L image, le verbe du 21ème siècle

La modernité appelle un nouveau langage, celui porté par l'image, support à la grammaire exigeante. Comment s'y prendre pour proposer une communication efficace ?

Le langage est à la fois un outil et une science qui s’enrichit au fil des siècles. Signe des temps, la sémiologie et le visual listening sont devenus des disciplines en soi, aux côtés de la grammaire et de la linguistique. Au XXIème siècle, la communication est de plus en plus visuelle. Cependant, les marques et les entreprises ne semblent pas toutes maîtriser les subtilités de ce moyen d’expression adoubé par les générations Y et Z.

La modernité appelle un nouveau langage

L’image, que ce soit par la peinture ou la photographie, a toujours été un vecteur de messages. Ce qui accroît son usage aujourd’hui, c’est le mot d’ordre qui conditionne la vie de chacun : tout, tout de suite, plus vite, plus intensément. Dans le culte de l’urgence, Nicole Aubert décrit cet état d’esprit : l’intensité de l’instant est devenue le nouvel ethos de la modernité.

Or, l’image est par essence un véhicule privilégié de l’intensité. Ne dit-on pas qu’une image vaut mille mots ? Notre cerveau est plus apte à traiter des données visuelles qu’un long discours, d’autant que ces données sont porteuses de sens en elles-mêmes. Couleurs, forme et lumières ont un impact sur le message perçu et reçu.

Thomas Rebaud, CEO de Meero

Thomas Rebaud, CEO de Meero

En plus d’être intense, l’image est le langage le plus signifiant immédiatement. En cela, elle répond aux enjeux de la modernité, et c’est pour cette raison que les réseaux sociaux comme, Instagram, Pinterest ou Snapchat connaissent un tel usage et une telle valorisation. Aujourd’hui, pas moins de 3 milliards d’images sont échangées chaque jour sur Internet et 30% des recherches sur Internet commencent sur Google Image !

Avant l’impressionnisme et, plus globalement, l’entrée dans la modernité, l’image était descriptive ou narrative. Désormais, son rôle n’est plus simplement d’informer, mais aussi d’inviter son lecteur à partager une émotion nécessaire aux prises de décisions de notre temps. Si l’on reprend la terminologie de Simon Sinek, l’image doit aller plus loin que le « what » et le « how », pour engager chaque lecteur sur le « why ».

Une priorité pour les professionnels

Le primat donné au vécu et à l’intensité invite les entreprises à repenser l’expérience qu’elles proposent dans leurs dispositifs de vente et d’avant-vente. L’enjeu est de faciliter la projection du client dans l’acte d’achat, tout en apportant la confiance indispensable à toute transaction. Le secteur de l’immobilier est particulièrement concerné, car la démarche d’achat est largement dépendante de la présentation de l’offre en images. Actuellement, celles-ci sont trop souvent réalisées avec peu de considérations, alors qu’elles sont à présent primordiales dans la prise de décision.

L’image de confiance, une image à la grammaire exigeante

Quoique tentent de nous faire croire les publicités pour l’iPhone 7, tout le monde n’est pas capable de réaliser de telles images. La belle image requiert de la technique, un apprentissage et une sensibilité propre à chaque regard. A contrario l’image commerciale se doit d’appliquer des règles qui l’émancipent au rang de langage commun. Pour délivrer le message voulu, la science des signes a bien plus sa place que l’inspiration des muses.

La liberté prise de s’éloigner des règles est à l’origine de l’image publicitaire créative, mais souvent mensongère, tels le hamburger « méga » appétissant ou l’hôtel en bord de « lagon » ou encore l’appartement « avec vue ». Le consommateur est toujours en recherche de confiance durant son projet d’achat. Il est naturellement devenu méfiant jusqu’à devenir consomm’acteur. Il a désormais son droit de réponse. C’est la naissance du dialogue photographique avec les marques, au travers des réseaux sociaux et des sites de partages d’avis spécialisés comme TripAdvisor ou LaFourchette.

Pour les professionnels, la gageure est grande : être différenciant (impacter, interpeller, délivrer le « why ») tout en restant vrai, authentique et digne de confiance. C’est ce qui permettra à la communication d’être performante et aux marques de vendre sans décevoir.

Un boulevard d’opportunités s’ouvre pour les professionnels qui sont conscients que la prise de décision immédiate, tant promue par nos modes de vies accélérées, ne se fera plus jamais sans que l’image de confiance ne soit au cœur de toute décision d’achat.

Auteur : Thomas Rebaud, CEO de Meero

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(c) ill. Bluespix

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