Pas d’antipuce pour les criminels

Dans l’adaptation cinématographique de la nouvelle éponyme de Philip K. Dick, Minority Report, réalisée par Steven Spielberg en 2002, l’idée d’un futur proche sous haute surveillance devenait réalité. Grâce à de simples capteurs optiques, chaque individu était scanné, identifié, localisable. La puce RFID agit sur le même principe de reconnaissance via un émetteur récepteur. Et si elle était le chaînon manquant entre la réalité d’aujourd’hui et le monde de K. Dick ?

De la science fiction sécuritaire à la réalité quotidienne de la lutte anti-criminalité

Les experts en sécurité ont en effet décidé d’exploiter la technologie de la puce RFID dans la lutte contre la criminalité, où elle offre de nouvelles perspectives aux gouvernements. Du reste, bien qu’au stade de projet, on recense d’ores et déjà plusieurs cas d’implants humains.

La possibilité d’introduire des puces RFID dans l’organisme des criminels permet une traçabilité en temps réel au mètre près. Mais le but est d’aller au-delà. Car chaque puce peut contenir une multitude de données : casier judiciaire, adresse, identité, informations médicales…

Premier secteur a expérimenté cette technologie, la lutte contre la violence infligée aux femmes. Si l’auteur d’un tel crime s’approche à une certaine distance de sa victime, elle en est immédiatement alertée, ainsi que les services de police. Cela fonctionne exactement sur le même principe que le bracelet électronique.

En Angleterre, le gouvernement projette d’introduire des puces RFID dans l’organisme des délinquants en liberté provisoire, afin de les suivre à la trace pour les retrouver si nécessaire.

D’autres projets ciblent la délinquance juvénile ou l’implantation de puces chez les jeunes délinquants. Aux États-Unis, des tests sont déjà en cours avec des résultats satisfaisants sur le taux de récidive des jeunes porteurs de la RFID.

Une utilisation encore confidentielle et expérimentale

Tout cela offre des perspectives prometteuses dans la lutte contre la criminalité et plus encore contre la récidive, sujet ô combien polémique. Son effet dissuasif est permanent car, à terme, les différents experts tablent sur un développement exponentiel du taux d’équipement en matériel RFID. Dans un monde où toute structure, magasins, transports, restaurants…, serait équipée de récepteurs RFID, plus aucun criminel porteur de puce ne pourrait se cacher, même dans la forêt…

Cette technologie à usage sécuritaire, soulève néanmoins de nombreuses questions tant éthiques que sociétales. Sous couvert de lutte anti-criminalité, certains abus pourraient être commis. C’est pourquoi il convient de rester en alerte, tant la RFID, innovation remarquable qui offre de très nombreux usages dans une multitude de secteurs, ne doit pas voir ses vertus détournées pour devenir un outil de surveillance permanente. Son utilisation dans la lutte contre la criminalité se justifie par bien des aspects et peut sembler légitime, notamment contre la récidive, mais celle-ci doit rester très réglementée.

Auteur : Alex Bouhelier

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