Les réseaux sociaux : nouveaux terrains de chasse des politiques

Les partis politiques doivent-ils profiter de l’expansion des réseaux sociaux existants ou créer leur propre site participatif ? Quelle est la formule gagnante aujourd’hui et comment l’utiliser ? Par  Agathe Paturel

Recruter, mobiliser et fidéliser les militants, tels sont les principaux objectifs des formations politiques dans la course aux présidentielles. Séduits par la réussite de Mybarakobama.com, les partis politiques français débarquent sur la Toile.

Profiter de l’expansion des réseaux sociaux existants ou créer son propre site participatif, quelle est la formule gagnante aujourd’hui et comment l’utiliser ?

Les partis politiques doivent-ils profiter de l’expansion des réseaux sociaux existants ou créer leur propre site participatif ? Quelle est la formule gagnante aujourd’hui et comment l’utiliser ? Par  Agathe Paturel

Les partis politiques doivent-ils profiter de l’expansion des réseaux sociaux existants ou créer leur propre site participatif ? Quelle est la formule gagnante aujourd’hui et comment l’utiliser ?

20 millions. C’est le nombre de personnes devenues chaque jour fans d’une page Facebook en 2010 (Source Actupub.com). Un nombre qui incite la quasi-totalité des marques à être présentes sur les réseaux sociaux. En effet, aujourd’hui, une marque qui se rappelle régulièrement à ses clients grâce à des actualités et des événements sur sa page Fan, est une marque à laquelle on s’attache. « Liker » une marque c’est la relayer sur son profil, afficher son engouement aux yeux de tous et s’en approprier les qualités.

Des objectifs partagés donc par les marques mais pas uniquement, puisque les partis politiques peuvent être tout autant concernés.

Séduire et fidéliser les citoyens, voilà les ingrédients qui font la réussite de toute formation politique. Les militants luttent et agissent ensemble dans l’aboutissement de leurs convictions et représentent donc des membres essentiels et fondamentaux à fédérer et à mobiliser. Un challenge de moins en moins évident, lorsqu’on sait que le militantisme est en crise et qu’il ne représente aujourd’hui qu’1% de la population adulte française !

Face à la méfiance des Français envers les médias, internet est donc devenu une source d’informations majeure et ainsi, un moyen interactif et rapide de se faire connaître et d’exister.

Une communication moderne à maîtriser

Bon nombre de partis et personnalités politiques diffusent des actualités ou des propositions d’argumentaires sur leur page Facebook ou Twitter, devenues un moyen incontournable pour toucher les internautes.

Mais la Toile représente un lieu où les échanges sont décuplés et où la communication doit être totalement maîtrisée. En effet, comme sur toute page Facebook par exemple, les internautes ont la possibilité de commenter, d’échanger entre eux ou de critiquer le contenu diffusé. La rapidité de la critique, voici l’un des inconvénients principaux des réseaux sociaux. Il est certes facile pour un parti de communiquer vers ses militants mais il est également très simple pour ses opposants de provoquer, de critiquer voire de décrédibiliser les informations diffusées. Deux choix s’offrent alors : modérer les commentaires postés, ou ne pas les contrôler et laisser les militants répondre aux critiques.

Les réseaux sociaux : nouveaux terrains de chasse des politiques

Les réseaux sociaux : entre chalenge et ouverture ?

La méfiance des Français envers la politique pose également problème. Contrairement aux Américains, ils restent encore réticents à l’idée d’afficher leurs convictions politiques. Ainsi, la page Facebook de l’UMP, ne compte par exemple que 18111 membres, ce qui est bien en-dessous du nombre réel de partisans présents sur la Toile.

Mais ces canaux offrent tout de même un avantage de taille : celui de communiquer vers une cible jeune. En effet, bien que l’écart générationnel sur les réseaux sociaux se réduise à une vitesse grand V, leurs principaux utilisateurs ont entre 15 et 29 ans. Un potentiel rêvé pour tout parti politique, puisque les jeunes sont moins engagés dans les meetings et plus réfractaires à la politique que leurs aînés. Ainsi, la plupart des partis, même les plus conservateurs comme le parti Royaliste, se sont imposés une présence sur ces canaux en expansion.

Le réseau social politique : un nouveau challenge

Depuis l’effet accélérateur des réseaux sociaux, et en vue des élections présidentielles de 2012, la majorité des partis français ont donc initialisé une démarche de communication intégrant les médias sociaux. Mais la campagne novatrice d’Obama et l’enjeu électoral ont également poussé le personnel politique à développer ce qui a fonctionné outre-atlantique : un réseau social propre au parti.

Jusque-là, les partis français étaient considérés comme peu innovants : les sites étaient majoritairement des « vitrines figées », sans possibilité de dialogue entre citoyens et entre militants. C’était le cas de Désirs d’avenir, la plateforme d’informations et de débats du Parti Socialiste de Ségolène Royale lors des présidentielles de 2007.

Mais à partir de cette impulsion, Villepincom, la Coopol ou Epicentres, pour ne citer qu’eux, ont vu le jour, et un nouveau challenge s’est peu à peu dessiné.

Il s’agit aujourd’hui d’aller plus loin en créant des passerelles entre la sphère « réelle » et la sphère « virtuelle ».

Benoît Thieulin, responsable du projet CooPol, déclarait récemment «Nous voulions tout d’abord donner des outils efficaces aux secrétaires de section pour organiser la vie militante ; ils font un travail de terrain remarquable, mais jusqu’à présent on ne leur proposait pas de moyens adaptés pour organiser une distribution de tracts, contacter les militants… Et nous voulions aussi permettre aux militants et sympathisants de se retrouver autour de thématiques nationales qui leur sont chères». Les objectifs étaient donc ici de regrouper les militants sur un réseau unique afin de leur permettre de former des groupes à l’image des fédérations sur le terrain et de leur donner les outils d’activisme.

A l’inverse, du côté de l’UMP, le « réseau citoyen » Les Créateurs de Possibles, fermé début 2011, affichait une volonté d’ouverture et invitait les citoyens à participer activement à ce qui pouvait être une locomotive à idées et à débats, une sorte de pétition citoyenne à faire remonter aux classes politiques. L’internaute était donc incité à être « acteur du débat citoyen » et à s’imprégner des thèmes qui lui sont chers pour proposer ses initiatives aux autres membres.

Ces exemples montrent donc deux manières distinctes d’appréhender et de développer un réseau social politique : la fermeture, d’un côté, avec un réseau social destiné essentiellement aux militants, et l’ouverture, avec un « réseau citoyen » ouvert à tous et destiné à faire de chaque internaute un acteur de la vie politique.

Mais faut-il voir dans la fermeture des Créateurs de Possibles le signe d’une trop grande ouverture ? Les partis politiques présents sur les réseaux sociaux sont-ils condamnés à vivre en autarcie ? La campagne de 2012 pourrait bien nous en donner la réponse…

Auteur : Agathe Paturel

Sources

Actupub.com
Pages Facebook UMP, PS…
La CooPol
Etude USEO : Les Réseaux Sociaux des Mouvements Politiques (RSMP) au coeur d’une acculturation de nos démocraties modernes

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