Transports et énergie : Les transports en commun à Paris vont-ils si bon train ?

Transports et énergie : Nadège Grillet - Les transports en commun à Paris vont-ils si bon train ?

Nous avons entendu de toutes parts que nous vivions dans un village planétaire, que les distances étaient considérablement raccourcies, et que les réseaux de transports se sont multipliés dans le monde (nous parlons même d’interconnexion des transports)…

Si nous confortons cela par des chiffres, selon la Commission européenne, le secteur des transports produit 10% de la richesse communautaire mesurée par le PIB Européen, soit environ 1 000 milliards d’euros par an, et génère plus de 10 millions d’emplois. C’est un fait, le secteur des transports constitue une véritable force économique.

Pensons à plus petite échelle, la plus visible aujourd’hui pour nous : la ville. Les transports en commun font partie intégrante de la dynamique urbaine et de la vie entre villes.
Nécessaires, ils participent à l’attractivité d’une ville et au développement économique de celle-ci.
Paris, au centre d’une structure en étoile des réseaux de transport, voit plus de 20 millions de trajet quotidiens. Ainsi, les efforts de développement portent sur des transports en commun rapides et sur l’amélioration du réseau routier. Mais pas seulement…

Certes, la principale préoccupation du STIF (l’autorité organisatrice des transports en Ile-de-France) est l’amélioration de l’offre de transport et la qualité de service, ce qui se traduit par la mise en place d’outils de communication à destination du voyageur, par la rénovation des espaces afin qu’ils soient perçus comme de véritables lieux d’accueils, et par de nombreuses autres mesures visant à améliorer le confort afin que le voyageur se sente en sécurité lors de ses déplacements, mais c’est surtout et avant tout le désengorgement de certaines lignes qui prime.

Expliquons-nous : du fait que les centres-villes et les banlieues proches se vident au profit de banlieues plus lointaines, et de l’existence d’un axe Est-Ouest, divisé entre lieux d’habitation et zone économique, le trafic automobile et certaines lignes des transports en commun en viennent à être congestionnés. Aussi, face à l’inconfort de ces voyages, les usagers finissent par reprendre leur voiture (l’on remarque une augmentation des déplacements en voiture de + 58 % en 30 ans !).

De plus, comme le souligne la RATP, les déplacements en banlieue ont crû de plus de moitié ces 25 dernières années, et représentent 70 % des déplacements quotidiens. Il faut noter que ces déplacements obligent les usagers à passer par Paris pour ressortir en banlieue… Ainsi, SNCF et RATP sont en compétition sur la création d’une nouvelle rocade ne passant pas par Paris. Reste à savoir laquelle des deux entreprises sera retenue pour ce projet…

Désengorger Paris, oui ! Mais tout en pensant « développement durable » , rappellent les militants

Beau comme un bus

Une image à améliorer

Prendre les transports en commun serait un geste citoyen, puisque – principe de base – ils permettent une optimisation de la consommation d’énergie en rassemblant les voyageurs dans un seul et même véhicule (principe de l’économie d’échelle, et donc d’économie d’énergies).
Les plus puristes iront à dire que bien d’autres moyens de locomotion permettent une réduction d’énergie, comme le roller ou le vélo, et donc, que les transports en commun… polluent.

Il est vrai qu’en France, le secteur des transports est le premier émetteur de dioxyde de carbone. Le transport routier émet à lui seul près de 40 % des émissions de gaz à effet de serre (le mode ferroviaire représente seulement 0,64 % des émissions de l’ensemble des transports). Face à ce constat, les acteurs du secteur des transports routiers ont tout intérêt à agir et penser « durable », et la RATP en fait partie.

Ainsi, la lutte contre la congestion et la pollution sont indissociable : la RATP s’est engagée depuis longtemps à mener une « politique environnementale dynamique et innovante [...] avec la généralisation de l’utilisation des filtres à particules et du gazole à basse teneur de soufre pour ses bus et l’usage croissant des agro-carburants ». Le nouveau matériel roulant est également mis à l’épreuve, puisqu’il sera choisi pour économiser 30% de consommation d’énergie, de coût d’exploitation et d’investissement.

Que ce soit Véolia, la RATP, la SNCF ou Optile, ceux-ci démontrent leur implication sur cette problématique sociétale en satisfaisant les mesures édictées par le Grenelle Environnement, et nous, voyageurs, la percevons souvent qu’au travers d’actions visibles (sur le terrain), tel que les dispositifs de tri sélectif mis en place, c’est-à-dire une action nous impliquant à agir pour l’environnement.

Ainsi, tous les acteurs du secteur établissent de nombreuses chartes et labels du développement durable, mais ne serait-ce pas plutôt pour ne pas être considéré comme « à la traine » qu’une véritable prise de conscience du « durable » ?

Car si nous nous plaçons du côté des différentes cibles, nous avons d’un côté les parties-prenantes, les militants et autres porte-paroles qui ont des attentes radicales, et pour qui ça ne sera jamais suffisant, et de l’autre, le grand public qui a plus une attente en termes de confort et de ponctualité et que les acteurs du secteur ont intérêt à satisfaire.

Bien que les Français soient majoritairement dotés de l’intention de faire des efforts pour l’environnement (parfois à plus de 90 % sur le tri sélectif, par exemple), beaucoup moins agissent réellement.

Et nous comprenons donc que le confort a tendance à primer avant le geste pour l’environnement, bien qu’ils prennent conscience de l’enjeu planétaire. Le « Moi » prime sur « L’autre », il faut donc conjuguer « protection de l’environnement » avec « avantage pour le consommateur ».

Nous pouvons donc saluer les initiatives permettant aux habitants de l’Ile-de-France de respirer un air moins pollué, malheureusement, ceux-ci sont peu reconnaissants des efforts réalisés.

Malheureusement, le grand public considère que le discours autour de l’environnement est plus un discours symbolique qu’impliquant. Certes, il salue les actions permettant l’économie d’énergie ou le déploiement de matériels hybrides (fonctionnant au diesel et à l’électricité), mais cela le laisse de marbre lorsqu’il n’en entend pas parler… et ce ne sont pas ces actions « green » qui draineront plus de voyageurs dans les trains.

Reste un problème à résoudre : l’image

Et justement, lorsque de telles actions sont engagées, on le sait !

Dossier de presse, partenaires de la semaine du développement, campagne d’affichage montrant l’implication du secteur sur la problématique… C’est à la hauteur d’une campagne à 360°, déclinée sur tous les tons.

Cela devient presque une obligation de « faire » du développement durable (d’en parler également, pour se justifier), car, bien que cela n’entraîne pas un avis plus favorable, cela évite d’avoir un avis encore plus négatif sur les transports en commun.

Effectivement, lorsque l’on dit « transport en commun », les réactions mitigées pleuvent : de l’usager occasionnel les trouvant bien pratiques aux voyageurs habituels pestant sur le retard et l’inconfort, les entreprises du secteur « transport » ne peuvent pas se vanter d’avoir une bonne image par rapport aux efforts qu’ils fournissent pour nous faciliter la vie au quotidien…

Transports et énergie : Nadège Grillet - Les transports en commun à Paris vont-ils si bon train ?

.hmmessage P { margin:0px; padding:0px } body.hmmessage { font-size: 10pt; font-family:Verdana } Métro, boulot, dodo… la routine

Posons les préjugés les plus récurrents des voyageurs :

- L’insécurité et l’insalubrité : c’est un sentiment d’insécurité qui règne plus que l’insécurité en elle-même. Face à des stations taguées ou insalubres, le malaise – venant déjà du fait d’être « six pieds sous terre » – grandit. C’est pour cela que l’opération « Renouveau du métro », amenant une meilleure luminosité dans les couloirs du métro, tend à diminuer ce sentiment étouffant d’insécurité. Les nouvelles politiques visant à restaurer les stations permettront également d’associer le renouveau à plus de sécurité.

- Le retard : culture principalement française, nous sommes juste à l’heure et rarement en avance. Les itinéraires sont calculés en fonction des changements à effectuer, et ce, afin d’arriver à l’heure. Ainsi, plus de dix minutes de retard et c’est la catastrophe. Cela mène souvent à un pressement envers les autres voyageurs, et à l’incivilité.

- La grève : le principal rejet vient du problème des grèves et des répercussions sur la population et l’économie qu’elles engendrent. Une véritable embolie pour le système rejetant toute forme d’immobilisme, et considérant ces grèves comme un blocage à leur activité. Seul aspect positif de la grève : les gens se parlent.

Et pour se faire pardonner, les entreprises de transport se plient en quatre pour leurs voyageurs : elles répondent à leur nouvelles demandes du mieux qu’ils le peuvent (rappelons-nous les prolongations de service les vendredis et samedis soir), offrent des tarifs avantageux pour leurs trajets nationaux (www.voyages-sncf.com), proposent de nouvelles manières de voyager (Zap & Zen de la SNCF, un nouveau projet pour les personnes à mobilité réduite initié par la RATP), ou encore créent des plateformes conversationnelles (www.vous-et-la-ratp.net) et autres appels à témoignage afin de laisser les clients s’exprimer, de percevoir les nouvelles attentes et ainsi d’améliorer leurs services…

L’enjeu actuel est non seulement de concilier une véritable mission qu’est le désengorgement de Paris à travers une politique de développement durable, mais aussi d’attirer de nouveaux clients (et non plus des « usagers »), les « éduquer » à prendre les transports afin que ceux-ci ne souffrent plus d’une image de service « trop » minimum.

Mais à l’heure de l’ouverture des marchés à la concurrence, nos entreprises françaises garderont-elles le monopole ? Les solutions qu’elles ne cessent de proposer seront-elles suffisantes aux yeux des clients pour qu’ils leur restent fidèles ?

Nadège Grillet, des idées sur les transports :)

Nadège Grillet, des idées sur le marketing des transports :)

A propos de l’auteur : Nadège Grillet – nadege_grillet at hotmail.fr
Étudiante en 5ème année à l’ISCOM après avoir suivi un Master 1 à l’ISTEC, école de commerce à dominante marketing, je désire avant tout travailler en agence de publicité et plus précisément, être conceptrice-rédactrice.

A l’affût des nouvelles tendances, mon parcours ne s’est pas restreint à l’agence : commerciale à l’agence de communication IBAOS, puis assistante marketing & communication chez Moeller (du secteur industriel, tertiaire et domotique), mon dernier choix s’est porté sur l’agence de relation publique MS&L, et plus particulièrement dans le département santé.

Autre article sur Marketing Professionnel, rubrique Secteur : Laboratoire + réglementation = communiquer… différemment !

Sources :

Webographie
http://www.flickr.com/photos/calinore/350080592/
http://www.flickr.com/photos/calinore/275667207/
http://www.20minutes.fr/article/207498/Paris-La-SNCF-ressort-son-projet-de-Tangentielle-nord.php

http://www.developpementdurablelejournal.com/spip.php?article632

http://www.idtgv.com/fr/decouvrir
http://www.ratp.fr

http://www.semainedudeveloppementdurable.gouv.fr/spip.php?rubrique9

http://www.stif.info

http://www.symbioz.net

http://www.webtrains.net/actualites.php?article=1000001642

Bibliographie
- L’homme et sa planète chapitre 18 – Jean-Paul Bailly : Transport en commun et urbanisation
- Brochure RATP : « L’essentiel du plan d’entreprise RATP 2008-2012 »

Nota :D éfinition de développement durable dans le rapport Brundtland : « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».

Le désengorgement de Paris, clin d’oeil de la rédaction

Le marketing dans les secteurs du transport et de l’énergie

D’une entreprise publique à une marque

L’émergence de la notion de service et de client

Le développement de l’échange avec les clients et des conversations de marque

Transport, énergie et développement durable



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