Le bonheur virtuel d’une génération Y virtuelle

Credit : svilen001
Credit : svilen001

Credit : svilen001

La génération Y d’aujourd’hui est-elle plus heureuse dans sa vie professionnelle que ne l’était la génération précédente ?

La génération Y

La génération Y a peu de temps pour satisfaire ses loisirs personnels… et pratique « le tout en un virtuel » : lecture de mails, commande en ligne, entretien d’un réseau, sms, mms, appels illimités, une vraie entreprise personnelle à elle seule !

La génération Y est majoritairement estudiantine jonglant souvent avec deux emplois (l’un rémunérateur et l’autre formateur) et une formation scolaire.

La génération Y recherche avant tout l’apprentissage du concret et la mise en pratique de l’apprentissage théorique afin d’obtenir une valeur ajoutée utilisable lors d’une prochaine expérience dans une autre entreprise. La notion d’entreprise « famille » n’existe donc plus pour elle.

Mais cette « génération virtuelle » est-elle heureuse ? Les nouvelles technologies de l’information, les progrès dans les ressources humaines et les évolutions du monde du travail permettent-ils de dire que cette génération est plus heureuse et plus professionnellement épanouie que la génération X ? Ou bien s’agit-il seulement d’un bonheur virtuel ?

Le travail : nouvelles notions, nouvelles evolutions

À la recherche de temps : Aujourd’hui la génération Y ne compte plus les heures passées au travail. En effet, la vie professionnelle prend une place de plus en plus importante dans leur vie à tel point que leurs loisirs voire même leur vie familiale passe au second rang. C’est cette volonté d’acquérir toujours plus de pouvoir d’achat (avoir tout, tout de suite) qui donne l’impression que travailler sans compter permettrait d’accéder au bonheur ultime, à un mode de vie parfait et sans contraintes… Alors, certains on fait un autre choix, celui d’avoir du temps pour soi en dehors du travail, afin de véritablement s’épanouir. C’est ainsi qu’à travers tous les contrats de travail existant, certains on choisit l’intérim. Leur choix est simple : plus de temps pour soi, pour ses loisirs et pour sa vie privée. Ce choix de vie allierait parfaitement vie privée et vie professionnelle. En théorie, l’intérimaire exercerait le métier qu’il souhaite et se créerait ses propres plages horaires. Un choix de vie de plus en plus prisé mais qui n’a pas toujours eu bonne réputation. En effet, ce rythme de vie a été très majoritairement critiqué (et encore aujourd’hui) car l’intérimaire ne serait pas un salarié à part entière. Il ne reste qu’un temps dans l’entreprise et ne devient jamais véritablement acteur, citoyen de l’entreprise. Il n’est jamais ou très rarement intégré et parfois même rejeté. Mais aujourd’hui, la génération Y souhaite prendre le temps de vivre en dehors du travail.

C’est pourquoi aujourd’hui, bon nombre d’intérimaires qui apprécient leur mode de vie se sentent de moins en moins épanouis dans ce rôle de « nomade du travail » que l’opinion publique lui attribué. Mais est-ce vraiment gênant ?…

A la recherche de la liberté…

Malgré ces occupations virtuelles, le lien social a pris énormément d’importance pour la génération Y : En effet, elle ne travaille pas pour quelqu’un, mais avec quelqu’un. Elle ne reçoit plus d’ordre, mais des propositions qu’elle peut retravailler ou améliorer avec son supérieur-collègue, et devient ainsi force de proposition.

Par ailleurs, en une journée, la génération Y passe en moyenne deux heures dans les transports, neuf heures en entreprise (contre sept en formation scolaire/universitaire) et sept heures à dormir ; il lui reste donc six heures « éveillés » à partager avec ses amis, sa famille… L’entreprise occupe ainsi la part la plus importante de sa journée, et donc de sa vie puisque l’employeur conditionne son comportement futur. Même si la génération Y n’a pas l’intention de s’installer confortablement dans l’entreprise mais plutôt de passer à une autre mission, dans une autre entreprise pour amasser encore plus de connaissances et élargir son réseau… on ne voit plus de stagiaires effacés dans leur coin à cause de leur frêle ancienneté, mais des individus à la langue bien pendue, avides de petits secrets, s’échangeant leur Facebook et autre Myspace.

Finalement, l’entreprise, nouvelle famille d’accueil transitoire de la génération Y mais pas famille éternelle, modèle la façon d’appréhender le travail de son « élève », afin qu’il puisse passer dans la « classe supérieure » la tête haute, fier de son parcours, fier de l’image et de la politique de ses anciens employeurs.

A la recherche du bien être…

Quand on parle de la notion du « bonheur au travail » aujourd’hui, beaucoup oublie que 22% des gens ne sont pas heureux dans le leur. Ces personnes sont victimes du stress, cette notion bien vague définissable par une tension et une pression continue, entraînant une angoisse permanente chez un individu. Notre monde fait en effet face à des problèmes de stress au travail dû en partie à la mondialisation (mais pas seulement). Les plus jeunes sont dans un milieu concurrentiel à la recherche d’une intégration dans le monde du travail. Les plus âgés, ont peur « d’être mis au placard » à cause de la volonté de « rajeunissement » de leur entreprise. Le monde du travail exige d’être de plus en plus disponible et performant, en un minimum de temps. Et comme si cela ne suffisait pas, on peut aussi ajouter les problèmes de harcèlement à ce tableau dont la toile finit par être bien sombre. Rappelons qu’en 2000, d’après une enquête réalisée sur l’Europe, le harcèlement au travail concernerait environ 1 individu sur 10. Tout ces constats et chiffres ne sont guère rassurants.

Cependant, il convient de ne pas voir uniquement le coté le plus sombre de la toile. N’oublions pas que cette époque est en voie de récession. En effet, la génération Y, en passe de devenir la génération majoritairement présente dans les entreprises, sera-t-elle prête à supporter et à subir, dans une entreprise à laquelle elle ne s’attache pas, le stress, la pression et pour aller plus loin le harcèlement ?

Diverses mesures ont vu le jour pendant que d’autres sont envisagées. Déjà en 2002, le code du travail fut amélioré sur les notions de harcèlement au travail permettant de couper l’herbe sous les pieds des harceleurs potentiels. Les entreprises mettent en place des cellules d’écoute et la psychologie est de plus en plus prises en compte, car en effet, un salarié heureux est un salarié qui travaille mieux et les entreprises le comprennent de plus en plus. Le tabou qui entourait ces notions de harcèlement s’efface petit à petit pour laisser apparaitre un monde meilleur où tout irait pour le mieux. Le problème n’est pas encore complètement résolu dira-t-on cependant… et pourtant il n’y a rien à craindre. En effet, la suite de l’évolution appartient à la génération Y, moins dépendante de l’entreprise que ses prédécesseurs.

Auteurs : Raphaelle FORMOSA, Jean Baptiste MAZADE, Déborah TAPIA, Marie LECUSSAN, Nadege GRILLET

Lire nos autres articles sur la Génération Y

- La Génération Y à la recherche du bonheur en entreprise
- Managers, comment gérer la Génération Y ?



1 commentaire

  1. avatar

    Gerard MILLIARD

    22 janvier 2009 at 15:56

    Et si la génération Y se posait simplement la question suivante :
    Dois-je m’occuper de l’urgent ou de l’important?

Commentez !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>