Intervenance, la boite de portage qui vire ses petits consultants

Intervenance, la boite de portage qui vire ses petits consultants

Intervenance vire ses petits consultants

Intervenance, entreprise de portage qui va fêter ses 25 ans cette année, souhaite se concentrer sur 200 consultants « haut de gamme » (mis pour : « à fort niveau de facturation ») devant générer plus de 50.000 € d’honoraires annuels, avec une moyenne à 75.000 €, afin d’atteindre 15 M€ de business.

Intervenance sans pitié pour les consultants historiques ou avocats de la marque !

Des centaines de consultants vont être virés. Virés malgré de nombreuses recommandations et parrainages d’autres consultants. Virés malgré parfois un long historique. Virés malgré une fidélité à l’équipe de gestionnaires de comptes performants. Virés malgré un contrat signé il y a plusieurs années.

Sans que personne ne s’en émeuve.

Pas de syndicat. Pas de représentant des salariés portés…

Et aucun courrier pour prévenir.

Le Président d’Intervenance devient en téléacteur

Pour annoncer la bonne nouvelle : le Président, Jean-Pierre Lilly, appelle les « consultants à moins de 50.000″ et leur sert un discours mêlant « moi je » ampoulé et explications alambiquées de la vie managériale : « nous sommes à un tournant, nous essayons avec succès je dois le dire, d’être un prestataire pour les entreprises et pas seulement pour les consultants » afin de « faire en sorte que l’équilibre financier de l’entreprise soit respecté ».

C’est vrai que les consultants sont des ânes. Incapables de comprendre que leur avenir dépend des honoraires qu’ils se débrouillent pour rentrer ! Et de surcroît ils sont impécunieux !

C’est oublier qu’Intervenance est l’entreprise qui prend les frais de gestion les plus élevés. Depuis 25 ans, justement… Et que les consultants ont choisi d’y rester. Sûrement pour des raisons liées à la brand stickiness. Mais Intervenance s’en moque. Ce qui compte, c’est le bilan.

Le président d’Intervenance endosse, à 69 ans, les habits d’un banquier

Le Président tient ensuite au consultant un vrai discours de banquier : « nous avons des consultants qui nous laissent des dépôts de 30, 50, 80, 100.000 € sur leur compte professionnel » (sans commentaire, mais je me demande l’intérêt de la manip’. Pourquoi ne pas ouvrir une filiale au Luxembourg ?). Puis : « nous souhaitons que nos consultants facturent l’intégralité de leurs honoraires chez nous ». Ah ! Une sorte de monobancarisation forcée !

Et les consultants découvrent qu’en fait, ils travaillent pour une banque ! A rajouter sur le CV, c’est sûr !

Cette histoire nous transforme tous en Sid Vicious du 10 mars 1977 (cf. affaire EMI / A&M).

Bye bye Intervance… Hello who ?

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Planneur stratégique. Profil de Serge-Henri Saint-Michel et articles publiés.


9 commentaires

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    Maxime

    16 mars 2010 at 10:23

    L’exemple que vous relaterz est carrément honteux !
    Après avoir été une des « boites à viande » proches des entreprises d’interim, voici que Intervance, entreprise de portage, ressemble à toutes le multinationales ! Effet boeuf garanti !
    L’argent, l’argent…
    Et la qualité des consultants ? Et leur expérience ?
    Intervenance semble, à vous lire, faire preuve d’une extrème rigidité.
    L’heure n’est-elle pas à la souplesse ?
    … Et aux relations humaines plus soft, excluant toute forme d’affrontement, de licenciement ? (certains consultants étant indépendants suite à un « épisode licenciement » ; tragédie individuelle).
    Intervenance en rajoute.
    C’est ce que l’on appelle le mieux-disant managérial et entrepreneurial.
    Merci Intervenance ! (ou Intermenace)

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    Yves

    17 mars 2010 at 15:04

    C’est honteux.
    Moi, je suis chez Links Conseil et je n’ai pas ce genre de problème.

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    Moniaklisa

    23 mars 2010 at 18:30

    Sur leur site http://www.intervenance.com ils ne parlent pas de cette nouvelle.

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    Serge-Henri Saint-Michel

    23 mars 2010 at 19:52

    Ils ne risquent pas de l’annoncer à haute voix, c’est sûr. Info 100% exacte pourtant !

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    Paula

    10 août 2010 at 13:07

    Effectivement. L’argent déposé par « les grands consultants » sur leur compte professionnel (ie : compte bancaire de la société) sert de fonds de roulement… C’est une opération stupide car en cas de défaillance de la société, ils ne sont pas prêts de récupérer le fruit de leur labeur.

    On comprend que « les petits consultants » (moins de 50000€ de CA) dévorent du temps de gestion de dossier et ne rapportent rien…

    Si on se fait du CA, autant passer en EURL/EIRL et se faire coacher par un comptable, plutôt que payer des frais de gestion à une société de portage.

    Paula

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    Sharon

    16 août 2010 at 14:22

    Un produit peut être labellé « Choisi par un panel de consommateurs/Marque repère/Medaille d’or du concours agricole de Paris 2005… » et être dégueulasse à la consommation ! Etre membre du SNEPS/FENPS, c’est pareil. C’est une étiquette « vendeuse » supposée garantir une déontologie de travail pour rassurer, mais dans la gestion de votre dossier, il y peut y avoir des dérives possibles.

    Le mieux est encore d’appeler l

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    Michel_O

    17 novembre 2010 at 15:54

    Hello tout le monde,

    En tant que consultant en nouvelles technologies, j’ai aussi démarré au plus bas de l’échelle.
    Je facturai à l’époque à peine 800€ par mois (il y atout juste deux ans!)
    Je suis donc resté auto-entrepreneur, et cela me convenait parfaitement. Ayant déjà entendu parler du portage, je me suis renseigné sur la question. Cela ne correspondait pas du tout à mon statut: en fait, passer en portage divise quasiment par deux votre rémunération finale! impensable pour des petits montants de facturations, type 1 ou 2 jours de travail par semaine.
    Par contre, depuis peu, je facture un peu plus (dieu merci!). Je suis donc passé par une société de portage salarial et tout cela se passe à merveille (j’y suis resté).
    Je ne me considère pourtant pas comme un consultant à « forte valeur ajoutée » ou « haut de gamme », vu mon jeune age hihi :)
    Il y a en fait deux types de sociétés de portage:
    -Celles qui prennent tout le monde, sans se soucier de ce qu’elles vont vous payer à la fin du moins, parce qu’elles ne vous payent que si le client a payé à son tour (chose très importante pour des règlement à 60 jours par eg…. Les frais de portage sont généralement très bas pour ce type de structures bas de gamme! Mon cousin en a fait l’expérience une fois! Mais cela m’a servi…
    -Il y a sinon les autres comme la mienne (je ne citerai ps le nom qui vous offrent une qualité de service excellente, avec des frais de portage modérés. Il arrive d’exiger en effet un « minimum de chiffre à atteindre ».
    Mais honnêtement, je ne vois pas l’intérêt de se facturer moins de 1000 € par mois, pour se faire rembourser 500 € à la fin… C’est même ridicule.
    Donc mon conseil, évitez le portage si vous ne facturez pas assez, et attendez le bon moment.

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    Winner

    30 janvier 2016 at 17:21

    Baisse de 93% du chiffre d’affaires en 2014, en redressement judiciaire en 2015, les consultants sont sans doute tous partis en 2016
    http://www.societe.com/societe/intervenance-428740187.html

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      Serge-Henri Saint-Michel

      30 janvier 2016 at 19:09

      Bien vu ! Merci pour l information. Il faut dire qu avec le statut d autoentrepreneur Intervenance a ete d autant plus malmenee… Que les services aux consultants n ont pas ete en mesure de la sauver.
      Dire que j ai failli me prendre un proces quand j ai ecrit cet article…

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