Masdar : et si la ville de demain existait déjà ?

Avec son ambition de ville sans émissions et sans déchets, le projet Masdar s'impose comme pionnier dans le secteur de l'éco-compatibilité.

Avec son ambition de ville sans émissions et sans déchets, le projet Masdar s’impose comme pionnier dans le secteur de l’éco-compatibilité.

Selon les experts, le pétrole s’épuisera dans environ 90 ans. Les Emirats Arabes Unis, parmi les premiers producteurs de pétrole aujourd’hui, travaillent d’ores et déjà à répondre à ce nouvel enjeu avec une ouverture concrète vers le monde de demain et les opportunités fournies par les énergies renouvelables.

C’est dans cet esprit de recherche et d’expérimentation que naît le projet Masdar. A trois ans du début des travaux, cette ville « 100% écologique », aux confins d’Abu Dhabi, commence à voir le jour et s’impose déjà comme pionnière dans l’habitat éco-compatible. Une ville sans émissions de carbone et sans déchets.

Le projet Masdar

C’est Norman Foster, à la tête du cabinet d’architecture Foster & Partners, qui est le cerveau de ce projet. La ville se présente comme un carré, murée de tous côtés pour empêcher toute pénétration de vents chauds et orientée à 45° par rapport à l’axe du lever et du coucher du soleil (de nord-est vers sud-ouest) afin d’obtenir le plus d’ombre possible. Tous les bâtiments ont été étudiés pour réduire le besoin en climatisation. Les ruelles, fraîches et étroites, sont donc imaginées pour produire un maximum de zones d’ombres et un équilibre ombrage/ensoleillement optimal. Pour garantir de l’air frais, la circulation forcée d’air naturel sera mise en place. L’alimentation énergétique de la ville sera solaire, grâce à la construction d’une centrale photovoltaïque qui fournira l’énergie nécessaire à la vie des habitants et aux activités économiques qui s’y installeront.

Masdar, pionnier dans le secteur de l'éco-compatibilité

Une usine de désalinisation est également prévue pour permettre d’utiliser l’eau salée pour les besoins de la ville, ainsi qu’une centrale de traitement afin de réutiliser les eaux usées pour l’irrigation des cultures alimentaires et la production des bio-carburants.

Évidemment, afin d’atteindre son objectif « zéro pollution », Masdar se doit d’être une ville « zéro voiture ». Les systèmes de déplacement, autres que le vélo et à la marche, sont prévus pour être autonomes et sans rejet de gaz à effet de serre. Pour les trajets rapides, la ville sera pourvue d’un réseau de PRT (Transports Rapides Personnels) qui est un système électrique autonome sur rails ou glissant par sustentation magnétique. Pour les longs trajets, la ville sera équipée d’un réseau de trains ou de navettes individuelles planifié afin qu’aucun habitant ne se trouve à plus de 200 mètres d’un point d’accès. De plus, Masdar sera reliée à Abu Dhabi par une plateforme à trois niveaux : piéton, train et navette express.

Une opportunité pour les entreprises

Cette ambition, portée par l’émir actuel, Cheikh Mohammed Ben Zayed Al-Nahyan, suscite parmi les observateurs étrangers un scepticisme persistant. En effet, les Emirats Arabes Unis ont subi de plein fouet la crise économique qui a causé des retards dans les travaux et un redimensionnement du projet.

Cependant, Masdar représente aujourd’hui une opportunité intéressante à saisir pour les entreprises qui souhaitent investir dans les énergies renouvelables et le développement durable. L’objectif principal est de créer une ville phare pour la recherche et le déploiement des énergies alternatives et plusieurs groupes internationaux ont compris l’importance de cette action. Ainsi, plusieurs partenaires comme Total, Schneider Electric, les allemands Siemens et BASF ou l’américain GE ont déjà adhéré au projet.

Les travaux avancent donc et le Masdar Institute, décliné en trois autres volets, Masdar Power, Masdar Carbon et Masdar Capital, a vu le jour. Il compte pour le moment 170 doctorants. En contrebas de l’institut, une centrale photovoltaïque de dix mégawatts alimente le campus.

Pour 2025, Masdar ambitionne d’accueillir 50 000 habitants et 1600 entreprises. L’émirat d’Abu Dhabi investit également dans des projets d’énergies renouvelables en Espagne et en Grande-Bretagne et il est membre du EU-GCC Clean Energy Network, qui vise à développer et à exploiter l’intérêt commun de l’UE et du CCG en matière de coopération énergétique stratégique.

De retour d’une visite à Masdar City, l’économiste de l’université Paris-Dauphine, Jean-Marie Chevalier, spécialiste de l’énergie, a une vision positive du projet : « Pour la première fois, un signal significatif est adressé par un pays riche exportateur de pétrole sur un avenir énergétique décarboné » (Le Figaro). Pour lui, Masdar City est « un laboratoire d’expérimentation unique grandeur nature ».

Auteur : Cinzia Ricciardi

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