Comment une association, sans moyens financiers, peut-elle communiquer dans un secteur en crise ?

Comment une association, sans moyens financiers, peut-elle communiquer dans un secteur en crise ?
Comment une association, sans moyens financiers, peut-elle communiquer dans un secteur en crise ?

Communication des associations

Toutes les associations ne bénéficient pas du budget ni de la notoriété du Téléthon…et toutes les associations n’ont pas pas un Parrain qui de par son nom va permettre de trouver de nouveaux adhérents. Dans ces conditions, comment promouvoir une association située en Bretagne qui a pour but d’aider les photographes ?

Le premier handicap passé (en effet, même si la Bretagne est magnifique, il n’en reste pas moins que de rechercher des adhérents est difficile, particulièrement en cette période tourmentée), il reste l’autre handicap… celui d’une association qui souhaite aider des photographes professionnels alors que le secteur subit la concurrence de la photographie numérique.

Mais quand on aime les challenges…. On aime cumuler les difficultés : comment une association, sans moyen financier, peut-elle communiquer dans un secteur en crise ?

Le prix de l’adhésion des associations

Afin d’attirer un bon nombre d’adhérents, plusieurs tarifs peuvent être proposés pour l’adhésion :

  • un tarif pour les photographes professionnels voulant profiter de location de matériel à des prix préférentiels ;
  • un tarif pour les photographes amateurs voulant uniquement être avertis des expositions ;
  • un tarif étudiants (professionnels ou amateurs).

L’adhésion payée, que proposer ?

L’éventail des produits des associations

La location de matériel : vu le prix du matériel photographique et la vitesse de l’évolution technologique, il est important de proposer ce que l’on ne peut acheter par manque de moyens ou par manque de temps d’utilisation (rapport : prix/temps). Le but est de pouvoir proposer toujours du matériel performant à moindre coût pour les adhérents. L’argent récolté des locations permet le renouvellement du matériel.

Les formations : l’association aidant les professionnels, il est donc nécessaire de pouvoir proposer des formations adaptées à chaque cas.

Pour que les formations soient plus accessibles, l’association doit faire une demande de numéro d’immatriculation pour le formateur afin de pouvoir utiliser des budgets formations proposés par des organismes collecteurs par le biais du DIF (Demande Individuelle de Formation) ou par le CIF (Congé Individuel de Formation). La Direction départementale du Travail permet d’obtenir ce numéro qui sera précieux par la suite même s’il demande quelques démarches supplémentaires : justifier de la présence des stagiaires, établir des conventions ou contrats de formation, effectuer un bilan pédagogique annuel.

Les entreprises peuvent directement payer des formations à leurs salariés sans passer par des organismes collecteurs dans le cadre du budget formation. Le formateur par le numéro d’immatriculation montre son sérieux puisqu’il justifie ainsi d’ancienneté et de professionnalisme dans son secteur d’activité. Enfin, le Pôle Emploi peut être aussi client de formation pour améliorer l’ « employabilité » des demandeurs d’emploi.

Les conférences payantes avec des prix adhérents et des prix non-adhérents : afin de se faire connaître et d’exposer les réalisations, il est important d’organiser des conférences, des débats, des tombolas… à des prix différents pour que les adhérents paient moins cher.

Les expositions : elles permettent aux artistes de ne s’occuper que de leur « métier » en laissant à l’association des tâches suivantescomme la fabrication du catalogue, l’envoi d’invitations par e-mailing, ou mieux sous forme de teasing, l’envoi de communiqués de presse afin de bénéficier des couvertures médias…

Les partenariats : avec des entreprises ou des comités d’entreprise pour certaines expositions ou pour un événement particulier (conférence, etc.).

  • Le comité d’entreprise (pour les entreprises de plus de 50 salariés) a un budget « œuvre sociale » déterminé en fonction de la masse salariale de l’entreprise. Il est souvent oublié alors qu’il peut être un bon support financier pour proposer aux salariés une soirée « événement » avec projection et débat d’œuvres photographiques.
  • Le mécénat peut être aussi une manière de soutenir une association.
  • Les produits-partage : une entreprise peut vendre des produits en reversant une partie des bénéfices à l’association. La loi stipule que « Le partenariat doit être en faveur de l’association ». L’association doit donc veiller au bon respect de cette loi qui lui permet d’organiser six opérations partage par an, limitées à une durée d’un mois chacune. Un contrat pour ce genre de partenariat est nécessaire.

Enfin, une entreprise peut conclure un accord avec l’association qui créerait une carte de vœux ou aiderait à trouver un photographe pour réaliser une plaquette de présentation.

La vente aux enchères : c’est un bon moyen d’organiser un événement à moindre coût. L’organisation sera assurée par un commissaire-priseur, rémunéré entre 10 et
20 % de la vente. L’association et l’artiste sont gagnants : l’une en créant un événement et l’autre en vendant des œuvres.

La communication des associations

La base de données : tout d’abord, on commence par la famille et les amis pour élaborer un fichier digne de ce nom.

Puis, il est nécessaire de passer à l’étape suivante ; Quand il n’y a pas de budget on ne peut louer une base de données. Il reste donc des sites spécialisés comme viadeo.com. Les contacter, les relancer et surtout les inciter à venir sur le site internet créé par l’association, dans un secteur où la communication est l’élément moteur.

Le trafic : le but est de créer du trafic sur le site afin de susciter de nouvelles adhésions à l’association. Les e-mailings, la présentation de nouvelles activités, les actualités, les nouvelles expositions… tout est mis en oeuvre pour inviter les adhérents et les prospects à venir sur le site. Les professionnels découvriront une association qui « bouge » et qui peut les aider dans leur travail.

Les expositions : elles sont nécessaires pour les adhérents et aussi pour l’intégration de prospects à l’association. Elles permettent de faire connaître de nouveaux talents et d’aider ceux-ci à vendre leurs œuvres.

Elles peuvent avoir lieu dans le local de l’association et/ou en collaboration avec d’autres associations permettant ainsi à l’exposition d’être visible dans plusieurs villes (comme l’exposition Picasso en 2009) et donc d’attirer le plus possible de clients potentiels.

Les produits dérivés : même si l’association n’a pas les mêmes moyens que Les Restos du Cœur, les produits dérivés peuvent permettre aussi de récolter de l’argent. Du tee-shirt à la clé USB beaucoup de possibilités s’offrent à nous. Fabriqués à un faible coût, ils peuvent rapporter assez d’argent pour financer un projet.

En conclusion, que vous ayez une association de petite ou de grosse taille, peu importe… vous pouvez toujours faire quelque chose…la citation de Kevin Roberts résume tout : « si vous pensez que vous êtes trop petit pour avoir un impact, endormez-vous avec un moustique ».

Auteur : Christine Taupin, Présidente de Strabisme (29)

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L'invité de Marketing Professionnel tient une Tribune Libre. Profil des invités et Tribunes Libres publiées.


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