printemps 2013, sous la forme d’un bouquet de 25 chaînes pour un tarif compris entre 1 et 5$ ; le montant devrait être similaire en Euros.

Bien que YouTube ait habitué les internautes au gratuit, ce faible prix ne devrait pas poser de problèmes, puisque la filiale de Google, parle d’exclusivités et de diffusions d’émissions en direct.

Dans le cadre de ce bouquet, YouTube et les diffuseurs de contenus se répartiront les droits de la manière suivante : 55% pour YouTube et 45% pour les diffuseurs.

Les diffuseurs devraient également pouvoir choisir d’intégrer ou pas des publicités au sein de leurs programmes. Cependant, avec un bouquet payant pour un service qui a été jusqu’à présent gratuit, intégrer des publicités ne semble pas être une bonne initiative pour s’assurer un bon démarrage.

YouTube risque ainsi de s’attirer les foudres des chaînes de télévision traditionnelles, puisqu’en plus de cannibaliser leur audience via d’autres écrans que celui de la télévision, la plateforme vient les attaquer sur leur propre terrain. Et, au vu du faible succès des chaînes thématiques en ligne de YouTube en France, nous pouvons nous demander ce qu’il en sera du bouquet TV.

De plus, le succès de YouTube vient principalement de sa gratuité et du contenu à la demande. En effet, si les contenus du bouquet sont fixes et non plus générés et choisis par l’utilisateur, YouTube rendrait le téléspectateur, aussi passif qu’il l’était auparavant. Enfin, en s’imposant aujourd’hui comme un éditeur et diffuseur de contenus, YouTube court le risque de perdre, aux yeux de son public, ce qui le faisait sa différence.

Auteur : Sandy Dumessie

Un article de notre dossier Télévision connectée, télévision 2.0

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(c) Ill. : Smart TV – Shutterstock
Sources

  • Ifop, observatoire des réseaux sociaux, Novembre 2011
  • CNC – études – Les nouveaux usages de la télévision connectée, 2012
  • www.journaldunet.com « Infographie : Catch-up TV et VOD trustent les usages de TV connectée »
  • www.influencia.net « Tablette, PC, Smartphone : toutes des TV connectées ? »
  • www.lefigaro.fr : « YouTube va lancer 13 chaînes de télé en France »
  • www.maisonapart.com « Les nouveautés à venir dans le milieu de la TV connectée »
  • www.lexpress.fr : « TV connectée : «treize chaînes thématiques de YouTube débarquent en France »
  • www.zdnet.fr « Des chaînes YouTube dans les tv connectées ? »
  • www.web-tech.fr « YouTube envisagerait les bouquets TV payants »
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Ecole supérieure de Publicité. Profil de l'ESP et articles publiés.


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