Le management asiatique : un management hautement autoritaire !

Le management asiatique : un management hautement autoritaire !

L’Asie est un continent où la culture et les rites sont très importants quotidiennement. Tellement importants qu’ils sont également présents au cœur même de l’entreprise. Le management asiatique découle de cette culture et de ces traditions pour devenir un management autoritaire propre aux asiatiques.

Quelles sont les différentes clés du management asiatique face au management à la française ?

Avant tout … analyse asiatique

Afin de mieux comprendre les spécificités managériales des pays d’Asie, commençons tout d’abord par analyser le comportement de la population asiatique.

Un comportement divisé en deux, entre tradition et modernité, qui peut s’avérer quelque fois paradoxal.

Ainsi, contraint par le poids des traditions et d’une culture idéologique imposante, les asiatiques sont souvent considérés comme renfermés sur eux mêmes, comme leurs pays. Prenons tout simplement l’exemple de la Corée, un pays vu par les occidentaux comme mystérieux et inaccessible, lié tout simplement à l’idéologie politique véhiculée et à la force du pays.

La vie asiatique est guidée par des valeurs très importantes et très imposantes : la famille, la religion, la spiritualité, le pays/la patrie et la communauté.

Compromis

Compromis

Contrairement aux pays occidentaux, où la société est perçue comme individualiste, pour les asiatiques c’est avant tout une notion collective et collectiviste, une réelle différence de perception sociale et du rôle de chacun.

Le partage, l’harmonie et la recherche du consensus à chaque moment de vie, sont des piliers de la société traditionnelle asiatique. Nul ne doit se mettre en avant ou s’affirmer en écrasant les autres. Mené par des courants de pensée, dont le principal est le Confucianisme(1), les asiatiques sont immergés dans une doctrine de loyauté et d’importance du rite dans la vie quotidienne.

Mais l’Asie c’est également toute autre chose, la modernité et l’ouverture vers d’autres cultures, apportées notamment par les différents canaux de communication et les nombreux expatriés occidentaux en Asie aujourd’hui. Selon une étude(2) , près de 56 231 ressortissants français seraient immatriculés sur le continent asiatique (dont 15% en Chine). Une modernité qui se retrouve par le biais d’une avancée technologique sans précédent, et de pays en voie de développement se rapprochant des modèles économiques occidentaux.

France – Asie : deux cultures, deux méthodes de management

Fondamentalement, le management asiatique et français est globalement plus autoritaire que démocratique, avec de fortes structures hiérarchiques.

Malgré ce point commun important, les disparités existent, à tous les niveaux.

Hiérarchie et affirmation

Épaulé par son tempérament latin et les évolutions liées au droit du travail, le collaborateur français dispose de la capacité à refuser ou à contredire les décisions de son responsable hiérarchique. Ce désaccord peut être oral ou non-verbal, mais il existe et il est exprimé (en fonction du caractère de chacun).

En Asie, le salarié s’interdit tout type de contestation face à une décision hiérarchique, il peut penser son désaccord mais ne l’exprimera pas.

Au delà de cela, le collaborateur Asiatique ressent également l’obligation de suivre au pied de la lettre les exigences de son responsable sans pouvoir demander le « pourquoi du comment ». Exécuter « naïvement » voire « bêtement » sans demander plus d’explication est commun, car en osant demander on risque de se cogner à un mur et avoir comme simple retour « c’est le process ». Comment un français peut-il accepter ce type de management, alors qu’il a une tout autre habitude ?

Tout cela découle de l’importance donnée, en Asie, aux personnes supérieures à soi, en terme d’âge, de position hiérarchique, de sexe, comme le sujet face à son roi.

Cette considération respectueuse est une des valeurs prônées par Confucius, qui se traduit dans la vie quotidienne par une confiance aveugle qui limite la créativité et l’esprit d’initiative.

Guidé par la productivité et les performances, comme tout dirigeant, le management asiatique fonctionne comme l’âne avec une carotte. Une absence dans l’année ? pas de prime de présence. Objectif : limiter le taux d’absentéisme pour une meilleure rentabilité. Autre décision : pourquoi vouloir être payé 13 mois alors que vous ne travaillez que 12 mois ? Et qui dit récompense, dit également punition en cas d’erreur.

Procédures, procédures et procédures

Les asiatiques sont les rois de la procédure.

Devoir demander la permission au supérieur direct de son collègue pour pouvoir entrer en contact avec lui, ou comment perdre du temps dans des procédures.

Chaque salarié a environ 2 à 3 personnes au-dessus de lui en tant que supérieurs hiérarchiques. Pour une meilleure surveillance des salariés, chaque élément doit être approuvé. Besoin d’un remboursement d’une note de frais importante en avance ? Merci de demander l’approbation de tous les supérieurs par un logiciel spécifique. Besoin de vacances ? Entre 2 et 4 personnes doivent valider vos vacances, j’en passe et des meilleures.

Un oui oral n’a aucune valeur, il doit être approuvé par écrit ou par un logiciel pour pouvoir être déterminant. Dans la culture asiatique, le « non » n’est presque jamais prononcé, quand une interrogation est transmise à un Coréen par exemple, il peut tout simplement répondre « oui » pour signifier qu’il a bien reçue la question sans pour autant y répondre.

En plus d’être les rois de la procédure, ce sont également les rois des logiciels et de l’informatique (rien de nouveau sur ce point).

Dans le cadre du travail au quotidien, des logiciels sont développés pour le suivi des dead line, pour le suivi logistique, pour la comptabilité etc … pour passer d’une étape à une autre dans un projet, un des responsables doit valider l’étape. Le responsable est en vacances ? Le projet est bloqué jusqu’à son retour.

st-ce une manière de mieux contrôler le travail des salariés ou de les aider ?

Humainement, entre collègues et hiérarchie

Il existe une forte importance de la culture d’entreprise. En effet comme expliqué ci-dessus, les asiatiques voient la société comme une notion collective, ainsi au sein de l’entreprise ils développent ensemble un but commun sans chercher à mettre en valeur leur propre personne. La réussite de l’entreprise dans laquelle ils travaillent est très important à leurs yeux, plus important que leurs propre réussites.

C’est pour cela que les asiatiques préfèrent travailler et rester entre eux. En Corée par exemple, tous les membres d’une même famille peuvent travailler ensemble dans une même entreprise, sans que cela pose problème à qui que se soit, bien au contraire.

Pour éviter tout risque de contestation face aux méthodes de management, les recrutements se font essentiellement sur des salariés de l’entreprise pour reclassement, d’un membre de leurs familles ou des proches, pour être sûr d’avoir à faire à un employé répondant aux critères. Parfois, la loyauté et privilégiée face à l’efficacité réelle du salarié (peut-être pas pour les entreprises asiatiques implantées en France).
De ce fait, les asiatiques ne font pas de différence entre vie professionnelle et vie personnelle ; elle peut-être mêlée sans problème.

En France, bien au contraire, nous avons pour habitude de bien séparer vie professionnelle et vie personnelle, c’est même un objectif et un gage de réussite dans sa vie. Les mœurs sont donc complètement différentes.

Il existe également des rites et des protocoles, parfois particuliers, qui guident les relations humaines. Dans la culture française, saluer ses collègues et ses supérieurs est normal, voire recommandé pour de meilleures relations.

Dans les entreprises asiatiques c’est tout autrement. Il est interdit de saluer le Président, s’il n’est pas du même rang hiérarchique que vous.

Un stagiaire saluant le « big boss » c’est impensable, en tant que français, la « faute » est commise une fois et on comprend vite que ce n’est pas à refaire. Chacun doit se comporter selon son rang et son importance dans l’entreprise.

Entre collègues c’est également difficile. Il y a parfois la barrière de la langue, avec un anglais approximatif pour se comprendre. Mais l’atmosphère est différente, moins de protocole, plus de spontanéité, mais une discrétion et/ou une timidité tout de même existante, comme rire pour cacher un malaise.

Le management asiatique : un management autoritaire

Le manager est le grand manitou qui règne sur son équipe. Il décide de tout et prend toutes les décisions en consultant un minimum de personnes, en sachant qu’aucune de ses décisions ne sera contredit par ses salariés. Il définit les stratégies et attend que les équipes les mettent en place, de façon militaire.

Les avantages

- Rapidité de décision
- Centralisation totale du pouvoir par le manager
- Pas de management des hommes

Les inconvénients

- Désengagement total des salariés => aucune source de motivation.
- Aucune vision sur le long terme => pas de possibilité d’évolution hiérarchiquement
- Mauvaise ambiance de travail, aucune cohésion d’équipe
- Mal-être professionnel et fort turn-over

Ces différents inconvénients sont très importants au sein d’une organisation, mais les méthodes de management asiatiques sont sûrement en passe d’évoluer.

Comment les méthodes de management asiatiques peuvent-elles évoluer ?

Tout d’abord par les nouvelles approches de management apportées par les filiales françaises implantées en Asie, ainsi que par les changements des entreprises asiatiques implantées en France. Des méthodes de ressources humaines et des outils occidentaux pour donner un renouveau et une nouvelle manière de manager les équipes.

Puis, par le biais des expatriés qui vivent en Asie, comme expliqué plus haut, qui amène avec eux un élan de modernité et de changement à l’occidental.

Et enfin, directement par les jeunes asiatiques qui décident de partir étudier à l’étranger face à des méthodes et une culture complètement différentes. Ils en reviennent avec un esprit critique et le souhait de changer les choses dans leurs pays.

Conclusion
Le management asiatique est donc totalement différent de notre perception occidentale du management aujourd’hui. Un management qui se veut plus participatif.

L’espoir ne reposerait-il pas sur la jeune génération ? Des millions de jeunes asiatiques voient l’Internet comme un espace pudique de liberté pour exprimer leur pensée et leur émotion. Un échappatoire à leur vie quotidienne pour se rapprocher au plus près du modèle occidental.

Des changements d’attitudes amenés par Internet à une époque où les gens passent de moins en moins de temps sur les médias traditionnels.

Comment en s’appuyant sur Internet, cette jeune génération peut-elle apporter un renouveau dans les méthodes de management asiatiques ?

Auteur : le marketeur discret

Sources
(1) Confucianisme : une des plus grandes écoles philosophiques, morales, politiques et dans une moindre mesure religieuses de Chine.

(2) Etude Hewitt Expatriate China 2007
Wikipedia.fr
Journaldunet.fr
Lesechos.fr

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