Curation : sortir de sa bulle de filtre

La curation demande d'avoir une vision holistique de son secteur et nécessiet de planifier plutôt qu’automatiser

Ma définition de la curation est l’art de classifier des informations pertinentes et les thématiques afin que ces contenus correspondent aux besoins de la personne recherchée.

Nous avons toujours besoin de cette curation surtout à cette période où nous notons énormément d’infobésité et de fake news. Chacun veut consommer le contenu toujours plus rapidement, le rôle des curateurs demeure important. Pour ce faire, il faut différencier la curation de la veille. La curation est une méthodologie pour rechercher de l’information à partir de nombreuses sources (moteurs de recherche, réseaux sociaux, newsletter, flux RSS…) dans le but de la classifier selon ses propres indicateurs. Je considère que le partage de la veille comme est en quelque sorte une « curation de la curation » mais de manière plus présentable. Ce partage est destiné à une audience spécifique, il est nécessaire de l’adapter en personnalisant ses articles partagés.

Pour ces partages, il faut être exigeant et se poser des questions avant de publier : « Est-ce que cet article peut faire apprendre quelque chose à la personne qui va lire l’article ? », il faut donc se mettre à la place de son audience. D’autres critères que je prends en compte sont la fraîcheur de l’article, sa véracité en vérifiant les sources et voir s’il est dans la thématique mais néanmoins rester ouvert car il peut arriver d’avoir des points de vue intéressants d’un professionnel d’un autre métier qui peut étendre les perspectives (Exemple : la sociologie appliquée au web).

Avoir une vision holistique de son secteur

Jonathan Chan, Chef de Projet Digital de iProspectFR, Dentsuaegisfr

Jonathan Chan, Chef de Projet Digital de iProspectFR, Dentsuaegisfr

De cette façon, la curation peut se donner comme objectif d’être à la page pour conseiller de manière pertinente et précise des managers qui sont davantage dans l’opérationnel. De plus, en couvrant davantage d’actualités, cela me permet d’avoir une vision holistique du secteur et d’avoir une certaine hauteur sur la vision autocentrée d’une expertise.

Mon objectif est aussi altruiste, je désire qu’en partageant un article intéressant, cela permette à la personne d’apprendre quelque chose qui pourra lui servir dans son quotidien ou sa réflexion. Faire apprendre chaque jour donne envie d’innover et de changer son quotidien, j’aime cette idée que notre société se doit de perpétuellement avancer.

Ce qui est satisfaisant est que ces partages gagnent progressivement en visibilité si j’en crois le nombre d’impressions.  Cependant, nous sommes assujettis aux règles & algorithmes des plateformes sociales dans la lecture des articles. Or ces plateformes veulent de moins en moins que les internautes quittent leurs sites, ce qui est amplifié par le fait que de nombreux comptes font du snacking content.

Nous assistons à une multiplication des formats pour informer les personnes, nous pouvons désormais produire des vidéos ou bien faire une synthèse des tweets d’un événement bien que j’accorde toujours ma préférence aux longs articles écrits.

Planifier plutôt qu’automatiser

 D’un point de vue pratique, j’utilise pas mal d’outils pour avoir une veille complète car un seul ne peut pas couvrir l’ensemble de l’actualité. Je privilégie l’utilisation des flux RSS tels que Netvibes ou Feedly en classifiant par thèmes et par types de médias pour trouver de nouveaux articles. Néanmoins, les flux RSS ont le défaut de fonctionner en vase-clos.

Je le complète donc avec des outils de popularité qui identifient les liens les plus partagés tels que Digg ou Nuzzel, j’effectue une veille d’un point de vue sémantique à partir de TweetDeck et enfin je consulte tout de même les réseaux sociaux, dont principalement Twitter & LinkedIn. Par contre, je n’automatise jamais mes publications sur les réseaux sociaux. Je conteste cette pratique car si on diffuse un article, cela veut dire que ce dernier a été validé. Cependant, comment peut-on valider un article sans l’avoir lu préalablement ?

A la place, je préfère planifier les articles avec des outils comme Hootsuite ou Buffer.

Autant d’outils que je conseille pour ceux qui voudraient se lancer dans la curation. En adoptant ces outils, vous n’allez pas subir les nouvelles proposées sur les réseaux sociaux ou bien par les GAFA, ce qui peut vous enfermer dans des bulles de filtre avec seulement des nouvelles qui vous confortent dans vos opinions. La multitude ciblée provoque l’ouverture de votre curiosité.

Auteur : Jonathan Chan, Chef de Projet Digital de iProspectFR, Dentsuaegisfr

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Lire notre dossier sur la curation de contenus

Découvrir aussi le livre blanc du CMIT « Curation : le grand malentendu »

(c) Ill. DepositPhotos

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