Perspectives 2011 sur les salaires des cadres dans les fonctions marketing et commerciales

La négociation de son salaire, un tabou ?

En 2011, la demande de cadres marketing et commerciaux repart, un mouvement amorcé dans les derniers mois de 2010. Néanmoins, il est trop tôt pour augurer d’une hausse des salaires pour les profils marketing. Les cadres dans ces fonctions profiteront d’un regain de la confiance à plus long terme, ou d’une innovation technologique à l’origine d’une révolution des comportements de consommation générant une nouvelle catégorie de besoins. Le boom des années 2000 alimenté par la vague Internet et l’essor de la téléphonie mobile avaient fait à l’époque les beaux jours du marketing.

Les grands événements sportifs peuvent, eux aussi, entraîner les marques vers des investissements plus soutenus en marketing, même s’ils sont de plus courte durée. Nous ne sommes pas à l’abri de bonnes surprises de cette nature dans les années qui viennent.

Une situation contrastée entre profils commerciaux et marketing

Etat des lieux 2010 et les perspectives 2011 sur les salaires des cadres dans les fonctions marketing et commerciales

Etat des lieux 2010 et les perspectives 2011 sur les salaires des cadres dans les fonctions marketing et commerciales

2011 présentera une situation contrastée : le marché du recrutement sera très « tendu » ou « demandeur » du côté des profils commerciaux, avec une tendance perceptible à la hausse des salaires, alors que les métiers du marketing ne verront peut-être pas encore une véritable sortie de crise.

En effet, la relance de l’activité que l’on perçoit depuis quelques mois redonne confiance aux entreprises, prêtes à investir pour remplir leurs carnets de commandes : le réflexe est donc d’étoffer leur force de vente, premier maillon de la chaîne de valeur.

Il faudra attendre un assoupissement des craintes des entreprises et une confiance affirmée pour que les regards se tournent de nouveau vers le marketing, pourvoyeur de valeur plus en amont.

Ainsi, pendant que l’on « s’arrache » les commerciaux dans tous les secteurs, les profils marketing continuent à rester en marge de la reprise.

Le marketing, parent pauvre dans les PME

Fonction coûteuse car souvent accompagnée d’investissements média, le marketing n’est pas le premier investissement des PME qui représentent le gros du tissu économique français. Le retour sur investissement semble lointain tant que cette fonction n’est pas un support immédiat du business. Elle s’apparente alors à un « support à la vente » et ne représente pas la complexité de la fonction marketing et son potentiel de contribution à l’entreprise.

Les processus de recrutement s’allongent, mais pas pour les mêmes raisons

Laurent de Bellevue, Directeur Associé, cabinet Robert Walters

Laurent de Bellevue, Directeur Associé, cabinet Robert Walters

Dans le cas des profils marketing, ce sont les entreprises qui sont à l’origine des atermoiements. La pléthore d’offre de candidats de valeur les rassure sur leur capacité à recruter, les incite à devenir de plus en plus exigeants et à rechercher les compétences les plus improbables. Elles se laissent le temps de choisir le profil idoine dans tous les cas.

Inversement, du côté des commerciaux, ce sont les candidats qui sont à l’origine des délais de recrutement croissants. Le bon profil se voit inévitablement proposer plusieurs offres, et de manière similaire, se laisse le temps de faire le bon choix.

Un lien très fort des cadres marketing avec leur secteur d’origine

La spécificité sectorielle crée des barrières dans le domaine du marketing qui sont inconnues d’autres métiers. Chaque secteur (banque, secteur public…) ne considère que les cadres ayant une expérience préalable de leur terrain d’expertise, alors qu’un comptable trouvera rapidement un poste dans un autre secteur, le sous-jacent n’y présentant que peu d’importance.

Lorsque la demande des clients s’assouplit, elle se cantonne néanmoins à une catégorie de clientèle : les clients demandent un profil « grande conso », « services en B to B », etc… Ce sont alors les cibles qui déterminent l’adéquation d’un profil marketing.

Les secteurs où la demande de candidats est forte

Côté commercial, la demande reste soutenue dans le logiciel, le B to B, et la distribution au sens large. Côté marketing, on citera plutôt la grande conso et les produits à forte valeur technologique.

De nouveaux métiers sont apparus sous l’influence anglo-saxonne et génèrent une demande de profils spécifiques : le « merchandise planner » en est un exemple. Surtout demandé dans le textile, cette fonction aux frontières floues avec le marketing, le commercial, l’aménagement d’espace, les achats et approvisionnements et le supply chain est l’exemple d’un métier transverse et polymorphe « nouvelle génération » qui agit sur absolument tous les maillons de la chaîne de valeur.

Auteur : Laurent de Bellevue, Directeur Associé, cabinet Robert Walters, responsable de la Division Marketing et Commercial

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2 commentaires

  1. avatar

    Jérôme

    24 avril 2012 at 12:33

    A priori le lien est mort :
    Accédez à cette étude sur les salaires du marketing (gratuite et sur demande)

  2. avatar

    Serge-Henri Saint-Michel

    24 avril 2012 at 16:55

    Merci Jérôme, je viens de changer le lien grâce à votre remarque.

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