Comment gérer l’augmentation des comportements de dépendance au travail ?

Workaholism aux Etats-Unis, karoshi au Japon, ergomanie au Canada, l'addiction au travail est une réalité dans de nombreux pays, qui toucherait 1 à 5 % de la population. Bien que ces chiffres restent relativement peu élevés, ce genre de comportement est de plus en plus constaté et laisse parfois les responsables des ressources humaines sans solution réelle.

Workaholism aux Etats-Unis, karoshi au Japon, ergomanie au Canada, l’addiction au travail est une réalité dans de nombreux pays, qui toucherait 1 à 5 % de la population. Bien que ces chiffres restent relativement peu élevés, ce genre de comportement est de plus en plus constaté et laisse parfois les responsables des ressources humaines sans solution réelle.

Comment gérer l’augmentation des comportements de dépendance au travail ?

Workaholism aux Etats-Unis, karoshi au Japon, ergomanie au Canada, l'addiction au travail est une réalité dans de nombreux pays, qui toucherait 1 à 5 % de la population. Bien que ces chiffres restent relativement peu élevés, ce genre de comportement est de plus en plus constaté et laisse parfois les responsables des ressources humaines sans solution réelle.

Workaholism aux Etats-Unis, karoshi au Japon, ergomanie au Canada… l’addiction au travail est une réalité internationale

Le salarié idéal. Dans les premiers mois, il s’adapte à son nouveau poste en un rien de temps. Il est le meilleur des collaborateurs, considéré comme un élément moteur de l’équipe. Mais depuis quelques temps, ses performances diminuent. Exit le salarié modèle. Bien que son envie reste la même et son ambition toujours aussi présente. Malgré cela, il n’hésite pas à réclamer toujours plus de responsabilités et de projets à traiter. Tout se passe comme si, bien que sur les rotules, l’employé en question n’arrivait pas à décrocher. Cette dérive du comportement professionnel a un nom. L’addiction au travail. En effet, tout comme on peut être accro au jeu, à l’alcool ou à la drogue, on peut aussi être accro au travail. Dans un monde où le résultat est roi, la dépendance au travail peut apparaître comme un bienfait, au moins sur le plan professionnel. C’est là que le bât blesse : la dépendance n’est jamais bonne pour l’être humain et ses conséquences sont visibles tant sur le plan personnel que professionnel.

A l’origine…

Pour bien gérer une situation et/ou un comportement, il importe d’en saisir l’origine et les enjeux. En premier lieu, il faut donc comprendre que la dépendance au travail est bel et bien une maladie. Témoin d’un rapport pathologique au travail, elle est même assimilée aux TOC : Troubles Obsessionnels Compulsifs. Ses origines sont aussi diverses que le nombre d’individus concernés. Chacun à son(ses) raison(s) de se réfugier, de s’accomplir ou de se surinvestir dans son activité professionnelle. Ce sentiment peut être tellement poussé que certains ressentent une réelle inquiétude, voire un sentiment de culpabilité, à s’absenter. En vacances, ils expriment par exemple un vif besoin d’être surinformés en permanence. Ainsi, Médiamétrie a relevé six fois plus de consultations du Web en août 2009 qu’en août 2008. Selon Pascale Senk, auteur du livre « Se libérer de ses dépendances », les workaholics ont « peur de ce qu’ils ressentent. Ils ont donc tendance à fuir ». Très vulnérables au stress, ils subissent de fortes tensions internes. Le travail, comme la drogue pour d’autres, les soulage alors temporairement. L’anxiété qu’ils cherchent à soulager est justement le syndrome commun à tous ceux qui ont des comportements addictifs. Refuge contre l’angoisse ou moyen d’expression de soi, la sur implication au travail n’est pas sans conséquences et celles-ci peuvent parfois être lourdes, tant sur le plan physique, personnel que professionnel. Sur le plan personnel, c’est la vie familiale et amicale qui sont sacrifiées au profit de véritables ou fausses urgences. A privilégier le travail et minimiser ses temps de repos, l’accro au travail s’use à la tâche. Épuisement, baisse de l’attention, diminution des défenses immunitaires, les séquelles physiques se développent à mesure que la charge de travail augmente. L’individu qui pouvait alors passer au départ pour l’employé modèle s’avère au fil du temps moins épanoui et moins productif que les autres.

Des comportements d’addiction au travail favorisés par la société

Si ce comportement se développe plus que de raison de nos jours, c’est bien que la société s’y prête, voire le favorise. Quatre facteurs clefs participent au développement de telles attitudes : un facteur technologique, un facteur vitesse, un facteur lié à l’égo et un facteur lié au besoin d’adrénaline. Le développement des smartphones et des technologies d’accès mobile à l’information (clef 3G, internet mobile, ordinateur portable, etc.) joue un rôle prédominant dans l’amplification actuelle du phénomène des « workaholics ». C’est le facteur technologique. Avec ces nouveaux outils, les contenus liés au travail sont disponibles partout, tout le temps. L’individu est joignable à tous moments et la frontière entre le travail et la vie privée -déjà ténue depuis l’apparition d’internet- devient encore un peu plus floue. Le développement de ces outils bouleverse évidemment nos modes de vie. Le rapport au temps s’en trouve particulièrement affecté. C’est le facteur vitesse. Désormais, tout va plus vite. Baigné dans une culture de l’immédiateté, du « temps réel », chacun cherche à tout savoir, tout régler dans l’instant. Le workaholic est directement touché par ce bouleversement. Impatient, il a besoin de savoir de façon immédiate ce qui se passe dans sa sphère professionnelle. Le manque de recul par rapport à la pression qu’il subit (ou se crée) l’entraine dans ce cercle de l’immédiateté : avancer dans son travail rapidement, c’est mettre tel ou tel facteur de stress rapidement de côté.

Bien entendu, les deux facteurs développés ci-dessus sont des éléments exogènes qui agissent comme des accélérateurs ou des facteurs aggravants de prédispositions personnelles. Dans l’imaginaire collectif, un personnage important est extrêmement sollicité. De fait, le businessman ou le diplomate qui partent en week-end avec une pile de dossiers sous le bras incarnent l’image de personnes ayant réussi, dont on ne peut se passer. Ce stéréotype est si ancré que, pour certaines personnes, la surcharge de travail peut-être considérée (consciemment ou inconsciemment) comme un signe de réussite. Plus on est sollicité, plus l’entourage nous donne d’importance, plus nous nous sentons importants. C’est le facteur égo. Un second facteur endogène peut intervenir. L’addiction à l’adrénaline. Certaines personnes s’épanouissent dans un contexte de compétition permanente. Dans de telles conditions, il leur est difficile d’accepter de se reposer. L’adrénaline leur donne le sentiment d’exister. Son absence provoque l’ennui voire, pour les plus accros, le manque. Le challenge devient un mode de vie.

L’addiction au travail, mal des temps modernes

La principale différence entre les bourreaux de travail et les autres addictions est que cette première est encouragée et récompensée par la société. C’est d’ailleurs en ce sens qu’elle est dangereuse. Elle n’est a priori pas abordée comme une dépendance et ses dangers sont méconnus ou ne veulent pas être reconnus par les principaux concernés. La plupart du temps, comme c’est le cas pour tous les comportements addictifs, les accros au travail nient être dépendants. Ils se sentent au contraire adaptés à une société qui encourage ce comportement. Sous prétexte de précarité, cette addiction trouve son entière justification. Ce n’est pas nécessairement le responsable RH qui sera à même de repérer les premiers signes de dépendances au travail, ces derniers affectant en premier lieu la vie privée. Néanmoins, plus l’employé s’enfonce dans sa dépendance, plus ces derniers vont êtres visibles dans son attitude et ses performances professionnelles. Dès lors, il importe d’agir et de permettre (sur la base d’actes concrets de préférence) à l’individu en question, de prendre conscience qu’il franchit des limites dangereuses. Puis, dans un second temps, sa charge de travail pourra être aménagée.

Auteur : Annabelle Nogues

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2 commentaires

  1. avatar

    camus

    3 janvier 2011 at 12:12

    Il faut laisser faire les dépendants au travail car ils ont un rôle salubre d’éducation aux limites une fois qu’ils ont touché le fond;
    Au japon il y a donc les freeters, ces jeunes gens qui refusent d’êtres les esclaves du travail comme leurs parents et organisent leur vie différemment
    http://www.findutravail.com

  2. avatar

    camus

    3 janvier 2011 at 12:15

    Il faut laisser faire les dépendants au travail car ils ont un rôle salubre d’éducation aux limites une fois qu’ils ont touché le fond;
    Ainsi au japon il y a la communauté des freeters, ces jeunes gens qui refusent d’êtres les esclaves du travail comme leurs parents et organisent leur vie différemment

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