Au royaume des bons plans, l’avare est roi

Les beaux yeux de ma cassette ! Il parle d elle comme un amant d une maîtresse
Les beaux yeux de ma cassette ! Il parle d elle comme un amant d une maîtresse

"Les beaux yeux de ma cassette ! Il parle d'elle comme un amant d'une maîtresse" Harpagon, in l'Avare de Molière, acte V scène 3

En temps de crise, les Français s’organisent : le climat anxiogène actuel accentué par les médias bouleverse les habitudes et pousse à un nouveau mode de consommation. Les dépenses inutiles sont réduites et chacun développe des solutions pour consommer mieux et économiser plus.

Être économe, serait-ce la nouvelle norme ?

Crise unique

En quelques mois, la récession est devenue le sujet de prédilection des médias et un phénomène de société. Malgré la lassitude des Français, qui sont près de 45% à être en surdose d’informations sur la crise (sondage Gnresearch), la presse, les antennes radios, les journaux télévisés consacrent quotidiennement des reportages voire des émissions spécifiques (Pièce à conviction sur la crise- France 3, La France en faillite- France 5) pour informer sur la crise et trouver des astuces pour y faire face. Cette focalisation sur la période actuelle traduit une évolution des comportements et des modes de vie des Français, qui s’avouent à 81 % inquiets pour leur avenir (sondage Ifop pour le JDD, septembre 2008).

La crise écrase les habitudes

Désormais, les banques sont davantage méfiantes et accordent moins facilement de crédits par crainte de défauts de paiement ; les crédits à la consommation ont connu une baisse record en 2008 et sont au plus bas depuis 1993. Les dépensiers se retrouvent pénalisés et la surconsommation a conduit à de nombreux endettements.

Généralement pris d’assaut lors des périodes de fin d’année, les magasins ont vu leur fréquentation baisser de 3% en décembre et cette période habituellement propice à la vente de téléphones mobiles a vu les ventes en volume chuter de 20%. Excepté les salles de cinéma, l’ensemble des activités de loisirs (zoos, parcs d’attraction) subissent elles aussi une baisse sensible.

Malgré le naufrage de l’économie, l’avare rit

A l’heure où certains sont plutôt moroses dans cette tempête économique agitée par les emplois et les salaires bloqués, d’autres apparaissent moins anéantis et refusent de couler.

Plus responsables que les hyperconsommateurs, les économes s’affichent désormais comme le nouveau modèle à suivre. Le marketing surfe sur cette vague et les marques jouent sur cette tendance à réduire les dépenses, comme le fait Price Minister avec sa campagne « Devenez radins ! ». Des sites Internet qui décryptent la crise au quotidien se sont même développés, comme le www. crise-economique.com.
De même, les ventes des journaux économiques connaissent un succès sans précédent et une nette augmentation au même titre que les magazines dénichant les bons plans pour résister à l’abattement général.

Comment se faire avare ?

Compte tenu du contexte actuel, beaucoup de consommateurs ont compris la nécessité de conserver au lieu de consommer : les vêtements et accessoires ont dorénavant une seconde vie ; les cordonniers sont saturés de travail. Dans les restaurants, de nombreux clients n’hésitent plus à partager les desserts voire certains plats.

La cuisine faite maison connaît de nouveau une véritable attractivité. Les achats sont moins futiles et plus utiles : la crise profite aux marques de distributeurs, qui ont gagné un regain d’intérêt aux yeux des consommateurs ; en six mois, elle ont conquis deux points de part de marché. Selon Ifop, 69 % des Français envisagent de réduire les dépenses de leur foyer en 2009. Face à la crise, il existe une réelle organisation, relayée par des sites comme www.radins.fr

Be aware

Aujourd’hui, les moins touchés par la crise sont ceux qui se dépensent pour économiser.
Les Français ont changé leurs modes de consommation et ont adopté un comportement plus responsable : désormais, il existe une vraie prise de conscience de l’environnement social et l’ère du jetable et de l’hyperconsommation est peut-être en train d’être dépassée.

On passe de la surconsommation à la déconsommation. La crise n’a pas seulement un effet négatif : elle contribue à faire évoluer les mentalités et a ouvert la voie à une consommation plus réfléchie, dans la mouvance actuelle de l’économie solidaire. Face à un problème commun à tous, elle incite à partager les bons plans et permet un retour à certains fondamentaux.

Finalement, les invaincus de la crise semblent être ceux qui ont choisi d’ÊTRE plutôt qu’AVOIR, mais parfois aussi ceux qui ont fait le choix d’être avare !

Auteurs : Majda Alkagh, Céline Amoussou, Hafida Derouiche, Damien Guignard, Marion M’selam

A lire sur le rapport des français à l’argent…

- La bipolarisation des achats : consommer plus même si l’on gagne moins

- Société, argent, valeurs : un mariage possible ?

- Les français et les soldes, selon l’Ifop

- La crise va-t-elle changer les comportements ?



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