Une entreprise peut-elle survivre sans qualité de données globale ? [2/2]

Il existe un lien direct entre la qualité des données de l'entreprise et ses performances. Les dangers de l'utilisation de données incorrectes. De l'urgence d'une harmonisation globale

Comment mettre en place une stratégie globale de qualité de données, à l’échelle de l’entreprise ?

Ce développement fait suite à notre premier article.

Cap sur la gestion de la qualité des données globale

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Comment mettre en place une stratégie globale de qualité de données, à l'échelle de l'entreprise ?

Pour exploiter au mieux son capital de données, l’entreprise doit lancer une initiative de « qualité des données ». Stratégique pour l’entreprise, ce programme doit être permanent et ne pas rester une mesure isolée dans le temps. La qualité des données concerne de nombreuses fonctions métiers et informatiques au sein de toute l’organisation. Elle nécessite de définir des processus formels de qualité des données appliqués par la direction, qui permettent d’agir sur l’ensemble des projets : de la standardisation des données, au profilage, en passant par le nettoyage, jusqu’à l’enrichissement. Il faut définir des règles de gestion des données de l’entreprise, édictées pour garantir la complétude, la conformité, la cohérence, l’exactitude, la non-duplication et l’intégrité des données.
Bref : un programme de gouvernance des données. Pour garantir son efficacité, ce programme doit inclure un comité, un ensemble de procédures et leur plan d’exécution. Autour des données, le programme doit mettre en pratique les contrôles de qualité des données et diffuser les bonnes pratiques. Il est articulé autour de deux approches :

  • Une approche proactive incluant les bonnes pratiques à appliquer. Quand de nouvelles données sont générées, de nouveaux projets affectant les données sont lancés ou des actions de qualité sont effectuées.
  • Une approche réactive incluant les actions de correction de non-qualité, les actions de mise en conformité suite à des nouveaux règlements, les actions d’intégration suite à la mise en oeuvre des nouvelles architectures orientées-services (SOA).

Implication de la direction générale et des directions opérationnelles

Pour lancer cette démarche, deux garanties de succès doivent être réunies : le sponsoring de la direction générale, et l’implication de tous les acteurs. Il faut, pour convaincre la direction générale, prendre le temps de mesurer l’impact de la non-qualité et surtout démontrer que la qualité est source de compétitivité pour l’entreprise. Reste ensuite à faire preuve de pédagogie auprès des directions opérationnelles. Le directeur général ou le directeur des opérations, propriétaire des données, ne s’implique pas au quotidien dans la qualité des données. Cependant, il doit s’assurer que l’initiative est lancée, et créer un comité de « qualité des données ».

Le comité de « qualité des données »

Le modèle de gouvernance doit comprendre une structure organisationnelle chargée de l’amélioration de la qualité des données dans l’entreprise. Le comité de « qualité des données » est sous la responsabilité d’un sponsor, généralement nommé par un membre de la direction générale qui gère l’initiative. Le sponsor doit avoir une influence sur l’ensemble des directions métiers, et ce comité a la responsabilité de la qualité des données de toute l’entreprise. Il définit objectifs et priorités, et s’assure que tous les projets incorporent la gestion de la qualité des données dans leurs processus de saisie, de transformation ou de restitution. Il s’assure également de la disponibilité des financements nécessaires à l’initiative. Il se réunit régulièrement pour assurer le suivi sur la qualité, faire le point sur les actions d’amélioration, et décider des nouvelles priorités.

Didier Schreiber

Le socle technologique le plus adapté

Après avoir convaincu la direction générale et les directions métiers de l’importance de la qualité des données et mis en place la structure organisationnelle pour supporter l’initiative, il est temps d’évaluer les solutions technologiques. Le choix de la plate-forme s’effectuera selon plusieurs critères comme la puissance des fonctionnalités de profiling, de nettoyage, de rapprochement et de contrôle de la qualité de données. Une plate-forme complète, ouverte, unifiée et économique, permettra d’accéder, de découvrir, de nettoyer et d’intégrer des données de tous types. En outre, elle saura distribuer, dans l’ensemble de l’organisation, des données fiables et pertinentes, partout et à tout moment. Étendre la qualité de données au-delà d’un seul département, et à l’ensemble de l’entreprise, améliorera l’efficacité opérationnelle ainsi que les performances de toute l’organisation.

Synchroniser les équipes métiers et informatiques

Malgré des investissements croissants dans les technologies de l’information, un nombre significatif de projets informatiques n’apportent pas la valeur ajoutée attendue faute de fournir aux utilisateurs les données les plus pertinentes.

Jusqu’ici, trois problèmes compromettaient souvent la valeur des départements informatiques et faisaient obstacle à la mise en oeuvre d’initiatives pourtant critiques pour l’entreprise :

  • des utilisateurs métiers dépendants des équipes informatiques pour obtenir les informations pertinentes nécessaires à leur travail ;
  • des utilisateurs métiers jugeant que les données qu’on leur fournit ne sont pas dignes de confiance pour ce qu’ils souhaitent en faire ;
  • des utilisateurs métiers n’ayant pas accès aux données en temps voulu et sous la forme appropriée.

Des règles pour prendre les bonnes mesures

Il est désormais possible de spécifier des règles de qualité pour pratiquement toutes les données clients, produits, actifs et données financières. Une fois définies, ces règles peuvent être réutilisées autant que nécessaire, ce qui garantit la cohérence des informations entre les différentes applications. Des outils unifiés à base de rôles des différentes parties prenantes attribuent à chacun la prise en charge de la qualité des données qu’il connaît le mieux. Les tableaux de bord de qualité de données, les outils simples destinés aux analystes et les outils de productivité mis à disposition des développeurs permettent aux utilisateurs et analystes métiers, aux gestionnaires de données et aux développeurs d’être directement impliqués dans la mesure et l’amélioration de la qualité de données. Une gouvernance à base de règles réduit considérablement les coûts d’administration de systèmes en permettant une gestion centralisée de toutes les règles de données.

Une collaboration en bonne intelligence

Au lieu de relever exclusivement de la compétence des départements informatiques, la qualité de données peut ainsi être gérée conjointement avec les départements métiers. Les entreprises privilégieront des solutions de qualité de données bénéficiant d’un socle technologique et d’une méthodologie qui permettent aux équipes IT et métiers de travailler efficacement ensemble, de gérer les processus de qualité de données dans toute l’entreprise et, ainsi, de garantir aux utilisateurs que toutes les données sont complètes, cohérentes, exactes et actualisées, où qu’elles se trouvent dans l’entreprise.

Une fois mise place, l’opération doit devenir un réflexe continu

L’amélioration de la qualité des données de l’entreprise passe par la mise en place d’une initiative continue et globale. Une mauvaise qualité des données coûte cher et conduit à des ruptures dans les processus, à des décisions métiers moins pertinentes et à une gestion médiocre de la relation client. De plus, elle peut invalider les efforts de l’entreprise en matière de conformité réglementaire. Il est recommandé de s’adosser à un grand projet stratégique dans l’entreprise pour lancer une initiative autour de la qualité des données. Mais cette initiative peut également être menée de façon indépendante. L’idée de démarche de pérennité est essentielle et caractéristique de l’approche qualité. Elle va à l’encontre d’une opération unique et isolée qui ne permet de nettoyer et d’améliorer les données que ponctuellement.

Cela signifie que les objectifs, mesures et indicateurs associés doivent être portés par l’ensemble des acteurs concernés département informatique et directions métiers, doublés d’une implication forte de la hiérarchie. La qualité des données concerne tout autant les métiers que l’informatique. La réussite passe désormais par une approche de qualité de données globale. Plus elle sera incorporée aux habitudes et à la culture de l’entreprise, plus la démarche qualité progressera.

Auteur : Didier Schreiber, Directeur Marketing Europe du Sud, Informatica

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