Le Cloud Computing change les règles du jeu

(c) Magritte 'La grande famille'

(c) Magritte 'La grande famille'

Le concept du Cloud fait référence à la dématérialisation informatique des ressources matérielles (Cloud Computing) et logicielles (Software as a Service). Ce modèle technologique tend stratégiquement à s’imposer pour les entreprises. Mais il pourrait surtout remodeler le paysage informatique professionnel pour l’amener vers un nouveau paradigme…

De nouvelles opportunités économiques

Le Cloud Computing consiste à utiliser des capacités d’ordinateurs et de serveurs externes répartis dans le monde entier et reliés par un réseau. Sa déclinaison logicielle est le SaaS (Software as a Service) qui dématérialise sur le Web des applications bureautiques. En résumé : plus besoin de parc informatique performant, de serveur, de réseau local, ni même de licence logicielle. Il suffit d’une connexion Internet, un simple notebook et un navigateur Web embarqué. Une panoplie de services sur mesure fera le reste.

En conséquence, le marché des ressources informatiques risque d’être profondément changé. Pourquoi ? Parce que les entreprises n’ont plus besoin d’investir à perte dans du matériel et du logiciel mal exploité. Elles peuvent désormais louer des services sur le Web adaptés à leurs besoins. Car les deux atouts majeurs de ce modèle sont sa mesurabilité et sa souplesse.

Services, applications, plateforme, stockage, infrastructure : tout s’adapte et évolue au fil des besoins de l’entreprise. Concrètement, elle ne paye que ce qu’elle consomme mais elle en dispose toujours au moment voulu. Pour une start-up, une TPE ou une PME, cette solution est vraiment avantageuse, car l’investissement devient minime et beaucoup plus rentable.

La nouvelle ère du management

Le Cloud Computing n’est pas seulement une affaire économique. Les SaaS offrent de nouveaux horizons au management. Le partage basique d’agendas ou de fichiers en ligne, que permet par exemple Google, simplifie largement le travail d’équipe. Mais il existe des plateformes comme Collab ou Track spécialement dédiées au management et au travail collaboratif. Assigner des missions, élaborer des plannings, piloter des projets, partager des fichiers ou des sources d’informations : toutes ces tâches deviennent facilement exécutables à distance depuis n’importe quel terminal informatique.

Par ailleurs, certaines interfaces sont réellement évoluées, au point d’être modulables et personnalisables pour l’entreprise. De tels outils facilitent la coopération entre différentes structures, départements ou pays sur des projets de grande envergure. Cette circulation des données en temps réel permet un timing de l’information prodigieux et stratégique.

Des données sont en jeu

Les plus redoutables sont les Amazon Web services, l’App Engine de Google ou encore la Platform as a service de Salesforce. Ce marché semble être devenu l’apanage des pure players. Les autres acteurs de l’informatique tels que Microsfot, IBM ou HP montent également au créneau pour contrer cette menace pour leur activité.

Mais sur un tel marché, l’entrepreneur souhaitant faire appel au Cloud Computing devra très rigoureusement choisir son prestataire. En effet, si ce modèle inclut une rentabilité et une souplesse informatiques performantes, il implique une forte dépendance à risques.

N’oublions pas qu’il s’agit de confier la gestion de données internes et privées à un prestataire externe. Ce dernier pourrait très bien proposer aussi ses services à des entreprises concurrentes. Et de ce cas, la confiance ne va pas vraiment de soi. La question de la sécurité et de la confidentialité des informations s’impose dans un enjeu économique. La perte de la maîtrise de l’implantation de ses données, tout comme la soumission au cycle de vie des applications, subordonnent l’entreprise à son propre prestataire.

Le Cloud Computing est-il un piège ?

Outre le problème de données, la mise en place de certains services de Cloud Computing, comme le CDN (Content Delivery Network), n’est pas forcément « clé en main ». Ces systèmes ont une architecture et un fonctionnement imposés et variables d’un prestataire à l’autre. L’éventualité de changer de fournisseur ou d’internaliser ses ressources informatiques par la suite devient très contraignante, voire inenvisageable. L’entreprise pourrait-elle être prisonnière de son prestataire ?

Richard Stallman, à l’origine du système d’exploitation GNU, est très alerte sur le sujet et condamne le Cloud Computing en le qualifiant de « piège ». Il pointe effectivement du doigt cette perte de contrôle pour les entreprises sur leurs ressources informatiques et leurs données.
Une régulation nécessaire.

Un étonnant paradigme controversé s’instaurerait donc à travers le Cloud Computing. Celui-ci ouvre de formidables opportunités économiques et managériales. Mais il soulève aussi d’étranges rapports de force entre les entreprises et les acteurs du marché.

De solides dispositions législatives devront être prises afin de contrôler rigoureusement les pratiques autour d’un tel modèle. Ce marché doit être aussi sévèrement régulé que le système financier des banques. Car au final, c’est bien de banques dont il s’agit : des banques de données. Des banques qui stockeront et gèreront des milliards d’informations confidentielles à travers le monde.

Auteur : Edouard Mahier

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