Faux Fans et loyauté : une équation du risque

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Le Marketing Social et la communication sur les réseaux sociaux amènent souvent de mauvaises pratiques. Et une polémique rebondit sans cesse : acheter ou non des fans, des followers, de likes, des +1 ? La pratique s’avère excessivement fréquente. Nombre d’agences, d’annonceurs, sous la pression du ROE, ROI, KPI, ou par méconnaissance des rouages Social Média passent outre la loyauté.

Acheter ou non des fans, des followers, de "like", des "+1" ?

Acheter ou non des fans, des followers, de "like", des "+1" ?

Fondamentalement, lorsqu’une marque s’engage sur les réseaux et médias sociaux, elle doit être loyale, honnête, envers ses fans, ses clients, et cela même, en dehors de ces réseaux. Prendre la voie consistant à acheter de la visibilité, du partage, du like, des fans, des followers, revient à prendre le risque non négligeable d’une crise. Une crise sur les médias sociaux va vite, très vite. Et l’image de l’annonceur, de l’agence aux mauvaises pratiques n’en ressort en aucun cas grandie. Son e-réputation n’ira guère mieux !

Un seul exemple probant : le Président de la Communauté d’agglomération Evry-Centre-Essonne se rapproche de Havas pour mettre en place un dispositif d‘influence digitale pour promouvoir Evry-Ris-Orangis et faire pression sur la Fédération Française de Rugby. Le but : mettre en place un lobbying Social Média pour construire un stade sur la commune. Reflets sort l’affaire, et la polémique explose et l’analyse des pages confine au grotesque.

Le comportement de la page « Le Rugby a de l’avenir » a fort heureusement évolué depuis mais au moment de l’achat, les fans voulant la construction de ce stade se situaient essentiellement au Bangladesh ! On peut émettre un doute sur le fait qu’ils connaissent Evry-Ris Orangis.

Faux Fans, faux scores et authenticité

Acheter des fans ne dupe que celui qui les achète. Les statistiques des pages Google Plus, Twitter ou Facebook ne révèleront que des scores totalement éloignés de la réalité marketing de l’annonceur. Les faux fans, les faux followers ne constituent pas, dans la grande majorité des cas, des futurs clients…

  • Une page marque Facebook donne accès à quelques données statistiques : un faible nombre de « like » face à un nombre élevé de personnes parlant de la page : un réel indicateur de fausseté.
  • De plus, la géolocalisation des fans existe. Faire du commerce local et avoir ses fans en Ouzbékistan est un peu absurde !
  • Les statistiques Twitter : TwitterCounter ou Tweetstats peuvent montrer des courbes à l’ascendance fulgurante et posant une foule de questions.
Stéphane Favereaux, Social Média Manager / Community manager / Rédacteur

Stéphane Favereaux, Social Média Manager / Community manager / Rédacteur

Si une marque veut créer avec ses fans une vraie relation, elle doit être loyale, honnête et authentique. Ne pas céder aux sirènes des scores et des statistiques insensés demeure impératif ! Vendre du vent et de la poudre aux yeux relève des pratiques commerciales scandaleuses. La vente de fans en fait évidemment partie avec des arguments pour le moins spécieux : un réel trafic qualifié sur vos pages, un gain réel en e-réputation, un gain en termes de ventes…

Se donner les moyens

Une stratégie de contenus adaptée à la marque, un réel engagement des ambassadeurs de cette marque, une valorisation des fans, un échange constant avec eux, une communication de qualité, créative, innovante… telles sont les bonnes pratiques sur le Social Média.

Un consommateur doit être traité avec intelligence, recul, d’autant plus sur les réseaux sociaux. Nous sommes des interprètes de la qualité des marques, de leurs produits, de leurs valeurs, de leur ADN. On ne peut décemment pas contraindre un consommateur à aller vers telle ou telle page. Il s’agit la de publicité forcée, d’un mensonge éhonté, d’un mauvais calcul pour la marque.

Pour exister pleinement et réellement sur les réseaux sociaux, une marque a besoin de temps de cerveau d’humain disponible : celui des créatifs, des Social Média Managers, des Community Managers…oui, à l’évidence, cela représente un coût. Mais il faut aussi savoir répartir les lignes budgétaires. Un réel travail de communication ou une crise potentiellement assassine ? A chacun de faire son choix. L’un des deux est le bon.

Auteur : Stéphane Favereaux, Social Média Manager / Community manager / RédacteurTwitter

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