Existe-t-il un marché des produits écologiques ?

Existe-t-il un marché des produits écologiques ?
Existe-t-il un marché des produits écologiques ?

Existe-t-il un marché des produits écologiques ?

Avec l’omniprésence des préoccupations environnementales liées à la certitude croissante que le réchauffement climatique concerne, il faudrait dire menace, tous les secteurs de nos sociétés modernes, les citoyens s’inquiètent. Et en réponse indirecte à cette inquiétude, de plus en plus d’entreprises se positionnent sur le marché des produits « verts ». Elles espèrent ainsi profiter de la croissance d’un marché qu’on dit en très forte croissance.

Et à première vue, elles ont raison car si on en croit une étude publiée ce mois-ci (1), les achats de produits écologiques ont explosé partout en Europe depuis 10 ans : +489% en Allemagne, + 444% au Benelux, +451% au Royaume-Uni, +429% en France. Il faut pourtant apporter 2 bémols à cette spectaculaire émergence d’un marché vert.

Produits écologiques : un vrai marché ?

Tout d’abord, ces produits ne représentent encore qu’une toute petite partie du commerce de détail : selon cette même étude, ils ne représente que 2,4 % des achats ; cela explique en partie la croissance décennale à 3 chiffres (2). Ensuite, dans les faits, après 5 ans sur ce marché, consoGlobe peut affirmer que très peu de consommateurs consomment avec régularité beaucoup de produits verts : la grande majorité se contente d’achats sporadiques, poussée par la promesse d’économies dans leur propre budget en prime du caractère écologique des produits.

Jean-Marie Boucher, fondateur de consoGlobe

Jean-Marie Boucher, fondateur de consoGlobe

Troisième bémol et peut-être le plus gênant : personne ne sait ce qui compose, ou pas, le segment des produits écologiques. En effet, il est facile d’y cataloguer tous les produits bénéficiant d’un label (AB, Cosmebio, etc…) faisant fi de la prolifération de ceux-ci et de leur plus ou moins grande rigueur. Une cinquantaine de labels s’offrent au consommateur français. Mais quid des produits simplement « naturels » sans label ou issus du commerce équitable ? De quel marché font partie les produits, qui sont en soit polluants, mais qui font faire des économies d’énergie ou de ressources (électricité, eau, papier, …) ? Les produits qui intègrent progressivement des innovations pour être de plus en plus économes, éco-conçus et recyclables, fabriqués à partir de matières non toxiques, … sont ils ou non des produits verts ? Sont-ils des apporteurs de croissance nette ou bien de simples substituts à des produits plus classiques ?

La grande lessive verte

Le consommateur sent bien que certains de ces produits sont bien plus vertueux ou écologiques que d’autres produits mis en avant par des publicités opportunistes. Le greenwashing, tout en renforçant l’injonction générale à consommer vert, décrébilise le marché « vert » en le rendant moins lisible. Difficile donc de se fier à une seule étude pour cerner le phénomène.

Le vrai marché des produits verts est celui du commerce en général, il concerne tous les produits qui, à prix constants, intègrent progressivement de nouvelles caractéristiques éthiques, environnementales ou de responsabilité sociale. Le vrai marché des produits verts est donc le marché des produits « normaux » qui s’adaptent aux nouvelles aspirations du consommateur moderne et non celui de produits élitistes, vendus trop chers par des marchands qui confondent citoyen engagé et « pigeon ».

Cette nouvelle consommation (3) n’est d’ailleurs pas cantonnée à des achats et à des produits : elle s’étend à des comportements et à des modes de consommation alternatifs (troc, entraide, location, ….). Là est le vrai marché vert, dilué dans tout la consommation moderne.

Auteur : Jean-Marie Boucher fondateur de consoGlobe

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(1) Selon le rapport Green retail in Europe publié en mai, en 2010, malgré des prix plus élevés, les ventes de produits « verts » en France devraient doubler dans les cinq prochaines années, de 10,6 milliards d’euros en 2009 à 21,7 milliards en 2015 et leur part dans les ventes totales de produits de détail devrait suivre de 2,4% à 4,4%
(2) Rappelons également que le commerce équitable ne représente moins de 4 € par personne par an.
(3) La Nouvelle consommation est le territoire qu’occupe le portail consoGlobe en proposant toutes les facettes de ces nouveaux usages consuméristes (infos, boutique, don, troc, location, occasion, shopping humanitaire, fait maison, …)

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1 commentaire

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    Guy l'écolo

    19 avril 2011 at 17:18

    Article intéressant mettant en avant un phénomène à l’aube de sa croissance. En effet, les consommateurs commencent peu à peu à se tourner vers des produits écologiques dans tous leurs postes de dépenses ; il n’est ainsi plus rare de trouver des produits de grande consommation dits « classiques » en concurrence directe avec des produits écologiques ayant les mêmes vertus mais disposant en plus d’un capital sympathie supérieur. Il est normal d’avoir plus envie de se tourner vers un produit issu d’un petit producteur local par exemple pour des raisons de fraicheur, santé, qualité ou encore rentabilité. Il est possible de nos jours d’économiser en consommant des produits écologiques !
    Par ailleurs, je vous rejoins pour affirmer que cette nouvelle consommation verte va aujourd’hui beaucoup plus loin dans la mesure où une grande partie adoptent de nouvelles habitudes comportementales, de nouveaux gestes réflexes en faveur de la planète.
    Nous n’en sommes qu’au stade initial mais, comme nous le prônons dans notre site, l’addition de petits gestes simples au quotidien pratiqués par le plus grand nombre suffit à changer en profondeur l’impact écologique de notre société. Alors, consommons malin !!

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