Le disconnect-washing des GAFAM

Le disconnect-washing des GAFAM, ou comment rendre la technique plus saine pour nos cerveaux...

Après le greenwashing ou encore le socialwashing, une nouvelle ère arrive : celle du disconnect-washing.

Le constat est simple : l’addiction aux smartphones est grandissante dans notre société. La plupart d’entre vous doivent d’ailleurs être en train de lire ces quelques lignes depuis leur smartphone.

Une tendance venant… de ceux qui ont créé le problème

L’addiction aux smartphones et aux réseaux sociaux ne vient pas de nulle part. Ce sont les concepteurs de ces produits qui nous y conditionnent avec des outils très simples mais extrêmement efficaces : les notifications.

Ivan Pavlov a démontré avec une cloche et un chien ce que l’on appelle le conditionnement classique. Le principe est simple, si je vous donne à manger à chaque fois que vous entendez le son d’une cloche, vous allez un jour avoir une réaction naturelle de salivation à l’écoute d’un son de cloche.

C’est le même principe avec les smartphones. Lorsque le bip retentit, que la led clignotte ou que l’écran s’allume, tout un tas de comportements peu agréables s’activent parmi lesquelles l’impatience ou encore le stress.

Le but profond : capter du temps de cerveau disponible

« Ce que je vends à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau disponible ». Vous vous rappelez certainement cette phrase prononcée par l’ex PDG de TF1, Patrick Le Lay.

Pleine de sens déjà à l’époque en 2004, elle ne peut pas être plus d’actualité qu’aujourd’hui.

Wilfrid De Conti, Cofondateur de Besight

Wilfrid De Conti, Cofondateur de Besight

Nous sommes dans une économie qui mesure sa performance en temps. Les plateformes sociales sont considérées comme efficace si leurs utilisateurs passent du temps dessus.

Rappelons quand même que le business model de ces géants est de nous faire passer du temps sur leurs applications.

Ne vous y méprenez pas, la plupart des initiatives portées auront pour simple effet de donner bonne conscience à leurs instigateurs.

En conséquence, quelles solutions envisager ?

Réinventer la fonction du design dans notre société.

Tout est dans la formulation des objectifs :

Veut-on : rendre simple l’envoi de message ou créer un outil qui améliore la qualité de la communication entre les deux personnes ? Dans le deuxième cas, Tristan Harris, un ancien de Google, démontre dans ce TED qu’il serait possible de ne plus être dérangé par les notifications.

La fonctionnalité permettrait à un utilisateur qui est concentré de ne recevoir que les messages considérés comme étant absolument importants et urgents.

On améliore ainsi le but profond et on transforme un « Design Goal » en « Human Design Goal ».

De même, plutôt que de mesurer le temps passé ou « Net Time », nous devons mesurer le « Net good time » : un nouvel indicateur de l’expérience positive créée grâce à un outil.

Une profession à assermenter ? A l’image de l’ordre des médecins et du serment d’Hippocrate, les designers aujourd’hui devraient prêter serment pour rendre le design plus éthique.

Auteur : Wilfrid De Conti, Cofondateur de Besight

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Aller plus loin : L’hypocrisie des plateformes : « encourager l’addiction, promouvoir la déconnexion »

(c) Ill. DepositPhotos

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