Macadam Journal (le retour !), la qualité pas la charité

Une du macadam journal

La naissance des titres gratuits

Comme le rappelle l’Unesco, la presse de rue (Street News) est née à New-York en 1989 et s’est développée très rapidement. Elle a été fondée, avec l’appui de sponsors privés, par le rocker Hutchinson Persons, partisan «d’une idéologie libertaire de droite». Puis le mouvement a essaimé à travers l’Amérique du Nord et l’Europe….
En Europe, on en a répertorié 70 en 1997, dont la moitié en Allemagne. Les tirages vont de 3 000 exemplaires par mois à près de 300 000 semaine pour The Big Issue….

Macadam a été le premier journal de rue en 1993.

Une du macadam journal

Une du Macadam Journal

En moins d’un an et demi sont apparus près de 7 titres vendus par les sans-abri dans la rue, le métro… Le principe est simple, le vendeur est une personne précaire qui propose le journal aux passants en échange d’un prix de vente pré-établie. Pour le Macadam Journal qui était à l’époque vendu 10F, 6F revenaient au vendeur.
Rédigé par des professionnels du journalisme, le succès est immédiatement au rendez-vous. 400 000 exemplaires sont vendus pour le premier numéro, alors que la prévision maximale s’élevait à 80 000. Dès le troisième numéro, le Macadam rencontre une rupture de stock, malgré un tirage de 700 000 exemplaires ! Cela en gendre une motivation des vendeurs et une curiosité grandissante du public.

Qu’apporte réellement le Macadam Journal ?

Aujourd’hui le Macadam est vendu 2€ : une moitié revient au vendeur, l’autre est utilisée pour financer la fabrication, la diffusion du journal et pour participer à l’animation des ateliers d’écriture. Le Macadam Journal permettrait « aux plus démunis de gagner de quoi vivre décemment, de garder ou retrouver un logement, de manger tous les jours, de s’acheter des vêtements, de vivre « normalement » (source Macadam). Le journal n’est plus vendu par les sans domicile fixe, mais embauche ceux qui se voient refusés par les entreprises et permet aux personnes concernées de continuer d’évoluer dans un environnement social. Les vendeurs sont libres de déterminer leurs heures et leurs lieux de travail, ce qui leur laisse le temps de pratiquer une autre activité à côté, de cumuler plusieurs petits boulots.

Macadam retrouvera-t-il le succès de ses débuts ?

Macadam Journal va maintenant changer l’image des magazines de la rue. Son contenu se veut riche et varié, collant à l’actualité et aux phénomènes de société. Le 5 janvier 2009 ne fut pas pour tout le monde la rentrée des classes ou le retour au bureau, ce jour marque également le retour du journal, un Macadam métamorphosé. : une nouvelle stratégie, un changement de présentation, de nouveaux partenariats (Reporters d’Espoirs ou encore Courrier International) et un dossier spécial de huit pages.

Julie Lecoeur



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