La mobilité des cadres, en baisse

L’étude MobiCadres montre un recul de la mobilité globale : avec 24,2% de décideurs mobiles, le taux de mobilité perd 3,6 points par rapport à l’édition précédente, soit une baisse de 12,9% et relève une chute de moitié de la mobilité des décideurs des directions générales : 14,5% contre 27% lors de l’édition précédente ! (18,2% lors de la 1ère édition).

La mobilité professionnelle en baisse

Baisse prononcée de la mobilité de certaines catégories de décideurs :

  • chez les décideuses : -16%
  • dans les entreprises de – 500 salariés : – 15%
  • chez les 45-49 ans (- 20%) et les plus de 55 ans (- 29%)
  • dans les secteurs des biens de consommation, de l’industrie, des technologies et des autres services : -20%
  • chez les professionnels de la communication-médias et des achats : -28%

Mobilité externe et interne pratiquement à l’équilibre : 51%/49%, contre 55%/45% lors de l’édition précédente et 44%/56% lors de la 1ère édition. La conjoncture incite les décideurs à plus de prudence dans leur gestion de carrière, particulièrement dans les entreprises de plus de 500 salariés, où la mobilité externe recule de 7 points par rapport à l’édition précédente (40,8 % → 33,5%) au profit de la mobilité interne.

La mobilité intersectorielle et interprofessionnelle évolue peu : en moyenne, 2 décideurs mobiles sur 3 sont restés dans leur secteur d’activité et/ou leur famille de profession. On note cependant une baisse de
stabilité de deux catégories de décideurs par rapport à l’édition précédente :

  • les directions juridiques et financières : 57,7% contre 70,1%
  • le secteur du conseil : 56,2% contre 70%

L’actionnariat en forte baisse dans les motifs de mobilité : en comparaison avec l’édition précédente, la possibilité de devenir actionnaire passe brutalement du 4ème au 13ème rang des raisons ayant incité les décideurs à bouger. Par ailleurs, si les 2 premiers motifs de mobilité (perspective de carrière plus importante & possibilité d’étendre son champ de compétences) ne bougent pas, le sentiment d’avoir atteint les limites de son poste passe du 5ème au 3ème rang. Conséquemment, l’objectif d’une rémunération plus attractive passe du 3ème au 4ème rang.

Une intention de mobilité toujours élevée

Elle reste forte malgré une baisse significative du taux de mobilité, les décideurs confirment leur souhait de changer de poste et/ou d’entreprise à moyen terme. C’est le cas d’un décideur sur deux ayant changé au cours de l’année écoulée… et de deux décideurs sur trois parmi ceux qui n’ont pas changé.

Les décideurs décident plus que jamais de leur mobilité : comme lors de l’édition précédente, trois décideurs sur quatre déclarent avoir été à l’initiative de leur mobilité. On observe des stratégies très distinctes selon le type de mobilité :

  • les décideurs s’appuient à 60% (contre 76% l’année dernière) sur leur hiérarchie pour faciliter leur mobilité interne et délaissent l’intranet ou la bourse d’emploi de leur entreprise (1,7%…)
  • les décideurs comptent à 52% sur leur réseau et à 26% sur les cabinets de chasse de tête pour accompagner leur mobilité externe, la presse écrite ne représentant que 1,6% de leurs ressources.

Une légère baisse de confiance : même s’ils demeurent très majoritairement positifs sur leur poste actuel, la confiance des décideurs s’infléchit concernant :

  • leurs perspectives d’évolution au sein de leur entreprise : 62% contre 70% l’année dernière
  • l’encouragement de la mobilité interne : 61% contre 65% l’année dernière

Les notes de satisfaction des décideurs varient peu en comparaison avec l’édition précédente ; les tendances observées dans la perception du poste actuel et du poste précédent se confirment :

  • la satisfaction est supérieure dans le cadre de la mobilité interne que dans celui la mobilité externe ainsi que dans les entreprises de plus de 500 salariés plutôt que dans les entreprises de moins de 500 salariés.
  • les décideurs sont globalement plus satisfaits de leur sort que les décideuses
  • les décideurs des directions des systèmes d’information demeurent les moins satisfaits ;
  • à l’opposé, les décideurs des directions opérationnelles expriment l’opinion la plus positive.

Toutefois, contrairement à l’édition précédente où l’on n’observait aucun écart significatif, on note que les décideurs mobiles ont une perception de leur poste actuel plus positive (note de 14,9/20) que les décideurs non mobiles (note de 13,5/20).

La rémunération des décideurs

Sujet à manier avec précaution ! Moins du quart (22,7%) ont répondu à la question « quelle est votre rémunération » ; une très large majorité de répondants sont des mobiles pour lesquels ont note que :

  • 60% ont vu leur rémunération progresser au cours de leur mobilité
  • 34% ont vu leur rémunération inchangée
  • 6% ont vu leur rémunération baisser.

Les niveaux de rémunération observés confirment des tendances déjà bien connues :

  • Mieux vaut être un décideur qu’une décideuse : la rémunération moyenne est de 109 K€ pour un homme et 83 K€ pour une femme
  • mieux vaut être senior que junior : la rémunération moyenne est 120 K€ et + pour les 50 ans et plus, contre 71,5 K€… et moins pour les moins de 35 ans.
  • mieux vaut travailler dans une entreprise de plus de 2000 salariés où la rémunération moyenne est de 114 K€ que dans une entreprise de moins de 50 salariés (91 K€)
  • Mieux vaut être décideur dans la finance (117 K€ en moyenne) que dans une entreprise publique (84 K€).

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Source : étude MobiCadres menée par NominatioN, premier service d’information sur les décideurs, en partenariat avec Oasys consultants, cabinet conseil spécialisé dans l’accompagnement des transitions professionnelles (www.oasys.fr).

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Planneur stratégique. Profil de Serge-Henri Saint-Michel et articles publiés.


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